CHANT DE LA VILIA
Yilla, le trésor de nos plaines fécondes, Roule un sable d'os un sous des vagues d*azur ;
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14 KONRAO WAILENBOD.
La fille du Niéideii, fié batgatat dam wn ondes , k le cœur annl calmQ et le fnmt aiwi par.
VUta, toos le« flears de narcisse et de rose,
Da vallon de Kowno festonne les détoon;
Plus brillants qne ces fleurs qu'en louant elle anose
Sont nos Jeunes guerriers aux pieds de leurs amours
Villa, dédaignant sa couronne éphémère.
Cherche au loin le Niémen, son rapide vainqueur; Ainsi, notre amoureuse, ayant quitté sa mère, Suit le jeune étranger et lui livre son cœur.
Yilia pour Jamais déserte ses rivages;
Le Niémen la saisit dans ses bras de géant,
La porte au fond des bois sur les steppes saérvàges :
£t tcniê deui tont se i^irdrè ati ftein db l'Océan.
Villa meurt captive, et ton cœur soliUiire Loin dés champs imtettièlii doit être enseveli t Ta périras, de même, errante sur la terrc« Jetée, avant le temps, au gouffre de Toubli I
Vina fhit toujours, et^la viéfge aime eaooni. Eh vÂln l'on avertit le cœur et lèjtonent; Villa s'est donnée au fleuve qu'elle adore, La fille du Niémen aime et chante en mourant
L'ENTRETIEFC.
Après que le grand-maître eutl^aisé le livre des lois di* 1
vines , qu'il eut fini les prières et reçu des mains du kom- j
ttiourle glaive et la grand'croix, insignes du pouvoir su- ^
prème , il leva fièrement un front orageux ; d'un regard |
étincelant de colère ou d'une joie sinistre il parcoi;irut Tas- . semblée : un sourire passager^ hôte à peine connu ^ vint
effleurer ses traits^ impereeptible et fugitif comme le 1
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rayon qui perce une roatiqale nnéa^ annonçant ^ la fo^ Le lever du soleil et la tempête.
Cette émotion du grand-maître , cet air de menace , remplissent les cœurs 4ç plaisir et d'espoir ^ déjà (o^s se figurent les combat et les riches dépouilles qui les atr tendent : déjà ils s'imaginent voir couler des flo^ de saqg païen ! Qui saurait tenir tête à un pareil guerrier, affronter sans effroi le tranchant de son glaive ou le feu de sef regards ; Lithuaniens , tremblez ! votre heure approche ! la croix sainte va briller au faîte des temples de Yilno !
Vain espoir! Les jours, les semaines se passent. Tannée entière s'écoule dans un lâche repos. La Litltuanie menace; Wallenrod ne songe pas à combattre, à mener l'Ordre au combat : et, s'il se réveille , s'il paraît vouloir agir, c'est pour agir au reboprs de la règle. Sans cesse U se plaint que l'Ordre a transgressé les anciennes coutumes, que les frères ont violé leurs vœux »4 1 « Prions, ditril ; que la pauvreté , que Tamour de la paix et de la vertu rempla^ cent le goût des richesses et des vanités mondaines ! » il ordonne des jeûnes , impose de longues pénitences; plus de plaisirs Innocents, plus de jouissances paisibles : le bannissement^ les cachots ou Le, 'glaive, voilà les punitions qu'il inflige même aux fautes les plus légères.
Cependant le Lithuanien , qui naguère évitait de bien loin les murs de la ville teutonique, maintenant chaque nuit met le feu aux villages d'alentour, traîne en esclavage le peuple des campagnes sans défense; et, pour la première fois, les enfants ont tremblé sur le seuil paternel aux sons rauques du cor samogitien "*.
Et pourtant, fut-il jamais une saison plus favorable aux combats? Les discordes intestines déchirent le sein de la Lithuanie; ici le Russien belliqueux, là le Sarmate inquiet, ailleurs le khan de Krimée, conduisent contre elle des peuplades aguerries, Yitold, détrôné par Jaghellon^ est venu
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16 KON'RAD WAIXSNROD.
chercher l'appui de VOrdte; i\ promet en échange des trésors et des fiefs opulents : et c'est en vain qu'il attend des secours '^!
