DU TOME PREMIER
• Romancero. — La Primevère et V Allégorie sont une profession de foi qqe Miçkiewicz a cra devoir placer en tête de son premier recaeil, publié en 1822 , à Yilno , sous le titre de Romances et ballades, La seconde surtout est remarquable par la forme poétique dont l'auteur Ta revêtue. Pour peu que l'on ait du goût pour les commentaires , il serait aisé de faire de longues pages sur ce morceau. Marie serait le mythe personnifié de la poésie sentimentale et naïve, ou populaire; la discussion entre le savant et le poète serait la querelle un peu surannée entre la Raison et la Foi, la Sagesse et TAmour, entre Sniadeçki et Miçkiewicz : entre les classiques de Varsovie et les romantiques de Tilno. Mais ce fragment, pris À la lettre, comme nous l'avons fait , serait encore une fiction charmante.
La Primevère exprime en germe et d'une manière plus confuse la même pensée. On devine aisément ce que veut dire la marâtre dans le second morceau ; le tottffle du nord et la dent du givre meurtrier dans le premier : d'une part c'est la Russie , de l'autre la censure de Yilno , devenue plus tardilnquitition et l'exil.
^ n est impossible de rendre le charme d'expression et de mélodie qui caractérise ce petit drame. C'est ici que l'on entrevoit le germe de la forme dialoguée, employée plus tard dans les Aïeux ^ dans quelques passages de Konrad ff^allenrod, et, toutes les fois que le sujet le comporte , préfet par l'auteur à la simple narration.
3 Les faillis , qui ont donné naissance à un conte charmant de Henri Heine, dans lequel les auteurs de Giselle ont puisé leur Ubretto, ne sont par d'origine allemande, mais lithuanienne. Le séjour habituel des Willis était la Vilia , chantée par Miçkiewicz dans Konrad ff^allen' rod; de même que la petite rivière de Ross y en Ukraine, fut le berceau des Boussalki , chantées parBogdan Zaleski. Celaient aussi des vierges demi-nues et souriantes qui entraînaient de m<')nière ou d'autre le voyageur dans les flots, et le noyaient sans miséricorde. Selon Karbutt, le nom de la capricieuse Villa est dérivé de tr//tV(^^^'<'j/X serpenter, danser en rond : il est évident que Tétymologie des ff'Ulis est la même, ffila,
rée illyrienne, est rbéroloe da poème de notre savant ami, M. Dair Ongaro, intitulé Marko Kralewicz. Mais les Allemands nous ont pris celte légende pour se l*approprier, avec bien d'autres choses encore.
* « Und wie er silzt und wie er loMschty
TheiU sich die Pluth ernpor ; Jus dem hewegten ff^atser rauscht Ein/euchles ffeib hervor»
H Dos fFa$8er rauschl'das ff^asser schiooU ,
NetzVihm den nûckten Pu ss ; Sein Herz wuchs ihm so tehnsuchtsvoll
ff'ie bei der Liehslen Gruisi »
Cette analogie avec la plus jolie ballade de Gcethe , intitulée le Pécheur, est trop frappante pour qu'elle soit purement l'œuvre du liasard. Mais quelle que soit la forme qu'il ait crû devoir adopter et les réminiscences dont, à son insu peut-être, il n'a pu se défendre, Uiçkiewicz a recueilli le sujet de cette ballade sur les bords mêmes du Switez , dans les récits populaires de cette eonirëe ; et d'ailleurs elle diffère essentiellement de la légende de Goethe par la moralité qu'elle renferme, comme toutes ses autres poésies.
^ Cette ballade a été composée pour célébrer la mémoire de Thomas Zan, le fondateur et le chef des sociétés secrètes à Yiino, le héros de la seconde partie des Aïeux; il n'y a de changé que le dénouement. Miçkiewicz fait mourir le sien entre tes bras d'un ami; tandis que le philarète exilé fut déporté dans ces régions maudites « d'où l'on ne revient jamais. »
Voici une traduction en vers de ce morceau, insérée en 1836 ^dans la Pvlogne pittoresque :
Vois ce vieillard aux vêtements étranges ,
Barbe touffue et cheveux blancs ; Deux beaux garçons , roses comme deux anges ,
Guident vers nous ses pas tremblants.
