‹ Œuvres poétiques complètesChapitre 4 sur 161 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

d'ane république fédérale des Slaves , et dont le réye sublime s'est évanoui dans le sang. Lorsque Wallenrod parut, la gloire de Miçkiewicz fut au comble ; le tzar lui-même le fit complimenter : et bientôt après, Miçkiewicz obtint la permission de passer à Tétranger, de faire un voyage aux eaux, en Italie, pour rétablir sa santés Quel fiit le procédé dont il se servit pour en imposer aux ennemis du nom polonais au point de leur faire accepter ce poème avec sa devise : « Bisogna essere volpe eleone, » comme n'ayant rien que de très-inoffensif et de conforme aux intérêts de S. M. le tzar de toutes les Russies? c'est un mystère que je ne me charge pas d'expliquer. Toutefois, Miçkiewicz put prendre sa volée; et enfin hors de cette frontière qu'il avait naguère franchie eu prisonnier d'État, en grand criminel , et que maintenant il repassait presque en triomphateur, il respira. Alors commença pour Miçkiewicz ce k>ng pèlerinage qui n'est plus la captivité; mais qui, loin de la Pologne, est encore plein de jours amers et de navrantes déceptions. Depuis dix-sept ans, le poète n'a pas revu sa patrie ; dans ce trajet douloureux, il comprit plus d'une fois l'amer sentiment que Dante exprima par ces vers du Pargettorio ;

« Tu proverai si come sa di sale Lopane altrui, e quanto è duro calle Lo scendere e salir per Val trui scale! »

Aussi, regardez son portrait; son visage, comme celui de Dante, porte l'expression mélancolique de ces tristes combats de tous les instants; chacun de ses traits, après la longue contrainte qu'il a dû leur imposer, raconte un poème de malheurs : comme Wallenrod , jeune encore, il a des cheveux blancs , et « ses joties déflorées attestent la vieillesse de la souffrance, »*

Le drame des Aïeux , qui a popularisé le nom de Miçkiewicz en France , par la brillante interprétation qu'un autre exilé , George Sand, en a faite dans la Revue des Deux-Mondes, est sorti de cette dernière période de sa vie. C'est à tort, selon moi, que ce drame, le plus individuel, le plus subjectif de tous ses écrits, et qui roule sur des faits contemporains , a été classé dans la catégorie du drame fantastique , entre Faust et Manfred, Il n'y a point un seul vers, dans les Aïeux, qui ne se rapporte à telle situation de sa vie ; une seule scène dont il n'ait été l'acteur ou le témoin : et ceci aura

* Ce portrait, gravé par un artiste polonais, M. Antoine Olenaynski d'après QD médaillon de David, ami de notre poète, rend avec la plus scrupulense fidélité f expression et le type général de la flgare de Mlçkiewies.

DE LA PBEMIBRB ÉDITION. Xtll

peut-être Fair d'an paradoxe aux yeux de ceux qui ne comprennent pas la Pologne , le caractère général des écrits de Miçkiewicz, c'est la réalité. Ce n'est point, il est vrai , un drame régulier et pouvant être un jour mis en scène ; composé à de longs intervalles, par pièces et morceaux , il ressemble à ces basiliques immortelles que leur architecte n'a pas osé couronner. « Mais qu'importe , dit George Sand , une suspension dans le développement des caractères et la marche des événements , si ces événements et ces caractères sont déjà tracés et posés d'une main si ferme que nous reconnaissons , au premier coup d'œil , dans le poète , l'égal de Byron et de Gœtbe ! » Ce drame sanglant n'a été joué qu'une seule fois, àVilno, par un bourreau, décoré du nom de sénateur, et par une poignée d'étudiants ; mais il n'a pas été inventé par Miçkiewicz : il est vrai dans son ensemble , vrai dans tous ses détails, plus vrai que l'histoire elle-même ! Quelle fiction , en effet, pourrait atteindre à la sublime horreur de tous ces tableaux , calqués d'après nature ; de ces scènes de martyre qui semblent nous reporter aux temps prioiitifs du christianisme? Aussi c'est à dessein que nous avons donné à ce drame le nom chrétien de Mystère. Pour surpasser le pathétique de Dante et le grandiose de Milton , Miçkiewicz n'avait qu'à reproduire avec fidélité ce qu'il voyait journellement se passer autour de lui ; lorsque toute la Pologne était tendue comme un appareil de torture, avec deux monstres, le grand-duc Constantin et le sénateur Novosiltzoff, attelés à la roue! Là, il n'y a point de place pour le fantastique. Si le poète fait intervenir de temps à autre les agents du monde invisible , si le chant des anges sur la couche d'une jeune fille endormie succède aux ricanements des démons qui veillent au chevet du sénateur, c'est qu'il lui fallait garder ses croyances du jeune âge , sans lesquelles ce qui se passe en Pologne semblerait une négation de la Divinité ; c'est qu'il lui fallait croire comme on croit en Pologne, avec pleine effusion et certitude, pour ne pas tomber dans l'inexorable fatalisme de Goethe ou le doute orgueilleux de lord Byron : c'est que le poème a été composé sous Taclion d'une Providence tellement vigilante que son doigt , presque visible, frappait l'un après l'autre ces hommes de sang , ces valets de bourreau , pires que tous les démons de l'abimel

