‹ Œuvres poétiques complètes de Adam Mic̜kiewicz, tr. du polonais, d'après l'édition posthume de 1858Chapitre 18 sur 36 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Les uns disaient que le naufrage avait eu lieu par la faute du pilote^ et voulurent tuer le pilote; mais il était déjà noyé. D'autres accusaient les marins; mais^ comme peu de marins avaient survécu , ils n'osèrent les tuer de peur de ne pouvoir se guider eux-mêmes sur la mer ; ils se contentèrent donc de les réprimander et de les tourner en ridicule.

Quelques-uns démontraient que le naufrage avait été produit par le vent du nord ; d'autres en incriminaient le vent d'ouest : d'autres en accusaient un rocher sous-marin. Et il survint entre eux une grande querelle qui dura une année tout entière; et l'on n'avait rien décidé.

Ils se dirent alors : « Séparons-nous et cherchons des moyens de vivre, n Les charpentiers s'en allèrent dresser des charpentes; les maçons maçonner des murs^ et les savants faire de la science pour les gentils : chaque artisan selon son "métier.

Et il advint que tous soupiraient après la patrie ; et les uns ne savaient pas bâtir selon les mesures des architectes gentils^ et les autres ne connaissaient pas les écritures de ces gentils.

Ils se lamentaient donc de plus bel|e> et ils entrèrent de nouveau en délibération.

Et il se trouva entre eux un homme simple qui avait gardé jusqu'alors le silence^ car il était pacifique ; celui-là leur dit :

« En travaillant pour avoir de quoi vous nourrir, vous oubliez que nous devons retourner dans la patrie; et nous n'y retournerons que montés sur un vaisseau et par mer.

K Ainsi, que chacun de vous fasse] des maisons^ des murs ou des livres ; mais aussi que chacun achète une hache et qu'il apprenne à nager.

<£ Et que ceux d'entre nous qui sont marins étudient la mer et les rivages , et les vents de ce pays.

« Et lorsque nous Serons prêts , nous irons dans ce bois

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et nous construirons viteun vaisseau, avant que les hommes de ce rivage n'aient eu le temps de se reconnaître; et s'ils veulent nous te défendre, alors ayant des haches, nous pourrons leur tenir tète. » Ils dirent alors : « Procédons au choix d'un pilote. »

Les uns le voulaient très-vieux , les autres le voulaient très-jeune; les maçons un autre, les savants un autre. Et cette querelle dura une demi-année, sans qu'ils eussent rien décidé.

Mais le même homme simple leur dit : « Choisissez d'abord un charpentier qui vous construise vite un vaisseau ; et, pour le moment, faites-le construire d'après l'ancien modèle : car nous n'avons pas le temps d'en essayer un nouveau .

a Et lorsque nous serons montés à bord et que nous aurons mis à la voile, nous assemblerons ceux d'entre nous qui sont marins, et nous leur ferons élire parmi eux un pilote.

« Les marins, non plus que nous, ne voudront pas se noyer, et ils éliront un bon pilote.

a Et si même alors nous étions en dissentiment, nous en aurons bientôt fini ; car les mutins seront garrottés ou jetés par-dessus le bord. Et tant que nous serons sur ce rivage , nos mésintelligences ne finiront jamais; car il nous est défendu de tuer ou de garrotter personne, d

— 11 fut fait selon ses conseil?; et les naufragés mirent heureusement à la voile.

xn.

Dans vos assemblées et vos délibérations n'imitez pas les gentils.

Car quelques-uns d'entre vous commencent à discourir, à délibéer ou à conspirer, toutes choses pour lesquelles il faut de la sagesse et de l'harmonie , par un dîner ou un souper, par le boire et le manger.

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Or^ ^ui a jamais vu qu'un estomac repu donnât la sagesse , ou que la bonne harmonie sortît d'une tète avinée^ ou que la viande et la boisson fissent ressusciter la patrie?

Et de pareils conciliabules ne réussissent pas; car tel commencement, telle fin.

Et les médecins savent qu'un enfant engendré par un père après boire, est communément un idiot, et meurt avant l'âge.

Vous donc , entrez en conseil et en assemblée d'après les mœurs de vos pères , en allant à la messe et communiant ; et ce que vous aurez statué de cette manière, sera sage.

Et l'on ne vit jamais que les hommes fussent brouillons ou peureux le jour où ils avaient pieusement approché de la sainte table.

Entrés en conseil ou en assemblée , humiliez-vous à vos propres yeux; car sans humilité, point de concorde.

Et voilà pourquoi on ne dit pas aux hommes : « Élevez^ vous à la concorde, » mais on leur dit : « Laissez-vous fléchir à la concorde *. »

Et celui qui veut lier en faisceau les sommets des arbres doit d'abord les incliner; inclinez donc vos raisons orgueilleuses, et vous aurez la paix.

Dans vos fêtes n'imitez pas les gentils ; car les idolâtres parmi lesquels vous vivez célèbrent les anniversaires de réjouissance et de deuil toujours de la même manière c'està-dire en mangeant et en buvant : le ventre et la table sont leurs dieux et leurs autels.

Vous, au contraire, célébrez vos anniversaires, la fête de l'Insurrection**, la fête de Grochow ***, la fête de Waver****,

* Cette distinction est beaacoup phis sensible dans le polonais. ** Le 29 novembre 1830.

*** Victoire remportée par 30,oOo hommes de troupes polonaiiies sur 100,000 hommes de troupes russes, le 25 février I83i. **«' Victoire remportée le vendredi-saint ci ta veille de Pâques en I83l.

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DES PBLEBIN8 POLONAIS. m

selon les mœurs des aïeux; en allant le matin à TégUse et en jeûnant tout le jour.

Et l'argent épargné ce jour sur votre table, donnez*le à vos anciens pour en nourrir votre mère, la patrie. Et pour une pareille solennité, vous n'aurez besoin ni de la permission d'un magistrat, ni de louer une grande maison, ni de vous rassembler tumultueusement sur les places publiques.

Dans vos costumes n'imitez pas les gentils; car les idolâtres parmi lesquels vous vivez veulent rendre la magistrature respectable non par le dévouement, mais par le costnme : et ils la cousent dans la pourpre, dans l'hermine, la rendent semblable à une fille de joie toute fardée et toute parée, qui, plus elle devient laide , plus elle met de soin à sa toilette.

Vous autres portez les polonaises d'insurgés, vieux et jeunes ; car vous êtes tous soldats de la patrie insurgée : et en Pologne c'était le costume que l'on donnait aux mourants *.

Et beaucoup d'entre vous mourront dans le costume d'insurgés ; et que tous soient prêts à mourir.