Il suit la route en jouant de la lyre,
Ses deux enfants du chalumeau ; Sur son passage on se presse, on admire.
On veut l'amener au hameau .
« Tiens égayer la fête du village ;
Les fruits ne te manqueront pas :
Tous nos vergers seront mis au pillage ,
Et notre gite est à deux pas. >»
En Inclinant son front couveitt de neige ,
Sous un tilleul 11 vient s'asseoir ; A ses côtés s'établit son cortège ,
Admirant la fête du soir.
Ici l'on danse, un bûcher fume et brille ; '
Ici, fillettes et garçons, Cernant la flamme où le sapin pétille,
Célèbrent les jours des raoiàsons.
A son aspect tout s'arrête ; silence !
bomak<:ebo. 423
Tout se tait, tifre , taoobourm:
Le feu pâlit , el la foule s'élaoce
Vers le siège du pèleclo.
« Digne vieiliacd , salul I le ciel t*améne ;
Viens bénir nos Jeunes amours , Tes pieds sont las : repose en ce domaine ,
Chez nous viens passer de beaux jours.
Viens avec nous vers ces riches corbeilles ,
Et vers ce siège de gazon ; Veux-tu goûter ce vin de nos abeilles ,
Ou les fruits mûrs de la saison?
Voici ta lyre et voilà nos offrandes ;
Ces deux enfants suivront ta voix :
Pour nos présents, nos gâteaux , nos guirlandes.
Chantez-nous un air à vous trois !
— Cest bien , dit-il ; écoutez , Je commence !
(La ronde alentour se serra ) :
Que voulez- vous, cbansoBoette ou roâtanoe? *
Un sonnet? — Ce qu'il vous plaira, v Il prend son luth ; et, vidant une coupe
D*où Jaillit Tambre et Tor du miel ;, Il fait un signe aux enfants, à sa troupe ,
Et chante, les yeux vex s le ciel :
•a Amis , je vais de village en village.
Suivant le cours du bleu Niémen ; •Chantant toujours dans mon lointain voyage ,
Les amours , la joie et Thymen .
A m'écouter aucuns trouvent des charmes.
Mais tous ne me comprennent pas !
Je vais plus loin , offrant à Dieu mes larmes ,
Et le Niémen guide mes pas!
•"Si parmi vous quelqu'un daigne m'entendre,
Qu*il vienne me presser la main ; :Sll mêle aux miens les pleurs d'une âme tendre ,
Ici linira mon chemin. »
Puis, il s'arrête, et d'un regard humide
Parcourt les vergers et les champs.
■Quelleest, au loip, celte vierge timide,
Debout, attentive k ses chants?
Sa main commence une écharpe de roses ,
Faisant , défaisant tour à tour ; Cn beau berger reçoit ces fleurs écloses
Aux premiers i^oleils de l'amour !
A ses serments elle prête l'oreille
Suivant la brise dans les blés ; ^
Son front est pur : mais son âme est pareille
Aux flots qu'un orage a troublés.
Comme la feuille au rosier se dérobe
Quand le vent parait s*assoupJr, Sur sa poitrine on voit frémir la robe,
Mais l'on n'entend pas de soupir !
Alon sa main cherche one feuille morte
Qa*elle gardait près de son corar; Elle la Jette , et la brise remporte :
L'amant soarit d*un air vainqueur!
Elle la Jette, elle lai parle encore,
Lève ses regards vers les cieax; .
Son teint de Us s'anime et se colore ,
Des larmes roulent dans ses yeux.
L'homme à la lyre attache un cEil de flamme
Sur les traits de la belle enfant; En préludant, il pénètre son ime
D'un regard vengeur, triomphant.
