‹ Œuvres poétiques complètes de Adam Mic̜kiewicz, tr. du polonais, d'après l'édition posthume de 1858Chapitre 34 sur 36 · PIN · texte numérisé non relu

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mÇKIEWICZ, T. II. 37

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DTJiTOME SECOND*.

■ IL Wallenroh. ~ La nation lithuanienne, opmposée de trois peapladesJltt Prasses, les Litliuaoiens et les Lettons, établis dans ane contrée de p«ti é'éleiHkw, «édioercBeiit fetftile, ftit longleBips inoonmie a^ reste de l*Europe ; ce n'est Xfoe vers le treizième siècle que les incursions de ses voisins rappelèrent à de nocrveltes destinées. Tandis qœ les Pmsses recavnaiisaient la loi du glaive teatest les Utboaniena, sortis de lours marais «t de leurs bruyères, portaent le fer et la flamme dans les Ëtats liffiitropibes, dovinredt bientdt formidalrtes entre les puissaiîces dtt Itord- L'kistoire n*a fAs eneore suffisamment éeUicci |>ar quel {tfocédé un peuple aussi faible et si longtemps tribatalre des étrangers, a pu. tout à coup arrêter 'et faire treffib1ei;ses ennemis, tout en faisant «ne guerre à mort contre TOrdre teutonique d'une part, saccageant la Pologne, de l'autre rançonnant la république de. Novogrod-la-Grande, s*élai\Qant jusqu'aux rives du Volga, ou même dans la pënkisule'Ae Krimée* La-plus i)çillantf épo^tue poqr la Xitbaanie loolneide -«vf e les ««gnas dV)lgtiierd et de Vitold, dont la domination s'étendait depuis la Baltique jusqu'à la mer Noire. Mais cet Ëtat ne sut pas, durant sa -trop rapide oroiasanee, élaborer en son sein une force organique qui réunit et vivifi&t ses dlffé* rentes parties. La nationalité lithuanienne, répandue sur une trop grande surface, perdit son type individuel. Les Lithuaniens asservirent plusieurs tribus russiques, et lièrent des relations politiques avec la Pologne. Les Slaves, depuis longtemps chrétiens, possédaient déjà une civilisation plus avancée; et, bien que menacés par Isf Lithuaniens, reprenant la suprématie morale sur un oppresseur puissant mais barbare, ils l'absorbèrent, de même que les Chinois ont fait avec les Tatars. Les Jaghellons et^ears vassaux devinrent Polonais ; tandis que, d'un autre côté, les princes lithuaniens établis en Russie, reçurent la langue, la religion et la nationalité russiennes. Cest ainsi que le grand-duché cessa d'être lithuanien, et la race primitive se vit resserrée dans ses anciennes limites ; sa langue cessa d'être le langage officiel, et ne se conserva plus que parmi le peuple. La Lithuanie offre le spectacle curieux d'un peuple qui se serait peido dans

* U signe (1) est adopté ponr les notes ût U main de MlçUewIct.

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WALUtlfMD. 43&

llftHneBsité de ses c&Êtt^Mm, o oiaMe tki minewi qu^ «peès «A déboide* nwnt ausessif, sapait notre dans an Ut pi» étfoit qu'auparavanl.

PhMteiin siècltt oot épaissi tetm Qttl>m sur k» évéDcments préoiMs ; la vie poUtiqae a cessé pour la Lithuanie, de noéiiie que pour son plus ertiel ennemi, l'Ordre tealoDiqiie; les rapports iniernaiiooiMix ont changé du te«i au tout, les passions et les intérêts qui suscUaieDt les guerres dont il s'agit ont disparu : la poésie populaire même D*en a pas conservé le souvenir. La Lithuanie est toute dans le passé ; ses fastes présentent sous ce rapport un potait de vue favorable à la poésie, parce que le poète, en retraçant les événements de cette époque, tout entier à l'expression artistique de son sujet, n'appellera plos à son aide les passions, les intérêts, ni la mode du jour. Ce sont justement de pareils sujets que Sdiiller re* commandait de choisir, lorsqu'il donnait le précepte solvant :