Qui donc ne reconnaîtrait pas sous la polonaise d'insurçé l'homme qui a vaincu à Waver, et Thomme qui a vaiftcu à Sloczek, et l'homme qui a opéré sa retraite avec l'armée lithuanienne, et l'homme qui a commandé le régiment de Volhynie, et l'homme qui a dit dans les premiers jours de l'insurrection : « Jeunes gens, exécutez votre projet; allez et combattez ! » et ces mêmes jeunes gens qui les premiers chassèrent le tyran ^'^, et les hommes qui les premiers ont crié : fi ^4 bas Nicolas***! « Leurs noms sont assez connus par le monde.

Et qui sait comment s'appelle le roi de Nafdes ou le roi

* Le nom polonais de cet habit est czamara (prononcez Ichamara),

** Les dix-sept conjarés du Belvédère.

*** Roman Soltyk, Antoine et Vladislas Ostrowitki.

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de Saffdaigne, quoiqu'ils portent la pourpre royale ? qui connaît les noms des ûls de rois dans les autres pays^ et les noms des maréchaux, des généraux^ porteurs de bâtons et de rubans? Personne ne les connaît.

Et si Ton en connaît quelques-uns^ c'est qulls se distinguent par leur dépravation et leur turpitude ; comme dans une petite ville on sait les noms du fameux bandit et du célèbre escamoteur, ou du bateleur qui court les rues pour divertir le peuple.

Bt telle est la renommée du tzar Nicolas^ et du petit tzar de Lisbonne^ et du petit tzar de Modène , et de beaucoup de tzars > de rois et de ministres que vous savez.

Portez donc les polonaises d'insurgés.

Et celui qui doit mettre un costume plus somptueux et qui en a les moyens, qu'il agisse ainsi qu'il suit : si le vêtement coûte dix écus, après l'avoir payé qu'il dépose dix autres écus pour le vêtement de la ^patrie. Vous ferez de même quant à votre nourriture et à votre logement , qui seront ceux des soldats; et vous soumettrez tout ce qui dépasse l'ordinaire d'un soldat, à un impôt bénévole.

Et toutefois ne contrôlez pas les autres dans leur nourriture, leurs habits et leur logement; mais ayez soin de vousmêmes : car ce conseil a été écrit afin que vous l'appliquiez, non pas aux autres, m^is à vous-mêmes, r Soyez indulgents envers les autres et sévères envers vousmêmes; car selon que vous jugez les autres, vous-mêmes serez jugés.

Considérez encore le mystère suivant :

Que celui qui juge son prochain avec trop de rigueur pour une faute, soit de timidité, soit d'incurie, soit de versatilité, est sur le point de tomber dans la même faute; et sera jugé de même par les autres.

C'est un mystère que certain Polonais pieux a pénétré, et qu'il vous révèle.

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Un poltron est taxé le plus sévèrement par d'autres poltrons ; un voleur par d'autres voleurs : un fou est surtout bafoué par d'autres fous. ^

L'homme sage et courageux est indulgent dans ses paroles ; toutefois s'il devient chef ou juge, et si le peuple arme ses mains du glaive^ alors il est sévère : il juge et punit selon sa conscience^ car le peuple entier décrète par sa bouche^ et la main du peuple tue avec son glaive.

Et l'homme vain est sévère dans ses paroles^ tant qu'il n'est pas sorti de la foule ; et, dès qu'il devient ancien du peuple et jvige, alors il trahit son peu de valeur : indulgent et craintif, il ne juge pas selon le cœur du peuple, mais selon ses amitiés et ses haines.

Si vous dites injustement de quelqu'un : « C'est un traître ! » ou si vous dites injustement de quelqu'un : « Cest un espion l » soyez certains qu'au mêmt instan' d'autres disent de vous la même chose.

Ne vous divisez pas entre vous en disant : « Je suis de l'ancienne armée et toi de la nouvelle; j'ai été à GrochoW et à Ostrolenka, et tu n'as été qu'à Ostrolenka; j'ai été soldat, et tu n'as été qu'insurgé : je suis Mazour*, et tu es Lithuanien. »

Que ceux qui parlent ainsi liseu^ dans l'Évangile la parabole des ouvriers qui vinrent travailler à la vigne, les uns appelés dès le matin, les autres à midi, et les autres le soir,, et qui tous reçurent le même salaire. Et ceux qui arrivèrent les premiers portèrent envie aux autres; et le Seigneur leur dit : « Hommes envieux, qu'est-ce à dire? n'avez-vous pas reçu votre salaire? »

Vous trouverez beaucoup de fils de soldats chez les étrangers; mais il n'y a que parmi vous des fils d'insurgés.

* Habitant de la Mazovie, province polonaise, donl Varsovie est le chef-liea.

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Le Mazour et le Lithuanien sont frères ; les frères se querellent-ils entre eux parce que Tun s'appelle Vladislas et l'autre Vitold? Ils ont un même nom, celui de Polonais.

Ne TOUS disputer pas touchant vos mérites, vos grades et vos décorations.

t Une fois, des soldats pleins de courage livraient assaut à une viUe ; une échelle fut dressée contre le mur, et Tarméo s'éoria : « Le premier qAii mettra le pied sur le mur aura la grande croix du mérite militaire. »

La première escouade accourut; et, comme chacun voulait monter le premier à Téchelle, ils commencèrent à se débattre entre eux : ils renversèrent l'échelle et furent tués un à un du haut des murs.

Une seconde échelle fut dressée , et une seconde escouade accourut; et celui qui le premier sauta sur les échelons fut suivi par ses cam9rades, sans que personne s'y opposât.

Mais le premier soldat, ayant parcouru h moitié de l'échelle, se sentit défaillir; il s'arrêta^ en obstruant le chemir aux autres. Celui qui le suivait, se débattant avec lui, l'enleva de l'échelle, et le jeta en bas, et fit rouler tous les autres; il se fit un grand désordre : et tous furent tués du haut des murs*

Alors on ajusta une troisième échelle, et la troisième escouade s'élança pour monter. Le premier soldat fut blessé, et ne voulut plus avancer ; mais celui qui le suivait était un homme robuste et de taille géante. Donc, sans rien dire, il saisit son chef de file à bras le corps, et le porta devaut lui en se couvrant avec son fardeau comme avec un bouclier, et le posa debout au sommet du mur; sur quoi, les autres arrivèrent : et la citadelle fut emportée.

Et ensuite, l'armée se réunit en conseil de guerre et voulut

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décerner la grande croix à ce soldat rigoureux ; mais il leur parla ainsi :

« Camarades^ tous avez proclamé que le premier d'entre vous qui mettrait le pied sur le mur recevrait la décoration ; et voici un soldat blessé qui est monté avant moi : à lui donc la décoration , c'est par lui que Dieu a conquis la ville.

« Ne l'estimez pas à la légère en disant qu'il ne doit la première place qu'à l'agilité de ses jambes; car l'agilité est une qualité du soldat aussi recommandable que la force et le courage.