Et de sa lèvre il approche Tamphore,
Le luth a vibré sous ses doigts; Il fait un signe et d'un gosier sonore
Ainsi recommencent tous trois :
« Pour qui treises-tu la couronne De lilas, de rote et de thym ?
Si ton coeur d^à m'abandonne , Qui donc portera ta couronne , Gage d'amour, bonheur certain?
Est-ce un époux , douce madone, Qui doit obtenir la couronne De iilas, de rose et de thym !
« Donne-lui donc cette couroune De Iilas, de rose et de thym ; Et lorsque ton cœur m'abandonne , Moi, Je t'adore et te pardonne...
Laisse les pleurs » soir et matin , A ton amant, douce madone.
Quand Tépoux obtient ta couronne De Iilas, de rose et de thym ! »
Le chant iinit; et l'écho de la plage
Répand un bruit multiplié :
« On a chanté cet air dans ce village;
Le chanteur, tous l'ont oublié! »
Le barde alors lève un front plus austère ;
En pressant les cordes d'idrain :
« Frères, dit-il, voici tout le mystère,
Je connais l'auteur du refrain !
Lorsque, guidé par mon errante étoile.
J'ai vu la Baltique aux flots bleus , Un be^u Jeune homme arriva sous la voile.
Des bords du Niémen onduleux.
Il souffrait tant! du secret de ses larmes
Seul je reçus le triste aveu; Seul t'eus pitié de ses longues alarmes :
Une autre en rendra compte à Dieu!
Soit que la mer k Portent s'enflamme ,
BOMANCSBO. 435
Qae la lane éclaire aa zénith , U le voyais, la tristesse dans rame.
Fuir sar les sommets de granit.
Bans on esqoif , plein d'une ardeur secrète ^
II bravait les vents et les flots ; Des noirs écueils il gravissait la crête, ^
Aux mers confiant ses sanglots.
Je vais à lui ; ie jeune homme en délire
Semble aussi ne pas m'éviter :
Sans dire un mot, |e fads parler ma lyre.
Et puis ,^ je me mets à chanter, n s'attendrit, de loin me jette un signe
Que ma voix piaf t à ses douleurs ; A m'écouter bientôt il se rédgne :
Il parle... et je verse des pleurs !
Depuis ce jour, il cherche ma présence.
Semble heureux de mon amitié ; Comme autrefois il garde le silence :
Et moi, je me tais , par pitié!
Lorsque bientôt sa peine trop amère
L'eut brisé, mourant, il pâlit; rai pour Tenfant tous les soins d'une mère,
Sans cesse au chevet de son lit.
De jour en jour il s'éteint , Il succombe ;
Enfin il m'attire vers lui :
« Je sens , dit-il , le frisson de la tombe ,
« Ami , Dieu m'appelle aujourd'hui!
« Dois-je pleurer tant de jeunes années
« Mortes déjà! mortes en vain ?
« Un seul printemps tes a toutes fanées,
(} Un amour, un seul, mais divin!
« Tu sais ! depuis que ce flot solitaire
« Ensevelit tous mes remords , « rai détaché mon &me de la terre ;
<c Seul survivant parmi les morts !
« Jusqu'au tombeau tu me restes fidèle.
(Mêlant ses pleurs avec les miens] « Dieu, disait-il, reconnaîtra ton zèle;
« Reçois les plus chers de mes biens : «I Tu dois connaître, ô toi qui me cons(des,
«I Ce chant que j'aimais autrefois?
c( Tu te souviens de ces douces paroles ,
A Et du son plaintif de ma voix. '
« Prends cette fleur et cette boucle blonde;
« Prends cette feuille de cyprès, « Tous les trésors que je laisse en ce monde:
« Tous mes amours , tous mes r^ets !
« Prends-les; peut-être, en remontant ce fleuve,
« Tu verras l'objet de mes vœux :
« Tu lui rendras, lorsqu'elle sera veuve,
« Cette fleur, ce chant, ces cheveux !