« fF'a» unsterblieh tm gtêong $«il lehen, Jtfflfss tm Ëjeb^n unUrgehfu »

« Ce qui doit vivre dans le chant doit mourir dans la réalité. » (f)

' L'épigraphe de Konrad fTatlenrod, • Bisogna cssere volpe e teone, » qui semble empruntée aux écrits de Machiavel, indique suffisamment quene sera la tendance générale du poème. Elle est la clef mythique de cette seconde slgoincation du Konrad, de ce sens caché, qui renfre trèsbien dans les habitudes poétiques de Mîçkiewlcz, et qui va s'ouvrir à nos yeux aussitôt que nous en aurons découvert le secret. Ce qui fut dit sur les barbares des treizième et quatorzième siècles, valeureux, mais sauvages, subjuguant leurs voisins par la violence et subissant à leur tour leur suprématie intellectuefle, s'appliquera désormais à la Russie, étendant outre mesure ses limites, pour recevoir, avec toutes les races qu'elle ai^orbe, la révélation de la liberté. L'Ordre teutonique deviendra le tzarat de Moskou ; ta Lithuanie sera la Pologne se débattant contre l'oubli monstrueux de TEurope et les trahisons de son aristocratie princlère ; les Prusses deviendront les provinces polonaises acquises à la Russie par le premier partage, et Konrad Wallenrod , le type de cette Jeunesse polonaise, faucheurs k y atso\'ie^ph^arèt€s à Vilno, qui dès le berceau apprennent à combattre Pennemi par toutes les armes qui se trouvent à leur portée : rintefligence, la force ou la ruse. Cette symbolique, fortement empreinte sur tout le poème, depuis le premier vers Jusqu'au dernier, est assez transparente pour les lecteurs polonais et ne demande pour eux aucune explication ; mais il m'a paru nécessaire de la rendre palpable à ceux de nos lecteurs étrangers, qui, tout en nommant la Pologne sœur delà France, sont très-peu familiarisés avec son histoire et sa nationalité. Grâces soient rendues à la censure moskovite, qui, dans sa profonde ingénuité, s'est laissé persuader par la préface de Miçkieviicz (voy. la note ci-dessus) que le KonitAD ne contenait aucune alhislon, aucun danger pour sa politique actuelle. Les inquisiteurs de Vilno furent plus intelligents ; et la police de TaHovfe défendit l'ouvrage Imprimé à Saint-Pétersbourg, aussitôt après son apparition. Publier un pareil poème dans le siège même du despotisme, avec fautorisation et sous les yeux du tzar moskovite, c'était de bonne tactique, un coup de maître en dissimulation , que Wallenrod luimême fi'edt pas désavoué.

3 Les Lithuaniens et let Prusses ou Bortisaes piimftiiB, ne formaient

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436 KOTES.

qQ*aù Mal et mèflié penpto, étabtt tar les deax rives da Nièmeoçles Ur. thuanieBS sur la rive droite, les Pnisses sar la rive gaacbe : religion, langue, ooataines, croyances, tout leur était commun, il n*y avait entre eux d*auire différence que celle de la destinée. Les Prusses, comme les plus proches voisins des dievaUers teutouiqaes, furent les premiers ab* sort)é8; et tout ce demi-peuple s'ensevelit dans la tombe crue le glaive exterminateur des Allemands lui avait creusée. Les Litliuaniens, leurs frères d*outre-Niémen, auraient infailliblement subi le môme destin, si, par leur union avec la Pologne et leur conversion un peu tardive an christianisme, ils n'avaient échappé à la farouche convoitise des moines apostats. Cest ainsi que la monarchie prussienne, entée sur une race étrangère et devant son origine à la félonie de quelques vassaux de la Pologne, n'a rien de national, pas même le nom.

