Voir Notice biographique, p. xuv
l60 APPENDICE
Le sçavant Heroët à la veine héroïque Chanta son Androgyne en haut sens platonique Et sa Parfaitte Amye, œuvre entier et parfaict, Qui tesmoigne l'esprit de celluy qui l'a faict.
Après tous ces témoignages honorables, il semble qu'il y ait lieu de s'étonner de quoi Etienne Pasquier, qui a parlé presque de tous nos anciens poètes dans ses Recherches de la France, ne fait aucune mention de celui-ci ', dont le mérite et le nom ne pouvaient pas lui être inconnus : ce qu'il a fait sans doute plutôt par oubli que par mépris, puisqu'il en loue bien d'autres dans ce curieux ouvrage qui ne valent pas ce fameux Héroët, dont l'illustre Pontus de Tyard chante encore ainsi le mérite dans ses Erreurs Amoureuses :
Voyez encore l'amour Qui héroïquement parle Soubs Heroët, voyez Carie.
Jean Proust, Angevin, qui fit selon son titre une Brieve exposition de quelques passages poétiques les plus difficiles contenus dans les premières odes de Joachim du Bellay, imprimées avec cette même exposition l'an 1549a Paris, dit sur ces derniers vers de l'ode I3« à Heroët :
Mais du pacifique Olivier Dessous qui les loix se reposent,
que c'est une allusion à M. le Chancelier, à qui Héroët touche de consanguinité ; et c'est, pour dire vrai, de ce passage obscur I et de son interprétation, que j'ai appris que ce poète héroïque était parent du chancelier Olivier, comme je l'ai remarqué cidessus.