« Comblé de ioIds |»ar une tflear cbérie,
« Dis-lai... »liaiiSoa œil t*eft glacé; -^
n mnrmurait le salai dodi de Marie...
Un an^e aux cieax Ta proooooé!
Dans les d&alears d'une leote agonie
II yoQlalt me parler eaoor ; Montrait son cœur et la Uthuanie
Vers où son âme a pris i'essor! »
— Il s'interrompt ; ses yeux mélanooliifaes
Semblent cfeiercber aotoor de lui ; De sa ceinture il tire ses reliques.
Mais le couple heureux avait fui !
Pourtant, au loin, il Toit sous ta ramée ,
La vierge , étouffant ses sanglots ; Et le Jeune homme 4*Yec sa hien-aimée.
Disparaît parmi les bouleaux.
Et du Yieillard on entoure le siège ;
Queb sont ces Jeunes amoureux ?
• Sa fiancée et son frère... que sais-Je! m
Il ajouta : « Qu'ils soient heufeux ! a
^ Les deux dernières parties de Seigneur et Jeune fille soal de Miçkiewicz ; 1a première est de M. Edouard Odyoieç, qui, comme poète , avait commencé par donner les plus hautes espérances. Voici un essai de traduction de ce charmant petit combat poétique :
Quoi , si tard dans le bois ,
Bel ange !
Entends-tu le haubois
Ëlran^?
Yois-tu le chasseur noir
Qui chasse ?
(Test le sieur du manoir :
Fais place!
« Des fraises, voulez-vous,
Beau sire?
— Non , tes yeux sont plus doux ,
Sans rire !
Ai chassé tout le Jour,
Ma lige ; Apprends-moi , bel amour,
Où suis-Je ?' Ai tu le chasseur noir,
Sans doute.
Trouverai-Je un manoir
En route?
SI n'encontre un chemin
Viable, Courrai Jusqu'à demain
Le diable !
BOMAKCEBO. 427
— Lors , suivez ce seDlier
Soas rberbe ; Trouverez un noyer
Superbe.
Puis uo l>ourg, ua rieu ,
Uq bétre , Puis le chastel. Adieu ,
Mon maître, »
Il sVlance à cheval ,
L'accole; ^\f sonnant un signal ,
S'envole.
Il s'envole au galop
Dans Tombre; le soir luit sur le flot
Plus sombre.
Hose exhale uq soupir
Sonore :
•Que dit-elle au zéphyr?
J'ignore !
•Quoi, si tard dans le bois ,
Bel ange !
Entends -tu le haubpis
Ëtrauge?
Vois-tu le chasseur noir
Qui citasse?
C'est le sieur du manoir i
Fais place!
11 s'écrie en courant ;
« Bergère!
Ta route est un tQri;ent,
Ma chère!
One n'ai vu ni noyer
m bétre; Voudrais-tu me noyer?
— Peut-être 1 Mais prenez par ici
(Fit-elle); Beau sire, adieu ! — Merci
La belto ! »
11 s^enfuil à cheval
Dans l'ombre; Le soir luit sur le val
Plus sombre.
Eose exhale un soupir,
Pauvrette!
Que dit-elle au zéphyr?
m Seulette l »
428 NOTBSv
Qaoi, si tard dans le bois ,
Bel ange ! ' « *
EoteDds-ta le haubois^j
Étrange?
Tois-ta le cbassear noir
Qui chasse?
Non , le sieur du manoir
Repasse.
Du palefroi descend.
Morose; L^appelle en rougissant :
« La Rose!
Quel chemin m*as tracé ,
Faux guide?
Tombai dans un fossé.
Perfide! .
i^ En yain clame au seooun
Et sonne ; N'est lieu propre aux discoolts *
Personne !
Yeux-ta nous secourir ?
., ' Sois prompte; Ou veux-tu voir mourir
Un comte !
Mon cheval meurt de foim :
QuMI mange!
M'as fait boire au ravin.
Bel ange!
Près de toi cueillerai
Des fraises ; Et prendrons sur le pré
Nos aises. »
Près d'elle vient s'asseoir,
L'implore ; Que disaient Jusqu'au soir?