* Les chevaliers teutonlques mirent pour la première fois le pied sur la terre des Pnisses eu 12SI. Le pape Grégoire IX ayant ordonné une croisade contre les païens de la Prusse, le grand-maître de l'Ordre teutonique, Hermann de Saltza, nomma le frère Jtalke. chef de l'expédition. Celui-ci rassembla une armée composée de Teutons et de troupes auxiliaires de Mazovie, traversa la Yistule, et se laissa descendre sur la rive droite du fleuve ; mais comme une bataille rangée était impossible avec ce peuple, et que la position topographique du pays était tout à fait défavorable pour les chevaliers, il vint à l'idée du chef de l'expédition de s'emparer d'un arbre énorme, et de s'en servir comme de boulevard en cas d'attaque. Les chevaliers assirent leur camp à l'entour et l'environnèrent à la hâte de palissades et de fossés. Or, cet arbre était un de ces chênes toujours verts, en vénération chez les anciens Prusses et les Lithuaniens, de même que chez les Gaulois. Les chevaliers établirent sur les branches une espèce de plate-forme d'où ils pouvaient tirer avec avantage sur ceux qui viendraient attaquer les retranchements. Dès que les Prusses virent arborer l'étendard de la croix sur la couronne du chêne consacré, ils se précipitèrent vers les retrancliements et les attaquèrent avec des cris de désespoir; mais bientôt, vigoureusement repoussés, ils virent le fer et la flamme détruire pour Jamais ce temple de leurs divinités impuissantes , que les siècles avaient épargné.

Ce n'est pas la seule fois qu'un chêne servit h un pareil usage, i^e naturaliste Ray rapporte, dans son Dictionnaire général des Plantes^ qu'on voyait de son temps, en Westphalie, plusieurs chênes monstrueux, qui servirent aussi de citadelles (voy. Dictionnaire d'Histoire naturelle^ par Yalmont de Bomare, tome II, page 385). Ces arbres rappellent par leurs dimensions le bananier que Marsden dit avoir vu dans le Bengale, dont le tronc se composait d'à peu près cinquante à soixante tiges, et dont le dôme de verdure n'aurait pas eu moins de 1,116 pieds de circonférence ; ou bien encore le fameux châtaignier de l'Etna, dit castagno de cenio cavaUij dont la section horizontale à 2 pieds de terre aurait lio pieds de périmètre.

Il y avait en Prusse quatre chênes célèbres, Ujuollas, objet de la plus grande vénération. Le plus remarquable était celui de Nattangié , qui servait de temple aux trois grands dieux Perhounas, Piklo et Potrympo. Sa base était un prisme à trois faces, dont chacune portait l'image d'un dieu. Il fut détruit sous le vingtième grand maître de l'Ordre, Konrad de Eolhenstein. Le second était près ôeSzweniampita (la ville-sainte), à l'en-

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WALLBNBOD. 437

droit mètee où se trouve at^itThui le village Heiligenbeil. Le troiflièiiie est celui que nous avons va servir de citadelle aux chevalier». Le qaa^ trième eoficf, le plus remarquable par sa grosseur (37 aunes de cireûnférence), était près de Tendroit où fut bâtie la forteresse de Wélava. Il florissait encore au seizième siècle. En Samogitie, où régnait autrefois la religion prassique, il existe encore ai^^ourd'bui, dans le district de Roiêiênié, près du village de Bordzié, des débris d'un cbène célèbre. 11 n'en reste maintenant que le tronc, dans lequel le. propriétaire du terrain, M. Paszkiewicz, a fait construire un kiosque, ou» pour mieux dire, une espèce de temple païen» Ce petit édiiice est partagé en deux étages ; le rèzde-cbauBsée sert de cabinet de travail et contient une petite bibliothèque de campagne placée sous le plafond, dans une rotonde ou galerie cireur laire. Cette pièce peut contenir une dixaine de personnes, outre. une table, un canapé et quelques chaises. L'étage supérieur, c'est le sanctuaire même, où l'on conserve différents objets de l'antiquité lithuanienne. Parmi ces objets on voit une petite idole en argile, trouvée dans les branches du cbène, un boulet de fonte attaché par une chaîne à une verge de fer, espèce de fronde ou de massue dont les Lithuaniens se servaient avant de connaître les armes à f^. On compta les éoorces de l'arbre lorsqu'il fut abattu, et on en trouva 1417; ce qui atteste plus de quatorze siècles d'existence. M. Paszkiewicz a fait une ode en son honneur.

