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Les Anglais prirent donc des fusils et des chiens ; ils chassaient ettuaientles animaux féroces; mais les loups^ chassés d'un côté, revenaient de Tautre , et pour un loup tué il en renaissait dix. Et les cultivateurs , toujours à la chasse , s'appauvrirent^ forcés qu'ils étaient de tenir beaucoup de chiens. et d'acheter des armes. Leurs troupeaux de bœufs et de moutons avaient tous péri.
Cependant d'autres cultivateurs^ qui étaient plus sages ^ se dirent : « Allons traquer les loups dans les bois , et nous détruirons juéqu'à leurs tanières. » Mais d'autres loups arrivèrent des autres forêts , et ces cultivateurs s'appauvrirent aussi et perdirent leurs troupeaux.
Etant ainsi appauvris, ils allèrent trouver leurs voisins, et leur dirent : « Assemblons tout le peuple, donnons la chasse aux loups pendant une année entière, jusqu'à ce que nous les ayons exterminés dans toute l'ile. » Car l'Angleterre est une île.
Ils allèrent donc , et chassèrent jusqu'à ce qu'ils eussent anéanti la race entière des loups ; et alors ils déposèrent leurs armes, laissèrent vaguer leurs chiens :
Et leurs troupeaux paissent sans pasteur depuis ce temps jusqu'à nos jours.
t Or, il y avait en Italie un canton très-fertile en olives, en riz, mais insalubre; chaque été la maParia, ou mauvais air, venait l'assaillir en apportant la fièvre et la mort.
Parmi les habitants de ce canton, les uns faisaient des fumigations dans leurs maisons en dépensant beaucoup d'argent pour les parfums ; les autres construisaient des murs du côte de l'occident, d'où leur venait la peste; d'autres s'enfuyaient pendant la saison malfaisante : cependant tous moururent, et ce canton devint désert , et ses rivières et ses
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DRS PÈLBBINS POLONAIS. 89
bosquets d'oliviers devinrent Thabitation des sangliers.
Et la maVarla gagna un autre canton ; et'jes habitants recommencèrent leurs fumigations et leurs désertions^ jusqu'à ce qu'il se trouva un homme sage qui leur dit :
« L'air mauvais émane d'un marais à cinquante milles d'ici ; allez donc et desséchez ce marais , en déversant l'eau qui s'y trouve : et si vous mourez vous-mêmes de la fièvre, vos enfants hériteront de vos peines, et tout le canton vous bénira.
Mais ces hommes paresseux hésitèrent à aller si loin et craignirent la mort; aussi moururent-ils bientôt dans leurs lits. Cependant la malaria poursuit sa route, et déjà dix cantons en sont infectés.
— Car quiconque n'ose quitter sa maison pour aller droit au mal et pour l'extirper de la terre, verra le mal venir à lui pour le tuer.
Rappelez'vous que vous êtes parmi les gentils comme un troupeau parmi les loups, et comme un camp dans un pays ennemi; et la concorde régnera parmi vous.
Les brouillons sont comme les brebis qui se détachent du troupeau, car elles ne sentent pas le loup; ou comme les soldats qui s'écartent du camp, car ils ne voient pas l'ennemi : mais s'ils le voyaient et le sentaient, ils resteraient unis.
Et vous n'avez pas pour ennemis que la trinité diabolique ; mais aussi tous ceux qui parlent et agissent au nom de cette trinité, et le nombre en est grand parmi les gentils : tous adorateurs de la Force, de l'Équilibre , de l'Arrondissement et de l'Ëgoïsme.
Vous n'êtes pas tous également bons; mais le pire d'entre vous est meilleur qu'un gentil soi-disant bon : car chacun de vous a l'esprit de sacrifice.
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Et si quelques-uns d'entre vous diffèrent des autres^ c'est parce qu'ils se vêtissent'comme les gentils; les uns ont mis des calottes rouges à la française^ les autres ont endossé l'hermine à l'anglaise^ quelques-uns se sont affublés de toges et de barrettes à l'allemande : et sous ces déguisements une mère ne reconnaîtrait pas ses .propres enfants.
Mais lorsque tous s'habilleront de polonaises, tous se reconnaîtront frères; tous iront s'asseoir sur les genoux de leur mère : et elle les embrassera tous avec le même amour.
Ne creusez pas sans cesse le passé pour en mettre au jour les erreurs et les crimes. Vous savez que le confesseur nous défend de nous souvenir de nos fautes passées^ et à plus forte raison d'en parler aux autres; carde tels souvenirs et de tels discours nous font retomber dans le péché.
Ne vous écriez pas : «c Voici un homme qui a sur lui telle tache^ je dois la montrer ; voilà un homme qui a commis telle ou telle faute ^ je dois la faire connaître. ?> Soyez-en sûrs» il se trouvera des hommes dont le devoir sera de fouile- 1er dans toutes ces souillures^ et des juges auxquels il appartiendra de les juger^ et un bourreau qui les punira.
Quand vous allez par la ville , est-ce à vous de nettoyer le pavé quand il y a de la boue ? Et si vous rencontrez un voleur que Ton mène en prison, est-ce à vous de le traîner au gibet? Il y a d'autres hommes que cela concerne. |
Et ces hommes ne manqueront jamais ; car , lorsqu'une | dynastie de bourreaux s'est dernièrement éteinte dans une j ville française, il se présenta aussitôt pour la remplacer trois cent soixante-six candidats 4^. I
En parlant du passé, si vous répétez: a Dans telle bataille on a commis telle faute, et dans celle-là telle autre, et dans cette marche telle autre, » c'est bien. Mais ne vous croyez pas pour cela fort habiles ; car il est aisé d'observer les défauts et difficile d'apprécier les qualités du prochain.
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DES PÈLBEmS POLONAIS. 91
Si dansun tableau il se trouve une tacke noire ou un trou^ le premier sot venu les apercevra; mais le connaisseur seul sentira les beautés du tableau.
Les hommes bons jugent en commençant par le bon côté ; les hommes mauvais, par le mauvais.
£n se préparant à Tavenir, il faut revenir mentalement sur le passé; mais seulement comme un homme qui^ se disposant à franchir un fossé, recule de quelques pas pour prendre un meilleur élan.
Vous êtes parmi les gentils comme des naufragés sur une plage inconnue.
t (Jn vaisseau ayant échoué , une partie de son équipage se réfugia sur la rive étrangère.
Or^ il y avait parmi ceux qui s'étaient sauvés des soldats, des matelots ou gens de mer, des artisans et des savants qui écrivaient des livres.
Tous se lamentaient et voulaient retourner dans leur patrie. Ils entrèrent donc en délibération.
Le peuple de ce rivage ne leur donnait ni vaisseau ni pirogue ; et , comme il était avide , il ne leur donnait du bois qu'à prix d'argent.
Ils allèrent donc dans la forêt, et commencèrent à examiner les arbres, et à discuter sur le nombre qu'il leur faudrait de ces arbres , et sur le genre de vaisseau qu'ils auraient à construire. Serait-ce un vaisseau pareil à l'ancien ou fait sur un nouveau patron? Une frégate, un brick ou bien une goélette?
Cependant les hommes du rivage accoururent au bruit de leur dispute , et chassèrent les naufragés hors du bois.
Ils recommencèrent donc à se lamenter, et ils entrèrent en délibération.
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