J'ignore!
Zéphirant un zéphyr
Bien tendre, Rien n'ai pu qu'un soupir
Entendre.
Chantaient-ils l'angélus?
J'en doute :
Mais ne demanda plus
La route.
7 II y a eu de tout temps entre la Pologne et la Utboanie une gravitation mutuelle et spontanée qui devait aboutir à l'union intime des deux peuples , d'une origine toute différente, mais égaux de cœur, par la main de la belle et jeune reine Edvige; en 1386. Voyez Poiata, roman
BOMATIGEBO. 429
de Btrmitowtez, traduit en franenis par Letonroeùr; Tïoditla^ Jaghetion, par Bf<n* de Choisèal^Goudior, née Tyzeohaus; Bdvige, par M»* d*Âbraotès, etc.
« M. Twaréowski , imprimeor et sorcier da temps de Sl^smond- Auguste , est le héros de la plupart des coûtes meryeilleux qui se racontent tout bas, à la veillée, au coin du feu. C*est le Faust des AHemands. Quant à sa mésaventure , un fait k peu près pareil est arrivé à Gambyse. L'oracle de Bute, en Egypte, lui ayant prédit qu'il mourrait à Ecbatane, Cambyse se promit bien de ne Jamais y mettre le pied, ftfais un jour qu'il s*éfait blessé à fai chasse , quand on lui dit que l'endroit où il S'était arrêté s'appelait Ecbatane, il mourut. — Il y avait Ecbatane en Médie et £cl>atane en Syrie.
^ Cest évidemment une imitation du « ByUpo-siemu^^ > phrase sacramentelle que le tzar a coutume de tracer, de sa propre main , au bas des oukazes et des ordonnances. On serait embarrassé de savoir laquelle a signé le plus d'arrêts de mort et de proscription, de la griffe de Satan ou St la main sanglante du tzar Nicolas.
** Dans Poriginal , c'est la lettre B , commençant la formule précitée, qui remplit cet office ; nous avons dô y suppléer par un A , dont nous avons tant bien que mal tiré parti pour rendre l'idée sf^toellement grotesque de l'auteur.
'■ Cette dernière partie a été ajoutée par M. Edouard Odjmieç, « avec le consentement de Pauteur, » C'est ainsi que les grands peintres font souvent achever leurs toiles par leurs élèves.
'^ ë Ibi, robttr nostrorum fwminum illecebris opulentœ , luxuriosœ, et Grœcotnm commerciis corruptœ civiiatia, ut Panorum olim apud Capuam , elanguii ; disciplina militaris licentia dissoluta , et ille victor multarumgentiumexercittis devictœ whis lascivia^ libidinibus et Jlagiiiis victus est .* ita ut ei vinci magts propemodutn quam vifuere expedi' verii. » M. Krober, Polanus, lib. iv, p. 59.
*^ • Et enim plurimortim maximorumque malorum, quœ Poloniam postea imptic4trunt hœc Victoria causa et origo fuit. Nam dum illi Kiiovia nulla se nequitia et lihidine, quamvis fœda, etsibi inusitata prius, abstinent, complurium tucores et filiœ domi relictœ , non ferentes tam diutumam virorum absentiam (jam enim septimum forte annum in Bussia et Vngaria militantes domibus obérant)^ tum aut libidinihus eorum qua crebris nuntiis ad ipsiu pcrferebantur, et injuriis irritatœ , flagitiis vicissim viros etpropinquos suosplœraque uldscuntur. Nonnul" larum eHam pudoret constantia partim blanditiis etfalsa extinctorum virorum persuasUme corrumpitur, partim vi expugnatur, Justa divini numinis vindicta atque permissu, » Ibidem, p. 60.