En peignant les anges déchus , dépouillés de la grandeur formidable d'Ahriman et du sourire flétrissant de Méphistophélès , il les a reproduits tels qu'il les a trouvés dans la légende slave, en établissant entre eux la servilc hiérarchie admise entre les fonctionnaires moskovites. Mais aussi quels anges que les siens!

XtV PRÉFACE

que leara voix sont carcisanles ! comme elles noot reportent aux premiers rêves de notre entance ! Voyez plutôt cette rose dont la pourpre est vivante , qui parle avec des étinceUesi qui chante avec des parfums ; qui soupire de si douces paroles à Foreille d*Ëve endormie : Prends-moi sur ton cour! Quels admirables contrastes avec ce que nous venons de voir et d'entendre 1 Tous ces carac* tères odieux , qui semblent avoir leurs prototypes en enfer, BaSkoff, Pélican, Bécu, Botwioko» le sénateur» sont des portraits ; et le coup de foudre qui vient terminer la scène du bal est un fait connu de tous les Lithuaniens. La donnée de Byron et de Gœtbe est tout abstraite» tout imaf;inaire : Manfred , c'est le doute; Faust, c'est la certitude du néant. Manfred ne pouvant éloigner tous les fantômes qu'il avait évoqués, et contraint de les suivre dans leurs abimes, c'est Byroo lui-même, inhabile à maîtriser ses passions, devenues à leur tour souveraines ; et si nous avons bien compris la pensée de Faust , c'est l'homme perverti par la soif de connaître, poursuivant un idéal qui se dérobe sans cesse , et demandant à la matière , aux profanes voluptés , m bonheur que le monde Intel* lectuel lui refuse* Ailleurs c'est le fantastique qiii prend quelquefois les apparences de la réalité ; ici; c'est le réel, devenu presque fantas* tique à force de grmideur : et , si le sumatiiril existe quelque part, c'est dans Tàme du poête« c'est dans ce monde intérieur, invisible qu'il a transporté toutes ses merveilles. Dans ses élans les plus lyriques» dans ses plus mystérieuses visions» Miçkiewicz ne perd jamais de vue sa patrie ;

« Les voilai les voilai je les ai, ces deux ailes I... de la gauche je frapperai le passé; de la droite, l'avenir 1... Et s«r les rayons de l'amour je m'élèverai jusqu'à toi!.*. 6 toi qui aimes dans les cieux, ditnm, comme j'aime sur la terre I*.» Cest moi !... J'atteins jusqu'ici L.. Vois quelle est ma puissance! jusqu'où s'élèvent mes ailesL^ Je suis homme..* et là , sur la terre » mon corps est resté ! C'est la que j'ai aimé, dans ma patrie; c'est là que mon cceur est resté!.*. * »

Si dans la scène des JUux nommée VlmprovisaUgm^ qui résuaae toute la pensée du drame, il deniande à la Divinité la puissance su* préme, lia royauté du sentiment sur ses semblables, c'est pour doter son pays d'un bonheur inûni dont le monde ne lui offre point l'idéal ; c'est pour l'éditler à l'issage d'un cantique de félicité :

« Mais non amouiv dajisie monde» ne repose pas sur un être» comme l'insecte sur une rose^ ni sur une famiUi^ ni sur un siècle }

* Les Martfrs, p, 221.