Ces chênes qui rendaient des oracles étaient vulgairement appelés Baûbits, onomatopée du son qu'ils émettaient, pareil au mugissement d'un taureau. La pluie ni la neige ne pouvaient les pénétrer; en toute saison, été comme hiver, ils étaient couronnés de verdure , et leur couronne se ^nottvelait sans cesse, à mesure qu'elle tombait. Leurs rameaux étaient tout chargés de gui, dont la verdure tendre et touffue formait en quelque jorte une seconde végétation sur la couleur foncée du feuillage. Adam de Brème dit avoir vu des chênes pareils à Upsal en Suède,* et Simon Grunaû prétend que cette reproduction spontanée et constante se faisait par l'intervention du démon, adoré sous la forme de quelque dieu prosaïque ou lithuanien. « In eo loco ubi a/^dum H^Ugenbeil situm est (dit Treter dans sa Biographie des évéquesde ff^armie),/uit ingens quercus, guœ non minus asiate quam hiemi (opéra procul dubio diaboli) assidue virebaU y» Leurs feuilles étaient plus profondément écfaancrées que celles des chênes ordinaires, et généralement ils gagnaient en grosseur ce qu'ils perdaient eiT élévation. Toutes ces indications laissent présœn'er que ces temples de l'antiquité lithuanienne étaient les derniers individus d'une espèce particulière aujourd'hui perdue et anéantie avec eux.

Puisque nous avons dté Heiligeobeil , 11 ne sera pas hors de propos de rappeler une circonstance qui donne une idée de la vénération mêlée de crainte dont ces puissants végétaux étaient l'objet de la part des idolâtres. Lorsqu'en 1268, l'évêque Anselme démolissait les derniers refuges des dieux pru&siques, le paysau qui porta le premier coup de hache au chêne de Szwentamesta senlessa grièvement au genou. Cet accident fut considéré -comme un témoignage de la ^olbse des dieux ; personne n'osait approcher du chêne, le peuple murmurait et allait redevenir idolâtre. L'évêque saisit la hache, s'élança vers l'arbre et déchargea plusieurs coups terribles. Le chêne fut ébranlé ; bient6t les Allemands consommèrent l'œuvre impie : le Chêne lût abattu, coupé par morceaux et solenneUement brûlé. CependABt la.bwheJatdérobéejDar le peuple, qui. la. reffitteiliit dans une char

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496 ROIES.

^dlÉfel eoUUana d'adoMr m secitet ZfinnwiiiR* oq ÂTvHbo, dira de la woondte daaie, <ftit jptésMm k la <tp<od«cUop et à U ^égètatk». Le non de Szwentamefllt AitchMigécoDftre€eloiâeir«tit9eii6«tl<m la hacke Mùnte, en MMVfliir de m mémorable événement.

IFantiei arbnaqoe I« chèneéUient eonucréi aux dieux d*on ordre Inferiear.Les raefaies du rorean {sawibueus)^ nommé aambé par les LUbnaDiena étaient la dememre de Puickaîtueiàt son armée de Partximki^ espèoe de gnomes on de tufiOB, qui sfentretenaient avee te peuple. On aitrilHiail à Tombie de Ml arbre des propriétés médidnaleB.