•* a Savit {rex) et in mulieres quœ culpœ affines esse videbantut, fuibusquê miseneordia et indulgentia virorum perceperat, et quidem inaudiio modo. Abstractis enim et abjectis infantibus guos e stupris et adulteriis enixœ erant, catulos ad uhera earum admovisse dtcitur, »
'^ Lesqjetde cette ballade est du onzième siècle. Le peuple polonais A pieusement gardé ses souvenirs, transmis de génération eu génération , durant un parcours de huit siècles, en leur conservant la mélodie, la forme et le langage primitifs.
>6 Dès le début, on remarque une frappante analogie entre cette ballade et la précédente ; et , quoique composées à de grands intervalles
4$0 IfOTBS.
l*aoe dt rentre t fl sera «arieux de les mettre eo regard, a&ù é*obê«yer» le fQnd éHtfH le même , ce qa*il peut y a?oit de cliaDgé dans la maDîère de Tauteur.
•? Aux BMHiget da people potooais, les swaty^ fiaadettrs, paraaympbes , c'est-à-dire ceux oiKcelles qui aonl cbarigét ,
• Soft par dons , »oit par rase , on par quelques miracles , Entre deax vrais amants d'aplanir les obstacles, »
sont revêtus de certaiaes fondions et dignités qu'ils exercent dorant tout le temps des noces. L'une d'entre elles est de dresser la couebe de la mariée.
'* Celte légende est connue de tous les peuples de la chrétienté; les portes se sont seulement chargés de l'arranger à leur guise, La Lénore si fameuse de burger est construite sur le même fond. Ignorant la obansoa primitive du peuple allemand , on ne peut savoir coml)ien elle a subi d'altérations dans le récit de Burger. J'ai composé cette ballade d'après une chanson polonaise que j'ai autrefois entendu cluu)ter en Litbuanie. Le texte et le plan général ont été lidèlement observés ; je regrette seulement de n'avoir pu en retenir que peu de vers, qui m'ont servi de modèle pour le style et le rhytbme de cette ballade (^}« *
>9 Scolaires. — M. Boyer-Mioche, auteur de la Pokt^n^ liUémire ( 1839, chez Paulin )» a donné une bonne imitation en vers de VOde à la Jeunesse.
» Ces toasts étaient le ralliement symbolique de la sodété des Rayon' nojits, comité directeur de celle des Philarètes, Instituée à Vilno par Thomas Zan , et dont notre Miçkiéwicz fut le biea-aimé poète. Sous prétexte de se livrer k des travaux scientifiques, les Jeunes gens se préparaient en silence, entourés d'espions et sans cesse avertis par de terribles exemples, à rernplacer leurs couronnes de lauréats ou de bacîieliers par les palmes plus glorieuses du martyre. Ces stanoes révèlent sous un langage mystique et figuré, mais assez transparent pour qu'il soit facile d'en pénétrer la pensée , elles révèlent, dis-Je, les tendanoes occultes des philarètes. Les Russes les accusaient d'abominables pratiques; et nous renvoyons le lecteur à la !!« partie des Aïeux pour la vengeance atroce, sans exemple, qu'ils ont Urée des jeunes adeptes de ces sociétés. Ici, dans un banquet philosophique, où sans doute il y eut plus de larmes versées que de coupes r^npiies, le barde iait apprécier aux ^Uarètes les avantages de la Sdeoce, du Sentiment, de l'Union et de l'Activité, quatreperfections qu'ils avaient adoptées pour devises.
2' Allusion aux colonnes de fer plantées par Boleslas le Grand , au confluent de l'Ëlbe et de la Sala d'une part, et dans le Dnieper de l'autre, pour marquer les limites du royaume de Pologne.
'^ le casqqe de pluton rendait invisU>le8 ceux qui le portaient (f)
3^ Les Mynnidous, soldats de l'impétueux AchUle , tiraient leur origine des fourmis.^ W
^* Allusion an statut lithuanien ^ promulgué, en I&69, par les rois Jagbellons. (f)
^ Qu'on «e rappelle que Miçkiewicz écrivait sous la fénile de la censure meskovite. Sans cette boutade contre la révolution , il est probable que l'épltre à Lelevel n'eût jamais vu le Jour.