« Ne dites'pas qu'il n'a rien fait; car s'il n'eût pas été blessé devant moi, c'est moi qui aurais reçu la blessure : et peutêtre aujourd'hui Ja ville ne serait pas entre nos mains. Et celui qui couvre et^défend est égal en tout à celui qui combat, et le bouclier vaut le glaive. Reprenez votre décoration; car tous savent ce que j'ai fait *^. r>

— Dieu donne la victoire en se servant de l'agilité de l'un, du courage de l'autre, de la force du troisième; et dès qu'un homme habile ou fort au lieu de pousser en haut son camarade le jette à bas, il fait naître le désordre pour recueillir la défaite : et s'il se vante de son mérite, il sème la discorde.

Que chacun de vous donne à la patrie son talent, comme il jette son aumône dans un troiic, en secret et sans dire combien il donne. Un jour viendra où le tronc sera rempli; et Dieu tiendra compte à chacun de ce qu'il aura déposé.

Mais si vous vous glorifiez d'avoir déposé tant, les hommes se riront de vous, et reconnaîtront que vous n'avez fait don de votre talent que pour vous en prévaloir.

Les services rendus à la patrie sont comme la poudre à canon.

Celui qui répandra la poudre sur une grande étendue et

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rallumera^ ne produira qu'un éclair sans force, sans bruit et sans effet.

Mais celui qui mettra la. poudre en terre^ l'enfouira profondément^ l'allumera^ non-seulement bouleversera la terre et la mer avec bruit et plein succès; mais de plus, les hommes témoins de Texplosion se diront : u Certes, il y a eu là beaucoup de poudre. » Et cependant il n'y en eut que fort peu, mais dans une mine profondément enterrée.

De même aussi le mérite profondément cacbé se mon* trera plein de gloire. Et si quelqu'un le cache de telle sorte qu'il ne se montre jamais sur cette terre, il se montrera dans l'éternité ; son retentissement sera infini , soaéclat im« périssable : et sa victoire, éternelle.

Un service rendu à la patrie est comme un grain. Celui qui le prend dans sa main et le montre à tous à la ronde en criant : « Voilà un beau grain! » celui-là le fera dessécher et n'en retirera aucun profit- Mais celui qui sème ce grain enterre et prend patience pendant quelques semaines^ celui-là verra le grain produire unépi.

Et celui qui garde le grain avec l'épi pour Tannée prochaine, pour la vie future, celui-là doit en retirer cent grains ; et de cette centaine, des milliers de milliers *7.

Par conséquent plus longue est l'attente, plus grande est la rémunération ; et celui qui n'en reçoit aucune ici-bas, recevra là-haut la plus grande de toutes.

Et que penser des hommes qui se plaignent en disant : « Nous avoçs été braves, et nous n'avons eu ni grade ni décoration! » Avez-vous donc combattu pour des grades ou des rubans? Celui qui combat pour un ruban ou pour un grade n'a qu'à se mettre aux gages des Moskovites.

Et que penser des hommes qui se plaignent en disant : « Celui-ci à droite est un poltron, et il est décoré; celui-là à gauche est un ignorant, et il a reçu un grade! » Est-ce qu'un

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bon soldat en s'élançant sur Teiinemi regarde adroite et à gauche? Il regarde et marcbe droit devant lai. Car celui qui regarde à droiteet à gauche est un poltron, fixamiatr et^asser en revue^ c'est Taffaire du chef de Tannée*

Et que penser des hommes qui se plaignent en disant ; « Notre chef a commis une faute^ en distribuant les grades et les décorations à des hommes indignes ! » Car chacan lott aisément les défauts du chef et ne voit pas ses bonnes qua^ lités ; comme chacun ne voit que son propre mérite^ sans voir ses défauts.

Or, souvent ce qu'il y a de bon dans le chef est plus nécessaire au bien de la nation que le bien qui est en nous.

Est-ce que vous ne savez pas que Dieu le fils a admis un traître parmi les douze apôtres? Donc, si un chef mortel parmi les douze citoyens qu'il appelle aux grades et aux décorations n'en choisit que cinq mauvais, ce chef est parfait.

Et parmi les apdtres saint Jean a été le plus aimé , bien qu'il fût le plus jeupe et qu'il o^eût aucUae missi<m particulière ; qu'il ne fût ni vicaire du Christ comme saint Pierre, ni destiné à la vocation des gentils comme saint Paul, ni trésorier comme Judas.

Et toutefois Jean lui seul a prophétisé dans VJpoccUypêe^ eut.le nom d'Aigle, et sa fin fut un mystère; et beaucoup croient qu'il n'est pas mort, mais qu'il vit jusqu'au jour d'aujourd'hui : et l'on ne croit cela d'aucun autre apôtre que de Jean.

Vous voyez donc que le mérite sans rémunération temporelle est devenu plus éclatant dans la suite des âges. -

Vous êtes parmi les gentils comme les hôtes cherchant des convives, et les invitant chez eux au banquet de la liberté.

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+ GeFtski h^ insensé ayant trou vides convives, leur montra d'abord danssanaison lescoins où l'on jette les balayures, et les autres endroits sordides ; de sorte qu'il leur fit mal au cœur et que personne ne voulut s'asseoir à sa table.

Mais UB hôte sage conduit tes convives à la salle du banque! par an vestibule sans souillure. Il y a dans toutes les maisons des endroits pour les immondices, mais cachés de tou$ les regards.

lien est ^arml vous qui en parlant auit étrangers de la patrie, commencent par ce qu'il y avait de plus défectueux dans ses lois et ses institutions *, il en est d'autres qui commencent parce qu'il yavaitde plus beau et digned'^tre vu en premier lieu. Or, dites-moi lesquels d'entre eux sont les hôtes insensés et les hôtes sages, et lesquels doivent réussir avec leurs convives?

-<-Ne jetezjpas des peries aux pourceaux. Ne parlezpas à tous les gentils des grandes choses que votre nation a faites pour le salut de l^lmmanité ^ car les uns ne vous croiront pas , et les au^es nd vous comprendront qu'après leur conver»

t Un chrétien demeurait auprès d'une forêt dont il était forestier. U découvrit un brigand qui sortait de la forêt, et s'aehem'itifttt vers une auberge tenue par des juifs qu'il voulait assommer et dépouiller. Le brigand dit au forestier : « AHonsensemble contre les juifs, et nous partagerons leurs dépouilles. »

Le forestier avait à la main un fusil, mais chargé seulement de menu plomb eontre les oiseaux. Cependant, il se jeta sur le brigand, le blessa; mais il reçut lui-même une blessure plus grave. Us se saisirent à la gorge et luttèrent longtemps, jusqu'à ce que le brigand eut terrassé le forestier, l'eut fouie aux pieds et l'eut abandonné le croyant mort. Illiais étant blessé aussi et perdant beaucoup de sang, il ne put accomplir son brigandage, et il s'en retourna dans la

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forêt. Le forestier^ de son c6té^ se traîna jusqu'à Tauberge pour y chercher du secours.

LE FOUESTIER^ aax Joifi.