DE LA PH£MlSBfi EDlXlOiN. XV

Moi, j'aime loute une nation ! J'ai saisi dans mes bras toutes ses iséoérations passées et à venir ; je les ai^pressées id, sur mon cœur : comme un ami, un amant» un épotiix, un père !... Je veux rendre à ma patrie la vie et le bonheur ; je veux en faire l'admiration du monde ! «

Que trouve-t*on d'malogue dans Manfred ou dans Fan$t? Byron méprisait sa patrie ; Gcelhe, le ministre de Weimar et l'ami personnel du Henog, ne pouvait pas souffrir le peuple! Aussi Gœtbe ne représentet-il point lestendances nationales des Germains ; c'est plutôt à Schiller ou Jeaa4^ul Rtehter que cet honneur est dévolu. Sa vie ressemblait à celle du géant des Nibelungen en contemplation égoïste devant la neige tachée de sang, qui loi rappelait la couleur des jouesde sa maltreBse; et « lorsque ses compagnons venaient l'arracher à sa méditatioB, le géant réveor, d'un seul mouvement du coude, les jetait à ses pieds. » Quelle peine que de voir cette haute intelKgenee serapetisser avec préméditation et ramper terre à terre pour atteindre à la taille de ces ducs lilliputiens qui voulaient bien le nommer leur intendant des menus plaisirs!... L'auteur de Manfred, le Napoléon delà pensée, quia conubattu pour la Grèce, et qui aurait combattu pour la Potogne s'il avait assez longtemps vécu, ne pouvait être heureusement l'homme de Georges 111 et de lord Car* Ksle. A l'époque où Faust 9i Manfred furent composés , le patriotisme de Séixe- Weimar ou de Saint*James n'eût semblé que ridicule. Malt ce qui serait un défaut dans les deux poêles étrangers est précisément ce qui constitue le mérite de Mi^iewicz , ce qui fait qu'il doit être à jamaisle poète diéri delà Pologne et l'un des plus glorieux apôtres de la liberté : car son inspiration dominante, perpétnéHe, c'est l'amour delà patrie.

Il y a dans la scène de l'Improvisation, duel formidable de l'homme avec Dieu, quelque chose qui fait frémir et qui donne le vertige quand on soi^ à la disproportion infinie entre les deux combattants. Cette scène a toute la grandeur du passage du Zend-Avesta, où le Satan de la légende persane grimpe échelon par échelon à travers les ténèbres, jusqu'au point rayonnant où brille à ses yeux le palais d'Ormuzd. Mais bientôt Konrad, ne poovant obtenir de la Divinité jalouse le partage de sa puissance, lui jette une menace terrible; il va faire entendre à toute la création une voix qui rotentira dans les siècles : il dira que Dieu n'est point te père de Tuniversy mais qu'il en est le t^r, le tyran... Le dernier mot de cette imprécation, celui qui constitue le crime , trouve aussitôt «n écho dans les enfers; les démons envahissent la scène, et le châtiment commence : Konrad est fmppé de folie.