* I.e Aignç (t) disUngMera désormais les notes qaltont 4e la main de Miçkiewicz.
SGOLAIRBS. 4Sr
^ Seiziéine Biécle, époqm de la Pologne florfssaDte.
^' Il est resté dans le pays une quantité de sabres musulmans du temps de S6i>1eski , seuls trophées de sa ? ictoire sur les trois cent mille hommes de Kara-Mustapha (1683).
» Juif et êébitimt de liqueurs sont sjmonymes en Pologne. Coutume désastreuse qui a ruiné le pays. Toutes les industries malfaisantes sont entre les mains des Jui& , en Pologne comfme ailleurs.
29 Sycinski, nonce d'Upita à la diète de i«52, donna le premier exemple da liberum veto de funeste mémoire, et rompit la délibération. Jean Zamoyski croyait . en rinslttuant , limiter le pouvoir des rois étrangers, et ne réussit qu'à troubler le pays par l'extension de la déniagogie nobiliaire. Une tradition pfrétend que . lorsqu'il s'en retournait chez lui, chargé des malédictions de ses concitoyens , Sycinski fut tué d'un coup de foudre sur le seuil même de sa maison, n y a quelques années, on montrait encore à Upita un cadavre très-ancien, mais d'une belle conservation, que les sonneurs de paroisse traînaient de rue en rue sous le nom de Sycinski, en l'exposant ainsi à la risée publique. (f )
^ Le Rocher hébraïque ^ ainsi nommé à cause de ses empreintes noires, qui ressemblent è des caractères hébreux. (f )
3» Ancien professeur d'anatomie comparée à Vilno.] (f )
' 3î De même que les échecs, les dames furent inventées pour l'instruction des rois de l'Oriest. (f )
33 La traduction du poème de Vida, les Échecs, par Jean Kochanowski (vers 1560), est un modèle de style et de précision.
3< Celui de nos lecteurs qui voudrait compléter ses notions sur ce sujet intéressant, peut consulter Tin-folio de Mallet, publié en 1668; les deux volumes de Payne, avec une dédicace au docteur Johnon } enlin l'ouvrage plus moderne de Sturges et le Jeu de Darnes à la polanaise par Manoury , chez Dentu', 1858.
3^ Oribktales. — C'est le nom soos lequel lecomte Veûceslas Rzewuski fut connu dans l'Orient Après la ruine de sa patrie, ne pouvant plus se dévouer à sa gloire et à son IXMiheur, il alla porter dans les steppes de l'Arabie cette ardeur aventurière et chevaleresque qui formait lé fond de son caractère. Poète et guerrier, il fut bientôt élevé à la dignité d'émir; il laissa dans le poème non riméd'Oopnna , composé sous l'insi^ifation db débert, les traces de ses combats homériques , entremêlés quelquefois par des amours suaves comme les brtses des palmiers. Le nom de l'émir à la Barbe-d'or restera bien longtemps en respect chez toutes les tribus qui otot eu des relations hostiles ou amicales avec la sienne. Lorsqu'en 1881 , la guerre éclata de nouveau' entre la Pologne et la Russie , Yenceslas , depuis quelque temps de retour dans ItJkraine, monta sur les beaux chevaux qu'il avait amenés de l'Orient un escadron de volontaires ; et les Moskovites ont bien des fois dû maudire leur rapidité et le yatagan de l'émir. L'insurrection des provinces conquises , trop longtemps abahdonnée par nos diplomates, militaires ou autres, dut s'éteindre après des efforts inoufs; l'escadron fut décimé, et le sort de l'émir resta longtemps enveloppé du plus profond mystère. Les tins disaient qu'il avait été retrouvé i^rmi lés morts après le combat de Dàtzow; d'autres soutenaient que Gûldla, sa jument chérie, l'avait emporté dans le désert, peut-être en Circassie, couvert de sang et de blessures. On connaît de luf une odé à lady Stanhope , la même que celle visitée par un autre iliustre voyageur, mais avec quelques années