Voilà que j'ai rencontré un bandit et je l'ai blessé en le forçant à retourner dans le bois; mais aussitôt qu'il sera guéri de sa blessure^ il reviendra : et s'il ne revient pas ici^ il ira piller d'autres juifs dans d'autres auberges. Allez donc; saisissez-le, et liez-le : et si vous avez peur, aidez-moi seulement. Le brigand est un homme à la longue main; mais, comme il est affaibli, nous en viendrons à bout.

Or, les juifs avaient vu de leur cabaret ce qui s'était passé ; ils savaient qu'il les avait sauvés du pillage : mais ils craignaient qu'il ne réclamât un salaire.

Ils affectèrent donc un grand étonnement, en lui demandant d'où il venait et ce qu'il désirait. Les vieux juifs lui donnèrent de l'eau-de-vie et du pain, et les petits firent semblant de pleurer de pitié.

LES JUIFS

Nous ne croyons pas que le brigand voulut nous tuer; il nous rendait visite autrefois, buvait noire eau-de-vie, et ne nous faisait aucun mal.

LE FORESTIER

S'il a été ici, tant pis pour vous; car il a examiné votre maison et vos coffres-forts : et il a vu la maison habitée par des juifs, c'est-à-dire par des gens au cœur faible et timide.

LES JUIFS

Ne blasphème pas contre la race juive; n'est-ce pas elle qui a produit David, qui tua Goliath, et Samson, le plus fort des hommes?

LE FORESTIER

Je suis un homme peu versé dans les livres. J'ai entendu dire à mon curé que^ce David et ce Samson avaient vécu, et qu'ils ne sont pas à la veille de ressusciter; songez donc à vous-mêmes.

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104 LIVBE

LES JUIFS

Ce n'est pas notre affaire de purger les forèls des brigands; il y a pour cela des magistrats et des gendarmes. Va, et dis-le leur.

LE FORESTIER

Pour vous défendre, je n'ai pas invoqué les magistrats; je n'ai pas attendu les gendarmes.

LES JUIFS

Tu t'es défendu toi-même.

LE FORESTIER

Je pouvais cependant aider le brigand à vous dépouiller ou le suivre de loin sans rien dire; et il aurait partagé avec moi votre bien. Je pouvais aussi ne pas sortir de chez moi,

LES JUIFS

Tu nous défendais , car tu comptais sur un salaire ; eh bien ! nous t'avons donné de l'eau-de-vie et du pain, et nous avons pansé ta blessure : et nous te donnerons encore un écu sonnant.

LE FORESTIER

Foin de votre salaire! et pour le pain, l'eau-de-vie et les médicaments, je vous renverrai de l'argent dès que je sera de retour chez moi.

LES JUIFS

Tu t'es battu avec le brigand; car nous savons que tu es un homme enclin aux querelles, et que tu te plais à batailler, sinon à chasser les bêtes fauves.

LE FORESTIER

Si j'étais sorti pour me battre, je me serais mieux armé; j'aurais pris des balles et un couteau de chasse, je serais sorti plus tôt ou plus tard : et vous avez vu que je ne suis sorti ni plus tôt ni plus tard, mais au moment même où j'ai vu l'homme bandit qui marchait contre vous.

LES JUIFS, très-étonnés.

Parle donc, et nous dis toute la vérité; pourquoi as-tu fait

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DBS PfeLBBIKS POLONAIS. tOS

ce que tu as fait^ et quetles étaient tes pensées . car ta es un homme singulier!

L8 V0RB8TIER. '

Voilà ce que je ne vous dirai pas; et je vous le dirais que vous ne le comprendriez pas^ car autre est la raison judaique et autre la raison chrétienne : mais si vous vous convertissez au christianisme^ vous le comprendrez sans que j'aie besoin de vous le dire.

Et ayant dit cela^ il s'en alla de chez eux. Or, en marchant^ il gémissait de ses blessures. ^ LES JUIFS, eptrt . eai>

11 se vante d'être brave, et il gémit; ses blessures ne sont pas graves;.* il gémit seulement pour faire peur à nos enfants.

— Ces juifs savaient bien qu'il était grièvement blessé; mais ils sentaient qu'ils avaient mal fait, et ils voulaient se persuader à eux-mêmes qu'ils n'avaient pas mal fait : et ils parlaient haut pour assourdir la voix de leur conscience.

Vous êtes sur la terre infidèle,. hors la loi, comme des voyageurs qui, dans un pays inconnu, seraient tombés dans un piège.

t Certains voyageurs tombèrent dans une fosse à loup. Il y avait parmi eux des maîtres, des domestiques et un guide.

Et dès qu'ils se virent au. fond de la fosse ils la mesurèrent des yeux; et, quoiqu'ils ne dissent mot, ils prévirent ce qu'il y avait à faire.

Le plus fort et le plus gros d'entre eux se tint debout au fond de la fosse, et le second monta sur ses épaules, et le troisième monta sur les épaules du second, et le guide monta sur les épaules du dernier.

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tOO LIYBE I

£« et fatsanl «iiisi la eourte échelle^ ils n'eurent pas égard | à leurs distinctions de maîtres ou de valets; mais ils se rangèrent d'après Tembonpolnt et la largeur des épaules.

Ils jBgèrent done qu*il fallait placer le guide en faaut^ et le faire sortît le premier delà fosse ; parce que^ connaissant le» lieux éV les chemins , ri pourrait trouver le plus tôt du i secoors.

Et quand le guide fut dehors^ ils attendirent en silence^ en se restaurant avec la nourriture qu'ils avaient dans leurs besaces^ et la distribuant à chacun selon sa faim.

Quelques-uns craignaient que le guide ne les laissât là; mais ils ne disaient rien pour ne pas décourager leurs caniara<fes, et se dirent seulement à part : « S'il nous trahit^ nous aurons le temps de nous en plaindre. »

Après quelques moments^ le guide amena des hommes et retira lés voyageurs, et les conduisit au village.

ïls se séparèrent donc en silence, et se dirent tout bas : « Le guide n'est qu'un sot; mais, comme il a péché par sottise et non par mauvaise volonté, et qu'il a déjà eu assez peur lui-même, laissons-le partir en paix : et, une autre fois, choisissons un meilleur guide, n

Et le guide peniïa : « le me suis trompé, et j'ai failli perdre ces braves gens; une autre fois, je ne me chargerai plus jamais de guider personne. »

Et entre ces hommes, depuis l'instant de leur chute jusqu^'à celui de letnr sortie, régna un morne silence.

L'année suivante , d'autres voyageurs tombèrent dans lamèiiie fosse avec un antre guide; et ils imaginèrent de se sauver par le inêaie moyen >

Mais il y eut discussion au sujet de celui qui resterait en bas^ ear les maîtres ne voulurent point prêter Vépaule aux domestiques; et ceux-ci craignirent que leurs maîtres, une .fois sortis, ne les abandonnassent à leur sort.