Les frères murmurent^ le conseil se rassemble; seul^ le grand-maître ne paraît pas. Le vieux Hàlban court le trouver ; personne au château , personne à la chapelle. Où donc estril?... Sans doute sous la tourelle au saillant du rempart. Les frères ont épié ses courses nocturnes ; tous savent que chaque soir^ quand des ombres plus épaisses enveloppent la terre, un chevalier dirige ses pas errants vers les bords du lac : collé cpntre la muraille , à genoux et couvert d'un manteau ,"ïl brille de loin comme une statue de marbre et passe ainsi de longues nuits sans sommeil. Souvent, à la voix de la recluse, qui à demi-voix l'appelle, il se lève et lui répond de même. De loin , on ne saurait saisir le sens des paroles ; mais aux brusques lueurs de son cimier, aux mains frémissantes, aux mouvements de son front soulevé! on comprend que l'entretien roule sur de graves objets.
CEhNT DU DONJON.
Qoi comptera mes soapin, mes doalears?
O nuit profonde où mon cgear s'accoutome !
Dans ma poitrine est-il tadt d'amertume
Que le grillage a rougi sous mes pleurs?
Et ces larmes» sans cesse inondant ma paupière, Mieux qu'au sein d'un ami , pénètrent dans la pierre !
Dans le château du puissant Swentoro g '?
Il est un feu que la foudre alimente ;
L'hiver nourrit une source fumante
Sur la sommet du tombeau de Meodog :
Hélas ! nul n'entretient mes soupirs, mes alarmes, Et mon cœur saigne encor, mes yeux sont pleins de larmes.
Baisers d*un père et regard maternel.
Blondes moissons sur un champ.plein d'arômes ; Jours sans nuage et sommeil sans fantômes , Tel fut mon sort : Je te cms éternel?...
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L^BirtBETlEIl. 17
LlDDocenoe et rAmoar, ces deai anges paiiiblet» Sans cesse à mes côtés, me gardaient invisibles !
Ctiez une mère, où nous étions trois scenn, ^ Plus d'un grand roi me parla d*hyménée ; Pays charmant, jeunesse fortunée.
Qui donc m'a dit qu'il est d'autres douceurs? leune et beau chevalier, pourquoi me faire entendre Ce qu'avant toi Jamais Je n'aurais su comprendre!
Qu'il est un Dieu, des esprits immortels, Des cités d'or sur de riches campagnes; Où peuple et prince, à leurs Jeunes campagnes m Font des serments sur les mêmes autels :
Preux comme nos guerriers quand l'honneur les réclame. Doux comme nos hergen quand l'amour les enflamme.
Où, dépouillant son cilice odieux,
L'âme s'enfuit vers le ciel, sa patrie ;
n fallait croire une voix si chérie t
En t'écoutant. Je pressentais les eieux !
Et depuis. Jour par Jour, Je n'entends, Je ne rêve Que ta voix, que ce dei où mon âme s'élève !
Ta croix funèbre enchantait mon amour.
D'une autre vie elle était le symbole ^* \
De cette croix réclair luit et m'immole :
Et tout devient mort, désert à l'entour!
Je ne regrette rien; Je bénis ma souffrance.
Car Dieu m'a tout ravi... mais laissé l'espérance !■..
Et récho redisait n Espérance ! » à travers les ondes^ les valloDB et les bois.
Où suis-je? et quelle veix parle ici d'espérance? s'écrie en souriant avec rage Konrad, que ce mot rappelle à luimême. Pourquoi ces chants?... Ai-je donc oublié ton bonheur d'autrefois ? Ta mère avait trois filles , toutes belles comme toi; on te demanda la première en mariage... Malheur! malheur à vous, roses charmantes 1 un serpent se gplisse dans votre jardin ; et, par où sa poitrine marque son passag<R, l'herbe meurt, la rose se fane et devient livide
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18 KONBAD WÀLLEI9B0D.
comme le sein du reptile ! Rappelle à ta pensée les jours qui ne sont plusj ces jours qui pour toi seraient encore pleins de bonheur^ sans... Tu gardes le silence? Oui, chante et maudis-moi ! Cette larme de feu qui pénètre la pierre, qu'elle jloiabe , ici , sur ma tête ! qu'elle ne coule pas en vain ! f ôterai mon casque, qu'elle me brûle le front ; qu'elle tombe , je veux souffrir : je saurai le supplice qui m'attend aux enfers !