‹ Œuvres poétiques complètes de Adam Mic̜kiewicz, tr. du polonais, d'après l'édition posthume de 1858Chapitre 23 sur 36 · TH AI^ÉE ^SOBLIÇ A · texte numérisé non relu

TH AI^ÉE ^SOBLIÇ A

rer te éésoi^w de le«r coiffarc ♦ que dé^à les cris rmeat eessé. Uft nuamiure mêlé de riress'éleva dans ia cbiumbro* Les adversaires étalent eépàrés , le frère quêteur avait éioutlé ia querelle. Quoique barbon , il avait la main robuste et de larges épaules. Au moment où l'assesseur allait se jeter sur rhoHime dérobe, où les^leui gladiateurs se menaçMent du geste ^ il les avait saisis tovs deux au collet; après avoir ehbq^ deta fois leurs tètes ÏUMe eoiitre Tautre, comme des œufo de Raques, il avait étende les bras, et, semblabte à un poteau indicateur, il les avait lancés aux denx extréi» mités de la ehamb^e, en leur cviant : 4 Paw, paa^ paœ vobt^cmi ! la paix soit avec wus I »

Stupéfaits , les deux diampiof»» se prirent h rite. Le pes*» peet dé à l'babit eeelésiastiqae empêchait de réiprimaiiâer le moine; on avait eu d'ailleurs une fveuve troip «ertaine de sa vigueur pour qtie personne se sentît Tenvie de lui thetéher querelle. Au reste , dès que IVobak eut ttpsâsé Ta^ f^ire , il ftit évident qu'il ne cberctoiit guère à jouir de son triomphe; oar, sans menaoer ni même gronder les dispu* tenrs^i*! remU son eapuebon, passa les mains ^ans sa cein^ tute,^ se i^eHara trauquill^aMiit. Le président et le juge se placèrent entre les deu& partis. Le sénéclMd , comme réveillé d'une profonde méditation , {^avança tout à ooup au milieu de la chambre, promena sur k société des regarés en* flammés (ses yeux brillaient ioujours de cet éclat inaoeou^ tumé quand on parlait de chasse), et là où il entendait encore un-muraiure, il imposait sîlenoe en agitant son ehasse-mouches comme un prêtre son goupillon. Enfin il en leva le mtiiche d'un air aussi digne qu'un maréchal de diète lève son hftton de présidence :

« Silence ! s^rta4-ll, silence l Vous, les premien» cba»» seoTS du disfrict, songez donc au scandale que donne votre dispute ! Y pensez-vous? •Voilà des jeunes gens, l^espoir de la patrie, qui devaient faire un jou¥ la gloire de nos forêts

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ei ëe nos pkîaes , et qm malheurenseni^l m «ont que trop

L^ escLios à négliger la obasae ; er«(jr«e-vo«M que vos qM<9reUe$

n'augmenteront pas leur dédain? Que peofieront^Us en Yoyant ceux qui devraient donner Texemple, ne rapportant de leur ehasse que rixes et disputes? Ayez égard du moins à mes cheyeux blancs ; j'ai connu de f\m grands chasseurs que vous! Qui , dans les forèls de la Lithuanien a jamais

, égalé Reytait ? Pour organiser une chasse» pour lutter contre

^^ lesr bètes sauvt^es^ qui oserait se comparer à Georges Bia*

lopiotnywtcz ? Où donc y a-t-ii aujourd'hui un chasseur comme le noble Jegota» qui d'un coup de pistolet tuait un lièvre à

' la course? J'ai connu Teraïewioz^ qui> pour la chasse aux

sangliers>ne prenait Jamais d'autres armes que la lance. J'ai connu Budrewtoz > qui luttait corps à corps avec les ours.

> Voilà les hommes que virent jadis nos fcNrètsl S'il s'élevait

entre eux quelque contestation > comment la vidaitron? on choisissait des juges et on déposait un enjeu . Oginski perdit un jour cent arpents de terre pour un loup. Un blaireau coftta plusieurs villages à Nieûolowski. Ëtvoos, messieurs,

^ imitez l'exemple que vous ont laissé vos aînés j» et décidez

votre querelle par un pari moindre si vous voulez. La parole, c'est du vent; jamais il n'y a de fin à des disputes de

v vive voix. Ce n'est vraiment pas la peine de se dessécher plus

longtemps le gosier à des contestations sur un lièvre. Choisissez d'abord des arbitres, et soumettez-vous en conscience à ce qu'ils décideront. Moi, je prierai le juge de ne plus empêcher les traqueurs d'avancer» même dans un ehapip de froment, et j'espère qu'il m'accordetra cette grâce. » En parlant ainsi, il pressait le genou du juge*

« Un cheval , s'écria le notaire , je mets un cheval tout harnaché ; et je ferai enregistrer dans les actes du gouvernement ma promesse d'offrir celte bague au juge, en dé-

^ dommagement de ses peines comme arbitre.

— Moi, dit l'assesseur, je mets mes colliers d'or, garnis

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de peau de chagrin avec des bouclés d'or. La laisse en soie est d'un trayail aussi précieux que la pierre qui brille sur l'agrafe. Je voulais les léguera mes enfants en cas que je me mariasse. Cest un cadeau du prince Dominique 7' ; il m'en a fait don lorsque j'ai chassé avec lui ^ le prince^maréchal Sanguszko et le général Meïen f*, un joui^ que j'avais défié tout leur monde au lévrier. Par un tour de force sans exemple dans les annales de la chasse^ j'ai pris six lièvres avec une seule chienne. Nous chassions alors sur les terres de Rupisko. Le prince Radziviil ne pouvait plus tenir à cheval ; il mit pied à terre ^ et prenant dans ses bras ma chienne Corneille, il la baisa trois fois au front. « Je te fais duchesse de Kupisko, » lui dit-il en lui frappant trois fois sur le museau. C'est ainsi que Napoléon donne à ses généraux des titres, du nom deslocalitésoù ils ontremportéquelqne grande victoire.»

Contrariée de ces interminables disputes, Télimène vou-. lut sortir; mais elle désirait avoir un partner pour l'accompagner. Elle décrocha son panier : « Ces messieurs, à ce que je vois, dit-elle, resteront au logis; moi, je vais ramasser des mousserons. Qui aura plaisir à venir avec moi, me suive ! » Elle dit ; puis, entourant sa tète d'un cachemire rouge, elle prend d'une main la jeune fille du président, tan* dis que de l'autre elle relève sa robe jusqu'à lacheville. Thadée se glisse après elles, pouraller cueillirdes champignons.

Le but de cette promenade plaisait fort au juge; il y voyait un moyen de mettre fin à cette bruyante dispute :

« Messieurs,- s'écria-t-il, allons dans la forêt chercher des champignons! Celui qui. reviendra pour le dîner avec la plus belle oronge se placera auprès de la plus belle de moiselle ; il la désignera lui-même. Si c'est une dame, elle fera asseoir à ses c6tésle plus beau garçon de son choix. En route, aux champignons ! Vous, monsienr l'huissier, vous aurez soin du diner; seulement, gardez-vous bien de faire porter la table dans le château.»

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