Et tous craignaient de lâcher le guide; car en punition de

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son erreur^ ils le frappaient et rinjariaient : il fut 4onc forcé de leur jurer par ses grands dieux qu'il reviendrait.

Dès qu!il fut sortie il pensa : a Ce sont de méchantes gens^ et ils trament quelque chiose contre moi; car ils m'ont ténioigaé peu de confiance : laissons-les dans la fosse. » H prit donc le chemin de sa maison.

Et les voyageurs mouraient de faim depuis plusieurs jours> lorsque 9 par hasard^ des hommes les trouvèrent et les retirèrent de la fosse^

A peine eurent-ils été mis en liberté, que les uns voulurent poursuivre leur chemin ^ les autres voulurent chercher et punir le guide infidèle. Us se disputèrent donc, et se séparèrent.

Les plus emportés allaient maudissant et menaçant leur guide ; et il arriva que personne ne voulut leur serviir de guide ; malgré leurs prières et leur argent.

Et le guide infidèle jurait et criait qu'il n'était pi^s coupable^ que ces hommes s'étaient égarés par leur faute; et^ pour prouver sa connaissance des lieux et des chemins , il s'engagea comme guide avec d'autres voyageurs. Et gràoe à lui, il leur arriva ce qui était arrivé aux premiers.

Et depuis l'instant de leur chute jusqu'à celui de leur délivrance , ce fut pour ces derniers une dispute continuelle.

xvu.

Vous êtes en pèlerinage sur la terre infidèle comme était le peuple de Dieu dans le désert.

Gardez-vous^ pendant votre pèlerinage, de vous pkindre, de murmurer et de douter; car ce sont des péchés mortels.

Vous savez que lorsque le peuple de Dieu s'en retournail à la terre de ses aïeux, à la Terre sainte, il était en pèlerinage dans le désert; et, parmi le peuple de Dieu, il y avait beau(:oup de pèlerins qui regrettaient l'Egypte et qui di*

iOe LIVBS '

saient : « Retournons dans la terre d'esclavage ; nous y serons captifs , mais noos aurons force oignons et viande. »

Et rÊcriture nous apprend que le Seigneur, offensé^ prolongea le pèlerinage de cette nation dans le désert jusqu'à la mort de tous ceui qui avaient regretté TÉgypte; car aucun d'eux ne devait voir la Terre sainte.

Vous savez qu'il y en eut d'autres parmi le peuple de Dieu qui ne croyaient pas à leurs prophètes^ et qui disaient : « Et comment pouvons-nous reconquérir la terre de nos aïeux ^ lorsque nous avons contre nous des rois puissants et des peuples qui semblent des peuples de géants? i>

Et l'Écriture ajoute que le Seigneur, offensé de* ce manque de foi, prolongea de nouveau le pèlerinage de cette nation dans le désert jusqu'à la mort de tous ceux qui avaient douté de lui; car aucun d'eux ne devait voir la Terre sainte.

Et non-seulement ceux qui avaient hautement murmuré et perdu la foi, mais aussi (5eux qui avaient murmuré et douté dans leurs cœurs, moururent dans le désert; car Dieu lit dans les cœurs comme dans un livre otivert pour lui, bien que scellé pour tous.

C'est pourquoi gardez-vous du péché de murmure et de doute, pour ne pas prolonger les jours de votre pèlerinage.

Et comme dans le camp du peuple éhi il y avait des pestiférés atteints de la lèpre ou de la gale, de même aussi parmi vous on rencontre des pestiférés et des galeux, c'est-à-dire de mauvais Polonais. Fuyez-les, car leur mal est plus contagieux que la lèpre; or, vous les reconnaîtrez aux signes que voici :

Le pestiféré ne croit pas à la résurrection de la Pologne, quoiqu'il se soit battu et qu'il soit en pèlerinage pour elle. Et sa maladie se révèle par des propos comme ceux-ci r « Je savais que finsurrectionétaitune folie; mais je me suis battu vaillamment pour la cause de l'insurrection, comme un bon soldat doit le faire. Je sais qu'il est impossible de re-

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DES PÈUmiHS POtONAlS. 109

conquérir la Pologne ; mais en homme d'honneur je poursuis mon pèlerinage. »

Dès que vous aurez entendu de tels propos^ fuyez en vous bouchant les oreilles , et rapportez-les aux anciens ; et les anciens déposeront sur-le-champ le pestiféré de ses fonctions^ s'il est fonctionnaire» et le dépouilleront de sa polonaise s'il est Pèlerin : et lui prescriront de méditer chez lui pendant un nombre de jours déterminé.

Et après ce nombre de jours» ils s'assureront s'il est guéri» et si la grâce et la foi ont éclairé son âme; une fois rétabli» s'il renonce au péché » on le proclamera purifié : et il sera réintégré dans le corps des Pèlerins.

Mais si le malade tient les mêmes propos qu'auparavant» les anciens lui mettront le masque» en publiant qu'il est impur. Et tous le fuiront» et sa personne et ses discours : car il n'est ni un bon soldat» ni un homme d'honneur; mais un insensé et un pervers.

Car s'il allait au feu dans les combats» le cheval aussi que montait le krakuse en Téperonnant et le cheval aussi qui traînait le canon sousje fouet du conducteur allaient au feu ! et peut-on appeler bon soldat un dieval du train ou des krakuses*?

Et si le pestiféré dit qu'il se bat pour l'honneur» un officier moskovite dit aussi qu'il se bat pour l'honneur; et l'Italien» en tuant son rival d'un coup de stylet» dit aussi qu'il venge son honneur : or» que signifie cette folle idolâtrie du Pointrd'honneur?

En vérité» je vous le dis» un soldat qui combat sans avoir foi dans la justice de sa cause n'est qu'une bête féroce» et le chef qui le conduit au feu sans cette foi n'est qu'un brigand.

* Les régimenU des krakuses étalent oeUe cavalerie improvisée avec les paysads des environs de Krakovie, gui à Stoczek a remporté la première victoire sur les lUuses, en 1831.

mçKiËWicz. T. II. 10

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1 to uns

lA pestiféré combat smr la plaine «t t«e éenx «mieiiiis ; et

de retour dans la tente il corrompt le cœur 4e» soldats^ et lue les âmes de dix des siens. '

11 ressemble à un bomme qui va à l'église et se met à genoux ; et ^i 3 de retour dans sa maison , se moque ^ en présence des enfants^ de IKeu et de la foi.

Et qu'il ne s'excuse pas en disant qu^ntre chose est la conduite ou l'action y et autre chose la pensée ou la parole; car on peut pécher aussi gravement contre la patrie par des paroles que par la pensée : et aucun de ces péchés n'échappera à son châtiment.

Telles sont les précautions à prendre contre les pestiférés dans le pèlerinage polonais.

xvm.

Vous êtes parmi le^gentils comme étaient lesapôtres parmi les idolâtres.