XYl PABFÀGB

On a dit que celte scène était une protestation contre le Dieu que son culte catholique lui impose ; protestation à laquelle le catholicisme n'a rien à répondre, et que Miçkiewicz lui-même ne peut révoquer après l'avoir lancée... Mais la déchéance de Konrad» la main de sang qui s'abaisse et se ferme sur la tète des coupables, la parabole du prêtre Herre, toute la morale enfin desAîeux^ n'est-ce point une réplique suffisante à l'orgueilleuse interpellatioD de Konrad ? Il est vrai qu'il y a loin de là au catholicisme passif et résigné de Silvio Pellico ; ou bien à cette subordination morale imposée par la force, que certains journalistes peu convaincus voudraient faire accepter comme le fond même de la religion catholique, et qui donnerait a ce précepte, que « tout pouvoir vient de Dieu, » un sens tout à fait conforme au catéchisme du tzar. La foi de Konrad, c'est le catholicisme ; mais le catholicisme des mar^ tyrs et des apôtres, dont le peuple polonais a gardé la phis pure et la plus saine tradition en Orient , dont il est jusqu'aujourd'hui l'expression la plus fidèle, et n'ayant conservé avec la théocratie temporelle de Rome d'autre lien que le dogme religieux. Enté sur la sombre mythologie des Lithuaniens, encore païens à la fin du quatorzième siècle, son langage respire parfois l'âpre et farouche énergie du chant Scandinave de Lodbourg ou du Jugement tlernier de Michel-Ange. La seconde partie des Aïeux a d'ailleurs été écrite à une époque où les intelligences les plus élevées, les plus fortes convictions, ont été ébranlées par le double anathème qui nous venait de Rome et de Saint-Pétersbourg; après cette chute fatale qui devait en entraîner tant d'autres, et qui semblait une réfutation complète du catholicisme pour ceux dont la faiblesse ou la partialité ne pouvait discerner le vieillard infirme et crédule qui trône au Vatican» d'avec le chef suprême de la religion, le successeur de saint Pierre. C'était la révoÂe d'une âme d'élite, et dont la supériorité même lui garantit sa réhabilitation. Alors même que l'ange gardien remontait vers les cieux et que Fange du doute comprimait son intelligence, jamais il n'a perdu ce culte des jeunes années, cette vénération du nom de la Vierge, qu'il a gardée même après la foi évanouie :

« Je ne sais plus depuis longtemps ce que ma foi devient » dit Konrad à ses compagnons de captivité ; je ne me mêle pas de tous les saints du calendrier : mais je vous défends de blasphémer le saint nom de Marie ! >*

Et ailleurs, Tange défenseur chante au jugement de Konrad :

« Mais il a vénéré le nom de 'ta mère immaculée, jl a chéri sa nation, il a beaucoup souffert, il a beaucoup aimé !... »

DB LÀ PREMIERE EDITION. XYIl

Et ce sôra justement cet amour qui le sauvera. C'est donc à tort qu*OD a fait à Mîçkiewicz un reproche de ses croyances catholiques. S'est-OD bien aperçu qu*en s*attaquant à Fidée première , on condamnait a priori tous ses développements ? s'est-on bien aperçu de ce que deviendrait la Pologne, le poème des Aïeux, et le poète loi-même , si on leur ôtait le catholicisme ?. . . Miçkiewic2 est catholique parce qu'il est Polonais ; parce quMl ne peut point cesser de Tétre sans renier tout le passé de son pays , et sans se priver luimême d'une des sources les plus fécondes de son inspiration. Estce que les théories vagues et flottantes d'une philosophie panthéiste sauraient remplacer pour le peuple qui souffre, pour le poêle qui chante , pour l'exilé qui espère , les croyances innées , si nécessaires au malheur.' D'où vient le reproche adressé au Dieu de Konrad de manquer de justice et de grandeur, et quel est cet autre dieu plus équitable et plus grand que l'on voudrait mettre à sa phice? Est-ce le Mnitredu prologue de Fatal? Est-co le dieu-nature des spinoaistes , ce icocv mixte et mal défini qui n'est plus la matière, et qui n'est pas encore rintelligéncé? Selon nos éclectiques, le christianisme serait déjà passé à l'état d'utopie, de mythologie savante, à laquelle philosophes , illumkiés, sectaires et prédicants tendraient à rattacher, tant bien que mal, leurs systèmes. Kant qui démontrait également bien le pour et le contre de chaque proposition ; ScheIRng qui base son système actuel sur la vision extatique ; Schlegel, facobi, tous, jusqu'à Hegel qui soutient qu'il n'est d'autre Dieu que l'homme ( ce qui serait, par parenthèse, la néga* tion de la Divinité avant l'homme ) , prétendaient être chrétiens. A quoi bon cette momerie; et ne vaudrait-il pas mieux dire simplement et franchement que l'on est athée?

