LA RECLUSE J
Pardonne^ ômon amant, seule je suis coupable!... Mais tu reviens si tard, l'attente est si pénible, et malgré \noi je ne sais quelle chanson du jeune âge... Silence, plus de ces chants! Et de quoi me plaindrais-je?... Près de toi, mon bien-aimé , près de toi j'ai passé un instant de ma vie ; et ce seul instant, je ne l'échangerais pas contre une éternité passée avec la foule moïK^toofi et muette ! Toi-même tu m'as dit que les êtres vulgaires sont comme ees coquillages enfouis dans la vase ; à peine une fois par an la tempête les pousse à la surface : alors ils s'ouvrent aux rayons du jour, jettent leur soupir vers les cieux et redescendent aussitôt dans leur tombe de liipon... Oh! je n'étais point faite pour un pareil bonheur.!..,. Encoi;e d^ns ma patriç, tandis que je coulais une paisible existence au mUiem-de mes sœurs , je sentais je ne sais quels désirs inconnus s'emparer de mon âme ; sans objet je s&upirais et sentais battre mon cœur... Souvent je fuyais la prairie étalée à mes pteds; j'atteignais le sommet de la pkts liaute colline , et là j« mê disais : si chacune ée ces alouettes «Âe donnait une pluifie^de ses ailes, je les suivrais dans les cieux! je n'empoitterais qu'une petite fleur de -ces montagnes... la fleur du souvenir!... puis , je voudrais m'eiivôter bien haut, an delà desnuâ^s... et disparaître... Toi, tu m'as exaucée ^ aigie , roi de l'espace, tu .m'as élevée jusqu'à toi... Oiseaux légea^, je ne vo«s demande pl«s rieq... Où pourra^^-ie yo«os
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suivre ?... à quelle autr^volui^é jpeut encore aapîTer celle à qui fut donné d'adorer le souyeraia maître dan^ les deiu:^ et de chérir un grand homme ^r la terre 4
KO^iUD.
Lagrandeur^ô mon angel et tqujtours la grandeur !... mais elle seule cause nos toui^ments! Console-toi; qt^ielque^ jours encore, il en re^te si peiii!... C'en est fait! plus de ;rôgrets ; il est trop tard : pleurons à présent pour que Tennemi tremble... Konrad pleure^ mais afin d'^orgier !... Que vi^nstu faire ici... loin des murs du cloître , de Tasile de paix?... Je f ai vQuée au service de Dieu ; hélas ! n'eût-il pjis mieux valu^ dans ces murs conss^crés, pleurer et mourir loin de moi que d'attendre la mort dans ce pays du mensonge et du meurtre^ daps cette tour sépulcrale^ la mort qui vient à la suite de tortures prolongées; puvraBt des yeux désespérés ^ mendiantdu secours à traders les barreisuix île cette grille iaflexibl^ !. .) Ëtmoi L,. témoindu martyrede ta:k)ngue9gonie^ il me faut rester en bas et mptvidire mionâme d'avoir e9<;orc gardé quelque.peU:dç entiment.
LA apCitUSE.
Ohl situ viens maudire, ne viens plus Udi En vain tureviendxsiis^ tu me sçpplieraiis avqc des larmes , tu me m'entendras plus ! J'ajbapdonpie.cette fenèlpre.et je .descends .po^r toujours dans ma nyijt .pirofond^, Mje.v^isdéicoçeir de^ larmesMlencieuses... Adieu^mon i^ul 9i]9^ouir^ ^dieu pour jamais! Périsse le Sfouyiepi^r de cette hj^DDe où tu n'as pias eu pitié de, moi!
Pitié donc pour moi-même^ i»^ tqi qiai es un ange ! demeui^e encore; ou^ si ma prière ne te rQ^Qpt pas, je me birise,ie crâne sur l'angle de Ge.do;ijoi|i : diefnieuffe, ou je mourrai comme ce maudit Gjaip i
Ayom dpnc pitié tous les deq^l Sopge, ô ipQn «n^i si
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^ KONBAD WALLENROD.
nous n'étions que deux sur cette terre immense^ si grande qu'elle soit; sur les sables de la mer^ deux gouttes de rosée que le moindre souffle de Tent pourrait faire disparaître !... Oh ! puissions-nous mourir ensemble ! Suis-je donc venue ici pour troubler ton repos? Je n'ai pas voulu prendre le voile et fiancer à Dieu ce cœur que possédait un amant mortel ! J'ai seulement voulu demeurer dans le cloître et consacrer en toute humilité mes jours au service dès religieuses. Mais là, autour de moi, tout était si nouveau , si étrange...- si désert sans toi ! Je me suis rappelé qu'après bien des années tu devais revenir à la ville de Marie tirer vengeance d'un puissant ennemi et soutenir la cause d'un peuple opprimé... L'espérance abrège les années ; peut-être, revient-il déjà, me disais-jeen moi-même , lorsque vivante je venais m'ensevelir dans ce tombeau ; ne m'estril pas permis de le revoir encore et de mourir auprès de lui? J'irai donc, ai-je dit, m'enfermer dans un ermitage, sur un débris de rocher, au bord d'un chemin î... Peut-être un chevalier prononcera-t-il en passant 4e nom de celui que j'aime. Peut-être parmi lès casques des guerriers , reconnaîtrai-je son panache ! Qu'il change d'armure, qu'ir change de bouclier- et de devise, qu'il change de visage, d'aussi loin qu'il paraisse, mon âme devinera mon amant ! Qu'obéissant à un devoir terrible , il répande autour de lui la mort et le carnage, que tous l'exècrent et le maudissent; une âme fidèle, de loin, osera le bénir!... C'est ici que j'ai choisi mon refuge et ma tombe, dans ce lieu désert et paisible où nul sacrilège étranger ne viendra surprendre les accents plaintifs de mon cœur. Tu te plais, je le sais, dans les promenades solitaires. Un soir, me disais-je encore , il viendra peut-être , loin de ses compagnons, s'entretenir avec les vents et les flots du lac bienaimé; alors, il entendra ma voix, il me donnera une pensée... Le ciel a satisfait ces innocents désirs. Je t'attendais, te voilà! Mes accents, tu les as compris... Naguère je
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L'ENTSEriBN. 21
priais Dieu de voir au moins dans un songe ta consolante image ^ et ce n^étaitqu'une^image pourtant!... Aujourd'hui^ que de bonheur!... Nous pouvons... oui! nous pouvons pleurer ensemble !...