Ne vous emportez pas contre les idolâtre»; comh«ltez4es par la parole , et d'autres les vaincront par le glaive : et ce sont les juifs qui les vaincront^ ou les hommes selon la loi ancienne^ qui adorent laSouveraineté-du-peuple^ et l'Égalité, et la Liberté. Ils haïssent les idolâtres et n'ont pas l'amour du prochain; et ils sont envoyés de Dieu pour l'extermination des idolâtres de Ghanaan.

Et ils briseront leurs idoles ^ et ils jugeront les idolâtres selon la loi de MoTse et de Josué^ de Robespierre el de Saint- Just^ en exterminant depuis l'enfant à la mameHe jusqu'au vieillard^ depuis le taureau j usqu'au ehien ; car leur ô^tn, qui s'appelle la Souveraineté-dU'pevple y est juste ^ mais inflexible et brûlant comme le feu.

Et de même que le Christ et sa loi apparurent au milieu des juifs et de leur capitale» ainsi votre loi nouvelle appor-

DBS PÈLBBINS POLONAIS. 111

tera sa règlo de d^ouemcirt et d'asioar dans ks capiUkes Hiéfii68 des ItMraax de rBurope.

Car l'Angleteite et la France Boni eemme Israël et iuda. Si vous entendes doue les Ubéram se quereUer ponr une ou deux chambres » pour une chambre béfédiftaite ou fioar une cbaraiMre élective, aigngienter sur ie mode d'éieetien, but la liile-civilei sur la liberté de la presse, ne vous éprenes pas de leur sagesse; car leur sagesse est oeUe de la loi an* cienne.

Ce sont des pharisimas et des saducéens qui se disputent sur le par et l'impnr, et qui ne temprennent pas ce 4ue e'est que d'aîuier la récité et de mourir pour la yérîté.

Et quand iis tous entendent» youb, enfants du Nord> parler de Dieu et de la liberté, ils s'emportent» ils 6e récrient c<»nMne les docteurs contre l'enfant lésus ; « fih l d'où lui est venue à lui tant de sagesse , au fils dn charpentier? Et comment un prophète a*t4l pu nattf^ à Nasareth? Bt comment ose-i-ii nous en remontreri à nous liutres» yiem docteurs 2 »

Et quand ils parieAt de votre guerf e entre|Mrise pour le salut des natioi», ils ne nient pas que vous n'ayest bien agi, mais il disent que c'était mal à propos ; de même que les doc^ teurs reprochaient au Christ d'avoir osé faire des guérisons le jour du sabbat, et s'écriaient : « Bst-il permis de guérir le jour du sabbat? est4l permis de faire la guerre aux Russes pendant une paii européenne ? »

Et s'ils font l'aumône aux venves et aux orphelins de la liberté, aiux veuves et aux orphelins de l'Espagne , du Portugal, de l'Italie et de la Pologne, ils la font avec fracas dans les assemblées, comme faisaient les pharisiens.

£t s'ils donnent à kur patrie 9 ils discutent combien, d'après la loi ou la constittttionji ils doivent donner.

Or, votre loi est autre ; car vous dites : ce Tout ce qui est à nous est à notre patrie t tout ce qui est à notre patrie e^ aux peuples libres. »

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i 1 2 LIYRB

Les Anglais ; qui aiment la liberté selon la loi ancienne > disent : « Reprenons rOcéan à la France^ comme Israël reprenait des villes à Xnda. )» Et les Français de l'ancienne loi disent --ic Reprenons aux Allemands les provinces rhénanes. » Et les Allemands disent : « Reprenons aux Français le duché d'Alsace. » Et ainsi des autres. C'est pourquoi je vous dis qu'ils sont insensés au point de devenir idolâtres de^Raal et de Moloch et de l'Équilibre.

Parce que les ports, les mers et les continents sont Théritage des peuples libres. Le Polonais se prend-il de querelle avec le Lithuanien pour les rives du Niémen, pour Gixklno et Bialystok? C'est pourquoi je vous dis que le Français et l'Allemand et le Russe doivent être comme sont le Lithuanien et le Polonais.

t Un homme sauvage s'empara un jour avec sa femme et ses enfants d'une maison délaissée. Et comptant les fenêtres , il dit : « Par cette fenêtre regardera ma femme, et par cette fenêtre mon fils, et par cette fenêtre moi. n Ils regardaient donc; et, lorsqu'ils quittaient les fenêtres, ils les bouchaient selon la coutume des sauvages, afin que la lumière appartenant à Tun ne servît pas à l'autre. Et le reste de la famille n'eut aucune fenêtre.

Et l'homme sauvage dit : « Seul j'aurai le droit de me chauffer à mon poêle (et il n'y avait qu'un poêle), et que les autres se fassent chacun un poêle. Et il dit ensuite : « Ouvrons dans notre maison pour chacun une porte séparée, y* Ils ruinèrent donc la maison et se battirent souvent pour la lumière, et pour la chaleur, et pour diverses parties du logement.

— Voilà comment font les nations européennes. Elles s'envient l'une à l'autre le commerce des livres, et le commerce des vins, et le commerce du coton; ignorant que la science et la richesse appartiennent à une même maison : à l'association des peuples libres.

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DES PELBBIH8 POLONAIS. 113

Quelques-uns d'entre vous discutent sur Taristocratie et la démocratie, et sur d'autres points de l'ancienne loi. Ceuxlà de vos frères se trompent, comme les premiers chrétiens qui dissertaient sur la circoncision et sur l'ablution des • mains.

Car les peuples ne seront pas sauvés par l'ancienne loi, mais par les mérites du peuple martyr; et ils seront baptisés au nom de Dieu et de la liberté : et celui qui reçoit ce baptême est votre frère.

Ne discutez pas beaucoup sur les lois. Les lois sont comme des créances et les gouvernements comme des débiteurs, et la patrie comme une hypothèque. Plus le débiteur est vil et rusé, plus on le circonscrit; tandis qu'à son père ou à son frère on prête sans signature.

Soyez donc parfaits comme les apôtres, et les peuples vofis croiront sur parole; et ce que vous établirez aura force de loi non-seulement pour les vôtres, mais pour tous les peuples libres.

