‹ Œuvres poétiques complètesChapitre 80 sur 161 · XXXIV. Z · texte numérisé non relu

XXXIV. Z

TCHATIRDAH.

MIRZA

Le musulman baise en tremblant les pieds de tes rochers^ ô grand Tchatirdah! Mât du vaisseau de Krimée, minaret du monde^ ô padischah des montagnes ^^ , régnant dans les nuages au-dessus des collines de la plaine !

Tu sièges à l'entrée des cieux, comme le géant Gabriel veille au seuil de TÉden *7 ; sombre est ton vêtement de forêts : et les torrents de la foudre, tes effrayants janissaires, argentent ton turban tressé de nuages.

Soit que le soleil nous darde ses feux ou que la brume nous enveloppe , que la sauterelle dévore nos moissons, ou que le giaour incendie nos palais , Tchatirdah , toi toujours muet, immobile;

Debout entre l'univers et le ciel, comme le drogman de la création , après avoir mis à tes pieds la terre , les hommes et la foudre, tu ne fais qu'écouter ce qu'Allah dit à la nature !

LE PÈLERIN

A mes pieds une région d'abondance et de volupté, un ciel pur au-dessus de ma tête , des joues florissantes à mes côtés, pourquoi donc ce cœur s'envole-t-il vers des contrées lointaines et vers des temps, hélas î plus lointains encore ?

0 Lithuanie ! tes forêts murmurantes me chantaient plus doucement que les rossignols de Baïdar, que les vierges de Salhira ** ; je foulais avec plus de joie tes fondrières que les mûriers de rubis et les ananas de vermeil.

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