Les Mmfhana$ étaient les divinités ttttétadrei des arbres, les Hamadryades , qui apparalwalent soaveni scmb la fdrme d'mw Jeans tUle, et réoompensaksBt te mortel ^kaértmt qol leur avait sanvé la vte en protégeant ootttre te fer on toleo l'arbre aoqfni élail liée tenr éxistenee.

Le saute était, tomme ehez proqoe tons les peuptes, remUèmede la lécoBdlté. Il y avait anlvsfote ooe JemM iUto litliuàniemM nommés Biindé», dooée d*ane exossslve fécondité. Qnoiqiie vierga» elle procréait non^sealoment par la vêle naturelte, mais par les pieds, pat les mains, la tète , les oreilles, etc.; eite ententaU en marehalit^ en partent^ en respirant, en nn mot,HBaoeomp]issaDt tons le* ades de te vie» On pcot se figurer te nombrease progénltiirc qn'elto dttt avoir. La Tarre, te pins féeende des mères, lui eovia cette poisaance reproductive. Unjoar que Blinda traversidt nne praUrto , svivie d*«ne partte de sa famiUe, ses pieds ftirent pris dans te sol avec tant de force, qu'ito poossérent des racines; llbfortttnée mortelle lut ebangee en saule, et te saute faérite de son nom et de sa féoondJté.(Blinda et Daphnéne sont-elles pas évidemment deux scemrs?) Cest aussi dans Técailte d'un gland de chêne que la déesse Krumiué, te Cérès litfauanieniie, après son tripte voyage autour du monde, appeda en Lithuante Uxites tes semettoei de teterre* Voyez les ChaïUs Uthuamettâj pobliéspar L.- J. Rbesa, profeneur à Kœnlgsberg {DtdnM, odir Uihauiiche Fûlkslieâer^ 1826).

* Selon quelques faistortens, la Litbuante doit son ori|^ne à Palamon. Suivant d'autres , les Lithuaniens soratent les descendante des Gimbres eu Klmmri, qui, ayant occupé d'dDord l'Asie Mineure et te Bosphore eimméo rien, près de te mer de Zabacbé (Palus Mnotte), pénétrèrent ensuite en Europe; et, après avoir traversé le Don (Tanate), occupèrent les pays comsos anjoaird'bui sous les noms de LitiMUBie, Prusse et Livonte. <;^lqoes-nns soultennent encore que te peuple lithuanien tire son origine des Gépides» qui faisaient partte des Goths; lesqueb, s'étant mis son la oOn> duite de IMkuvon^ lite de Waldevoâtas, roi de Prume, s'emparèrent, vers l'an 673, du pays auquel tour chef a donné son nom ( lAtktmomia ou Lithoanie)» Il en est aussi qui prétendent que Ce penpte descend des Grecs ou des Romains. Sans nous Charger de dédder taqûelte de ces différentes opinions est Irf phisrattonnèlle, nious i^ooterons que ceux d'entre les chroniqueurs qui considèrent Palamon comme fondateur do grand-duché de UIhuanie, assurant que vers Pan 460, plusieurs familtes romaines , lasses de voir leur patrte ravagée par Attila, lAiandoDnèrent Pltatte sous la oon. duite d^m seigneur romain, nommé Paliemon, et débarquèrent par te mer Baltique en Samogltte; pois, remontant te Niémen, s'établirent en Litbuante , dont tes habitants, pénétrés fradmiration pour te vateor et te sageme de Palaemea, loi oonlièreot le gouvernement

«Les anciens Lithuattiens, comme tous les peuptes primitifs du Nord, se servaieot pour vètemente dm peaai <te dif i^iiUDte aatmaos, doul les oohmb