N'argumentez pas beaucoup sur la forme de gouvernement à donner a la Pologne. Non pas ceux qui parlent le plus feront les meilleures lois, mais ceux qui aiment le mieux et qui ont le plus de dévouem^ent.

t Certains orphelins cherchaient un tuteur qui adminis. trât leurs terres et qui prit soin de leur éducation. Ils jetèrent donc les yeux sur leur voisin , qui était bon administrateur, mais avide, et qui avait accumulé des sommes immenses, et qui passait généralement pour un homme industrieux mais intraitable. Les orphelins dirent : « Nous ne voulons pas de celui-là, car il s'enrichirait à nos dépens. >»

Ils jetèrent les yeux sur un autre voisin qui avait écrit un

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livre sur ragriculiure^ mais qui n'avait jamais cultivé les champs. Us dirent donc: « Nous n'en voulons pas ^ car il ferait des essais d'agronomie à nos dépens. «Mais ils entendirent parler d'un troisième homm^ qui aurait autrefois joui d'une grande fortune ^ mais qui l'aurait perdue en prenant (a défense da la veuve et de l'orphelin. Ils dirent donc : « Prenons celui-là. »

La forme du gouvernement à venir est semblable à La ^ forme du discours que prononce un orateur*

Un homme circonspect en allant au conseil national réfléchit sur ce qu'il doit mettre à l'exorde de son discours > et au milieu, et à la péroraison; car c'est ainsi qu'à l'école on lui a dit de faire. Mais comme il ne sent que faiblement la cause n&tioaale, son discours sera disposé avec art^ mais vide; et passera sana laisser de souvenir.

Et l'homme dévoué allant au conseil national^ le coeur plein d'amour de la patrie et pénétré de la vérité de ce qu'il a à dire^ parle sans songera l'agencement de ses phrases; et son discours sera bien ordonné, et les sténographes le saisiront au vol, afin qu'il puisse servir de modèle aux autres : et l'orateur lui-même sera étonné d'avoir si sagement parlé.

C'isst ainsi que des législateurs doués d'ua fervent patriotisme établiront dans le pays un ordre conforme à ses besoins; et le pays sera sagement constitué^ et se^ voisins transQ^iront cette constitution et l'imiteront.

La république que vous avez à fonder ressembler une forêt semée par un planteur.

Si le planteur sème une bonne semence sur une bonne terre ^ il peut être sûr que les arbres viendront d'euxmêmes^ sans qu'on ait besoin de penser à leur forme^ et sans craindre qu'il ne vienne des aiguiUon& aux cbênes ou des feuilles aux' sapins.

— Semez donc l'amour de la patrie et r.e8|Hiit de dé-

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DBS PÈUtaiNS POLONAIS. 115

voueaieiit> et soyen sArs qu'il eo M*l(c« uae république grande et bette.

t Une femme veuvQ étût tombée en léthargie^ et son fils appela des médecins.

Tous les médecins dirent : « Choisissez d'entre nous un seul pour la traiter. »

Un des médecins dit : « ie la traiterai d'après Brown. » Mais les autres abjectèrent : <i C'est une mauvaise doctrine que cQUerUi ; il vaut wieuK qufelle reste en létbargie et qu'elLa meure que d*^e traUé^ d'aydrès Brown. u

Un ^utre dit : « Je lajmiiterai d'après Itahpemann. » Les autras repaartirenl : d Cest un mauvais sgrstèm^; qu'eUe meure plutôt que d'être traitée par lliQm<9epiLtbie,

Alo£9 le fils de la veuve dit : « Trait«i^ «omme H vous plaira» pourvu que voua la gu^iaiei. » Mais les méde^ cina ne purent s'aceorder* Les uns ne voulurent en rien céder aux autres*

C'est alors que le fils, désespéré^ s'écria : « ma mère S » Et Ri veuve à ee eri s'éveilia et revintà la santé» £t les métdecins ftiient chassést

Quelques^ns d'entre voua disent : « 11 vaut mieux que la Pologne reste en esçlav^fe que de revivre par l'aristocrMie* » Et cfautresi disent : « U vaut mieux qu'elle reste asservie que «de revivre par la dérnooratiq. » Et d'autres disent . « Il vaut mieux qu'elle reste oooune elle est que d'avoir telles ou telles frenti^s* » Ceux-là ne sont que des médioastres et non pas d^s fils, et n'aiment pas leur mère ;i bi( Patrie!

En vérité je vous lé dis : ne re^beBche» pas quelle sera la forme du gouveraienieot en Pologne; qu'il vous suffise de savoir qu'Ole |era pvé féraible à toutes celles imaginées par

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lie LIVBE

VOUS. Ne voas informez pas de ses frontières^ car elles seront plus grandes qu'elles n'ont jamais été.

Et chacun de vous a dans son âme la semence des lois futures et la mesure des frontières futures.

— Plus vous amenderez et vous agrandirez vos âmes , plus vous corrigerez vos lois et vous élargirez vos frontières.

Vous'entendez ce que disent les Juifs^ les Bohémiens et les hommes qui ont une âme de Bohémien ou de Juif : « La Patrie est ou Ton est bien. » Le Pèlerin dit aux nations : « Im Patrie est où l'on est mal. » Car partout en Europe où il y a oppression de la liberté et combat pour la liberté^ il y a aussi combat pour la Pologne; et ce combat tous les Pèle* rins doivent le livrer.

Autrefois on disait aux peuples : « Ne déposez pas les armes tant que l'ennemi occupe un seul piouce de votre territoire. )» Dites aux nations : « Ne déposez pas les armes tant que le despotisme retient un seul pouce de terrain libre, n Car le Français aussi ^ et l'Anglais aussi ^ et l'Allemand aussi ^ défendent leurs biens et détestent leurs ennemie Et cependant lorsque le Français et l'Anglais sont en pèlerinage parmi les peuples^ les peuples ne vont pas à leur rencontre et ne leur chantent pas leurs chants.

Et cependant^ ils vont au-devant de vous^ ils vous fêtent ^ ils vous chantent vos chants; car ils pressentent que vous guerroyez pour la liberté du monde.

Si donc votre idée de la liberté et vos dévouements pour elle ne sont pas plus parfaits que les idées et les dévouements du Français et de l'Anglais ^ en vérité je vous le dis, vous n'entrerez point dans votre patrie.

Le Christ a dit au peuple de Dieu : « Toi , peuple d*Abraham, si tu ne suis pas mes voies, Dieu rejettera ta race^

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DES PBLBBINS POLONAIS. 117

et donnera plutôt la vie à des pierres^ pour en faire des fils d'Abraham. » Ce qui voulait dire que des Grecs et des Romains il ferait des chrétiens.

Et le Pèlerin dit au Français et à l'Anglais : « Vous^ enfants de la liberté^ si vous n'entrez pas dans mes voies ^ Dieu rejettera votre race et donnera plutôt la vie à des pierres , pour en faire des défenseurs de la liberté ; c'estràdire à des Moskovites et à des Asiatiques. »

Car celui qui rejette l'appel de la liberté sera rejeté par elle.

t II y avait autrefois une reine qui appela un simple soldat au commandement de ses armées^ et qui lui dit : « Remporte la victoire sur tous mes ennemis^ et je te donnerai la moitié de mon royaume, et je serai ton épouse, j»

Ce soldat se mit aussitôt en campagne y suivi des armées qu'il commandait au nom de la reine; et jour par jour il battait ses ennemis : et il devint glorieux et puissant

Il dit donc à cette reine : « Il est temps , ma souveraine , que je vous épouse et que nous régnions en paix.» Et la reine dit : « 11 n'en est pas temps encore^ parce que tu n'as pas défait tous mes ennemis. ^

Or, le chef, courroucé, dit : « Voilà que je deviens vieux et riche; plutôt que de combattre sans cesse pour cette ferame^ je m'établirai dans mes terres et je me reposerai. ^ Il s'établit donc et laissa les frontières découvertes; et l'ennemi répara ses pertes, et vint jusque dans ses terres étaidre ses ravages.

