‹ Œuvres poétiques choisies et précédées d'une introductionChapitre 23 sur 89 · Édit. P. Jannet, t. I, p · texte numérisé non relu

Édit. P. Jannet, t. I, p

2. Le Bull, du Bibl., 1860, p. 1479, ^* Brunet, III, 717, font remarquer que VAmie de Court se termine par cette devise : Mort en vie, et qu'on lit ensuite : « Angier aux lecteurs touchant sa devise Mort en vie », ce qui semblerait prouver que La Borderie et P. Angier ne faisaient qu'une personne. Cette identification me parait confirmée par la ressemblance même du style de Y Amie de Court et de l'Expérience. Je dois ajouter pourtant que cette identification n'est admise ni par M. E. Picot (Catal. Rothschild, I, 545), ni par M. E. Roy {Rev. d'bist. litt. de la Fr., 1897, p. 414).

XXXVI NOTICE BIOGRAPHiaUE

Ce petit poème était suivi d'une épigramme où l'auteur se déclarait l'humble disciple de Marot, de Saiat-Gelais, d'Héroet, de Salel, de Rabelais, de Scève, de Chappuys et « autres poètes ». En somme, La Borderie faisait amende honorable. Tel fut l'éclat de cette querelle, que dans la suite de jeunes poètes tentèrent, par imitation ou par émulation ', de reprendre, comme si la matière en était inépuisable : tant les questions relatives à l'amour et à la femme passionnaient alors les esprits !

L'histoire de cette querelle montre que le succès de la Parfaicte Amye fut préparé par les circonstances et dû tout d'abord à la portée morale de l'œuvre. Elle nous permet aussi, par la comparaison des poèmes de La Borderie et de Ch. Fontaine, de comprendre les mérites littéraires du poème d'Héroet. Les contemporains n'y furent pas insensibles ; l'œuvre survécut aux circonstances qui l'avaient inspirée, et son succès ne fit même que grandir.

Trop souvent, il est vrai, les jugements des contemporains manquent de précision et constatent simplement la grande

1. Je citerai seulement : Eglogue de la parfaite amour... Paris, Guill. Le Bret, 1542; — La Nouvelle Vénus, par laquelle est entendue pudique Amour, par Fr. Habert, Lyon, Jean de Tournes, 1547; — Le Tuteur d'Amour auquel est comprise la fortune de Vinnocent en amours, composé par Gilles d'Aurigny dict le Pamphille... Paris, Arnoul l'Angelier, 1546; — le Conte du Rossignol, Paris, G. Corrozet, 1547; — le Débat de Folie et d'Amour, dans les Euvres de Louise Labé, Lyon, Jean de Tournes, IS5S ! -^ des traductions de deux épisodes de l'Arioste dont les titres mêmes rappellent les poèmes d'Héroet et de La Borderie : L'Amie des Amies, imitation d'Arioste,... par Beranger de la Tour d'Albenas en Vivarez, Lyon, Robert Grandjon, 1558; — L'Amie Rustique..., par Beranger de la Tour, ibid., 1558. — Dans le Tuteur d'Amour que je viens de citer, on trouve (f. 3 r") ce « dixain de Claude Collet Champenoys au Lecteur » :

Tous ceulx qui ont veu la perfaicte amye Peuvent juger estre un oeuvre perfaict : L'amye aussi de cour non endormye Mérite bien grand louenge en effect ; La contr' amye est un oeuvre bien faict. Et le nouvel amour semblablement.

Brief tous ceulx la ont escript haultement De Cupido et de Venus aussi.

Mais si d'iceux as eu contentement, Moins n'en aunis en lisant cestuy-cy.

TOVT POVR LE MIEVX.

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