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WAài.B!tAOD. 439

tC Ibb <}ft leur foiirniflMIeM abâsi dM mues. AliMi , ait UUraanleii, apr^g «voir tué on oan oo an MHIt Moyage, tiriM, m proraralC en méoie ieiniM les moyens de se garantir de la faim, de froid eC de Temieini. Les armes prinefpairs des Lithoaniens de ce tem|)s étaient ane cuirasse faite de corne, de cbeval et ^Êùe Jatellne armée d'os ou de pierre aiguisée; pins fard, on se senrit d*ares et de flèebes, jasqd*à ce que l'usage do fer, gé* Dénilement répandu dans le pays, les eût fait disparaître. L'usage des armes à feu resta inconnu aux Lithuaniens jusqu'au commencement du quatorzième siècle ; cependant les ctievaliers teutons leur en faisaient éprouver les terribles effets. Quelques chroniqueurs polonais, entre autres Alexandre Guagnin et Jean Dlugoez, en parlant de la mort de Gédymin , duc de Uthuante et père de Keystout, arrivée en 1328, disent quR ce prince fut tué ou plutôt perfbré âhiDe flèche enflammée (ignea tagitta peretts- 9us). Il faut croire qu'ils n'ont fait que répéter ce qu'ils ont trouvé dans des manuscrits plus anciens, dont les auteurs, ignorant ta nature des armes à feu, ont appelé ignea sagitta le projectile qui avait frappé Gédymin, Cependant il paraît certain que ce duc est mort d'un coup de feu ; et Stanislas Saroiçki (lib. 0, cap. 20) le fait tuer par un obus Uflôbo bombarda), au si^e de viélona. L'historien Kolalowlcz, après avoir fait la description des armes à feu, assure positivement que ce fut de cetta espèce d'arme que périt Gédymin.

La découverte de la poudre à canon , que les historiens Polydore-Tirgile, Pancirole, Meyer et autres, rapportent au règne de Chartes V (1347- 1378), que Thévet attribue à un moine de Friboarg, nommé Anceizin, mais dont Belleforest et autres font honneur à Berthold Schwartz (en 1 330) précéda de plusieurs années, suivant le sentiment du père Barre, le régne de Charles lY. II est vrai que les Anglais ne se sont pour la première fols servis du canon qu'à la bataille de Crécy (1346); cependant ils connaissaient dé)à rartiUerle aussi bien que les Français, et Ylllaret certitte qu'yen 1338 il y avait d^Jà des canons devant Puy-Gulllaome (dans le Bourbonnais). Mais nous Usons dans Dlugosz (lib. 9, p. 923, ad an. 1307), qu'un duc de Bavière avait fait présent d'une bombarde aux chevaliers teutons , qu'un chevalier s'en servait avec One adresse merveilleuse, et que pour cette raison il ftit nommé maître des archers; il ajoute enHn que ce fut ce chevalier qui tua le duc Gédymin : « d'un coup de flèche ardente tirée dans le ëo»„, » La poudre à canon était donc delà connue avant 1338. Ce qui nous semble oonlirmer cette opinion, c'est le passage suivant de VHistoin générale d'Allemagne, par le père Barre : « On voit encore aujourd'hui dans l*arsenal d*Jmberg (à neuf tieues de Ratisbonne) une pièce de canon avec le chronogramme de 1303. » Cette date n'a rien d'invraisemblable ; d'après nos recherches à ce sii^et, la découverte de la poudre remonte à une époque beaucoup plos ancienne que celle généralement admise, et doit être attribuée aux Chinois. Les Arabes l'ont importée en Europe ; ce dont on volt la trace dans un ouvrage sur les machines de guerre, écrit en arabe pendant la croisade de saint Louis en Afrique. Les Espagnols les premiers en ont fait usage en I2(7 au siège de Niébla. Roger Bacon et Albert )e Grand (ou plutôt le Mage, Magus et non Magnus), en connaissaient déjà la composition, qui d'ailleurs se rapproche beaucoup de celle de la poudre de fusion^ très- usitée au moyen âge pour activer la fonte des métaux ; mélange de trois parties (en poids/ de salpêtre, d'une partie de fleur de soufre et d'une partie de adore de bols. Le /m grégeois dont CalUnicos *