Alors le chef se réveilla; et, se montrant au peuple, lui cria: «Aux armes! suivez-moi pour défendre mes biens, comme vous me suiviez naguère lorsque nous remportions de grandes victoires. »

Mais les hommes dirent : « Qui es-tu donc, homme insensé, pour que nous allions à ta suite défendre tes biens? Naguère nous favons suivi, car tu nous appelais au nom de

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la reine; mais tu n'es plus à présent son général : tu n'es qu'un homme comme un autre. » Et ils le reavoyèreni.

Or^ la reine s'était déjà choisi un autre simple soldat; et celui-ci devint générai ^ et il était obéi : et il remporta la victoire.

^ €ette reine 5 c'est la Liberté; ce soldat, oétaitia France.

XXU.

Lorsque durant votre pèlerinage vous entrerez dans une vitle y béntssez-la en disant : « Que notre liberté soit avec vous! » Si les habitants vous accueillent et vous écoutent, ils seront libres; s'ils vous dédaignent et ne vous écoutent pas et s'ils vous bannissent, votre bénédiction retournera sur vous-mêmes.

En quittant une ville et un pays impie, esclave ou ministériel , JteoQuez la poussière de voft sandales; et je vous le dis en vérité : Toulon, et Nantes, et Lyon, furent mieux traités aux jours de la Convention, que cette ville ne le sera aux jours de la Fédération européenne.

Car, lorsque la Liberté viendra s'asseoir sur la capitale du monde, elle jugera les nations.

Et elle dira à une nation : « J'ai été assaillie pai* des brigands, et je fai demandé du fer pour ma défense et une poignée de poudre; et tu m'as donné un article de gazette, m Et la nation répondra : « Quand donc, ô Liberté l m'avezvous appelée? » Et la Liberté répondra : a Je t'ai appelée par la bouche de et» Pèlerins, et tu ne m'as pas eatenduc. Va donc en esclavage, où il y aura le sifflement du knout et le grincement des oukazes ! »

Et la Liberté dira à une autre nation : «J'ai souffert la misère et l'affliction, je t'ai demandé la protection des lois -et du pain ; et tu m'as jeté des ordonnances. )» Et la nation répondra : « Quand doao, d Liberté I ètes-vous venue me

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DBS PÈL«»Iltfl POLONAIS. 119

troater 9 » Bt là Uberlé Péj^ondtA : « Je Mis veiHi* sous lliabit de ces Pèlerins, et tu m'as repoussée. Va donc en esolayÈ^f où il y aura le sifflement du knout et le grincement des oukanes ! v

En vérité, je vous le dis y votre pèlerinage deviendra pour les puissances la pierre d'achoppement.

Les puissances ont rejeté votre pierre de ^édifice des peuples; et voilà que cette pierre deviendra la pierre angulaire et la clef de Tédidce à venir : et celui sur qui elle tombera sera écrasé, et celui qui viendra se heurter contre elle tombera et ne se relèvera plus.

Et du grand édifice politique de l'Europe il ne restera pas pierre sur pierre.

Car la métropole de la Liberté sera transférée ailleurs*

Jérusalem 1 ô toi qui fais mourir tes hommes qui prêchent la Liberté, tu fais mourir tes prophètes; et le peuple qui tue ses |NM>phètes se frappe toi-même au cœur comme un suicide insensé.

Utie grande oppression viendra fondre sur Israël et sm* Juda.

Gouverneurs de la France et docteurs de hi France , vous qui parlez de liberté et qui serves le despotisme, vous serez jetés entre le despotisme étranger et votre peuf^e, comme une barre de fer entre l'enclume et le marteau.

Et vous serez battus, et vos scories et vos étincelles jailliront jusque sur les frontières du monde; et les peuples se diront : a Certes, il doit y avoir là un grand battement comme dans une forgie infernale. »

Et vous crierez au marteau» à votre peuple : « Opeuf^le! pardonne et cesse de frapper, car nous avons pifflé de lib^lé.» Et le marteau répondra: «Tu as parlé d'une manière

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et tu as agi de Tautre. » Et il retombera sur la barre avec une force nouvelle.

Et vous erierez à renclome inexorable^ au despotisme étranger : c( despotisme ! nous t'avons servi , adoucis-toi et creuse-toi afin que nous puissions nous cacher du marteau. » Et Tenclume répondra : « Tu as agi d'une manière et tu as parié de Tautre. )> Et il vous présentera sa tranche dure et glacée^ et la barre sera battue et aplatie^ et personne ne la reconnaîtra.

Gouverneurs de TAngleterre et docteurs de TAngleterre, vous vous enorgueillissez de votre naissance , et vous dites : n Mon aïeul a été lord et mon bisareul roi; vivons donc en bonne intelligence avec nos proches, rois et seigneurs de l'Europe. » Mais un jour viendra où vous crierez au peuple : « Fais nous grâce de la vie , car nous n'avons eu dans notre famille ni roi, ni lord, pas même un esquire. »

Et vous, négociants et boutiquiers des deux nations , affamés d'or et du papier qui donne l'or, vous avez envoyé votre monnaie pour la répression de la liberté, et le jour viendra où vous lécherez votre or et vous mâcherez votre papier, et personne ne vous enverra ni pain, ni froment.

Vous avez entendu parler de ces famines durant lesquelles les mères dévoraient leurs enfants; mais votre faim sera plus atroce : car, je vous le dis , en vérité , vous couperez des oreilles à des hommes vivants et à vous-mêmes, et vous les ferez rôtir et vous les mangerez. Car vous avez mérité d'avoir les oreilles coupées comme des infâmes.

Tels sont les Actes de la nation polonaise et des Pèlerins polonais; non inventés, mais recueillis dans les histoires de la Pologne et dans les Ecritures, et dans les traditions, et dans les enseignements des Polonais pieux et dévoués à

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la Patrie , martyrs y confesseurs et Pèlerins : et çà et là quelques choses par la grâce dé Dieu.

Relisez-les, frères d'armes et croyants ; et que vos anciens, ceux d'entre vous que vous appelez bas-ofûciers ou sergents, vous les éclairassent et vous les expliquent.

Car vos chefs sont comme tes pères d'une nombreuse famille, occupés tout à la fois de leurs enfants, de leur maison et de vos affaires ;

Mais vos bas-ofQciers sont comme les guides et les nourrices de leurs jeunes frères d'armes : et sont toujours à leurs côtés pour veiller sur eux.

Ils ont commencé la guerre des peuples; et. Dieu aidant, ils la finiront heureusement.

Ainsi soit-il.

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