Le peuple polonais, nous l'avons dit, est radicalement catholique , dans la signification épurée de ce mot ; son passé tout entier fut une lutte à mort contre l'Islamisme , une lutte dont il est sorti victorieux, mais en y laissant une bonne partie de luimême : son avenir doit être une bataille contre le schisme d'Orient, cet héritier du Koran , dont le schisme a copié les dogmes fondamentanz , le déisme absolu et l'aveugle fatalité. C'est à la Pologne qu'est réservée la mission de, défaire l'œuvre de Photius ; de fermer c«tlel>rèche par laquelle les barbares ont pénétré dans les murs de Bytance : de continuer l'œuvre universelle du christianisme primitif. Les destinées du schisme, de ce culte monstrueux qui fait du salut des âmes un bureau de ministère , et du tzar de Russie un pape « son fatalement liées avec l'esclavage du peuple. Le jour où le principe despotique qui gouverne la Russie aura cessé d'exis-

XVUI PBBFACB

1er, cet accouplement bizarre se ditawdra; la chute de l'autorité spirituelle suivra DécesMiremeot la eiMite du pouToir potitique : et la Russie , bon gré, mal gré , reviendra vers Tanilé. Le tzar a si bien compris ce danger pour lutHnème et cet allaobement des Polonais pour la foi de leurs pères, qu'il ftft , comoM MahooMtn, delà propagande orthodoxe avee le sai)re. AujounFbui, lorsque les églises polonaises sont changées en cadiots , les prêtres traînés au fond de la Sibérie, tes enfants arrachés du sein de leurs mères pour ^prendre le catéchisme de Vihio , et lorsque Rome approuve ou se tait , le temps sérail mal choisi pour abjurer un symbole , pour lequel les jours du martyre recommencent *• La Pologne n'a qu'à opter entre Tapostaaie et les persécutions; le schisme étant la religion du tzar, le catholicisme devient natureUiBmeBt pour elle la religion de la liberté.

Cette idée du martjrre de la Pologne, que Je poêle ne cesse de comparera la passion du Sauveur, et dont les mérites doivent racheter le monde souillé par les débauches cteFesdavage et de Timpiété , se fait jour surtout dans le Liwt ée$ Fèierins. Une grande nation tombée, le changement fbrcé desoneulle par des tortures qui font venir des larmes de sang aux yeux de tout Pdonais, un séjour de quelcpies années à Room , cette ville des grandes coaso* lations, ont dû ajouter une corde nouvelle à sa lyre, et Tont fait vibrer comme la harpe du roi-prophète sur les ruines de Sion. La chute de sa patrie a développé en lui cette compassion ardente qui embrasse la Pologne entière» avec ses générations ëe tous les siècles, avec tout son avenir; et sa lM>uche , après avrâr proféré les cris de la révoHe» répand des hymnes de gloire dignes du Psalmiste. Jamais sa pensée ne s*était élevée aussi haut. Un peintre polonais , M. Statler, a représenté le parvis de Notre-Dame , à Krakovie, couvert d*une fouie immense; el Miçkiewics Usant au peuple assemblé le lipre Ae la PiatUm pokmaiie. Le peuple est attentif, mais il est calme ; car ce n'est point un livre à jeter le trouble dans les âmes , ee n*est point une provocation à l'émeute. Ce tableau me semble riche de poésie et de vérité; c'est ici que la mission du poète se confond avec celle du prêtre, de l'apôtre : c'est là son titre réel à l'immortalité.

* Rome a cependant tompv , depnU que cette «olic-e a Hi écrite, fon long et douloureaz silence. Malgré le troable porté dans son autorité spiritoeUe par sa puissance temporelle, il ftint lai savoir gré de ce moayement généreux qui lui fait transporter l'ana thème lancé contre la Pologne sur la tête de son opprcMcur. Vnjres raHocutioa du Saint-Père au oeneiitirfre secret du 22 Juillet 1843» avec l'exposé desjnotifs et les pièc^ i l'appui. (Paris, «eptemlire 184?).

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