‹ Œuvres poétiques complètes de Adam Mic̜kiewicz, tr. du polonais, d'après l'édition posthume de 1858Chapitre 33 sur 36 · EMBRASSONS-NOUS · texte numérisé non relu

EMBRASSONS-NOUS

changer encore de cavalier, demande à rester près de son époux, cesse de danser et s'avance vers la table pour remplir les verres des convives.

Le soleil s'éteint, la soirée est tiède et paisible, la voûte des cieux émaillée par-ci par-là de petits nuages, bleue au zénith, rose vers le couchant. Les petits nuages éclatants et légers, promesse du beau temps, dorment comme des brebis dans une prairie; quelques-uns , plus menus, ressemblent à des troupes de sarcelles. Â l'occident monte un nuage comme une draperie de gaze , transparente , plissée , couleur de perle au sommet, dorée sur les bords, pourpre aucentre; il étincelle, il brûle de la lueur du soleil couchant. Peu à peu il prend une teinte jaunâtre, il pâlit, devient sombre. Le soleil cache sa tête sous la draperie diaphane ; une fois encore il exhale un souffle tiède, ferme l'œil, et s'endort.

TiCS gentilshommes ne cessent de porter les santés de Napoléon, des généraux, de Thadée et de Sophie, celle des autres fiancés, de tous les hôtes présents, de tous les invités, de tous les amis vivants ; de tous les morts enfin dont la mémoire est chère.

Moi aussi, j'étais là parmi les invités. J'ai bu vin et hydromel; et, ce que j'ai vu et entendu, je l^ai raconté dans ce livre "°.

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