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440 T^OTBS. .-

architecte d'Héliopolls, apprit le secret aux Griecs en 678 ayant Tère (A rétienne, n:eçt autfe chose qu'âne composition analogue, lancée sous forme de fusées ou moyennant des projectiles creux. Les Romains employaient, (lés le quatrième siècle, dans leurs solennités et leurs représentations théâtrales, des feux d'artifice presque identiques à ceux de nos jours. Enlin, les feux dont les Arabes se servaient pour la défense de Jérusatem^ en incendiant les tours mobiles des croisés {Gerusalemme libemia, XVIII ; 83, 34), procédaient appatemment de la même origine. Bertbold Schwartz, tout bénédictin qu'il était, n'a donc pas inveqté la poudre ; fondeur en métaux et non chimiste, il n'a fait qu'enseigner aux Vénitiens sou emploi pour les engins de guerre en 1378 ; et, pour le récompenser de sa découverte, l'empereur Venceslas, d'après une tradition répandue à Fribourg, sa patrie, l'aurait fait sauter eu l'air sur uq baril de poudre, comme premier essai de son efficacité.

' Marienbourg, en polonais Malhorg, ville forte, autrefois capitale des chevaliers teutoniques; sous Kasimir Jaghellon, réunie à la Pologne (Jusqu'en 1772). Les souterrains du château renferment les tombeaux des grands-maîtres, dont quelques-uns sont jusqu'aujourd'hui en parfaite conservation. M. Yoigt, professeur à l'Académie de Kœnigsberg , émule de Kant, a écrit l'histoire de Marienbourg; son ouvrage est fort important pour l'histoire de la Prusse et de la Lithuanie. (f )

Le château de Marienbourg, autrefois résidence des grands-maitres, est un majestueux monument, comme nous le voyons dans la gravure placée en tète de ce volume; il contient plusieurs salles d'une très-vaste étendue : celle du Ifône, ou la salle d'audience, frappe surtout Tatlention du visiteur. Elle est longue de cent soixante-seize pieds sur quatre-vingt-deux et demi de largeur ; ses voûtes en ogive sont soutenues par un seul pilier de granit, placé au milieu de la salle (yoy. 1. 1, p. 472). Le plancher est en carreaux de faïence polychrome. Les Teutons, chassés de la Prusse, transportèrent leur siège à Mergentheim ou Marienthal , en Franconie. Le château de rïevenhaus, bâti sur la montagne de Kitzberg, près de la ville, devint la résidence des grands-maitres de l'Ordre. Ce château existe encore et mérite d'être visité.

» La grand'croix et le grand-glaive étaient les insignes des grandsmaitres. (t)

Dans les temps de la plus grande splendeur pour l'Ordre teutonique* l'élection des grands-maitres se faisait de la manière suivante : au lit de mort, le grand-maltre confiait à tel chevalier qu'il lui plaisait les insignes de sa dignité, c'est-à-dire, une croix, un glaive et un anneau^ pour être remis À son successeur. Voici d'où proyenaient ces trois objets : la croix fut accordée aux chevaliers par le pape Célestin III ; chaque chevalier, d'après les statuts , en portait une en sautoir : mais celle du grandmaître différait des autres en ce qu'elle était en or mat. L'empereur Frédéric II permit d'y ajouter l'aigle impériale, et le roi saint Louis, vers l'an 4250, des fleurs de lys. Le glaive était un don de l'empereur Henri YI au grand-roaitre Walpot, lors de son élection en Palestine. L'anneau était un présent du pape Honorius III au grand-maitre Hermann de Saitza ; il le lui avait donné comme témoignage de gratitude pour les services que ce grand- rn-iltre lui avait rendus durant les négociations entre le saint-siége et l'empereur Frédéric II. Cette bague d e grand prix fut toujours portée par Hermann de Saitza ; et, dans la suite, il fut' convenu de

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