SCÈNE I
[in appartement dans le château de Petrella — Entre (lenci.
CENCI
Elle ne vient pas, cependant tout à l'heure je l'ai laissée vaincue et évanouie ! Elle connaît la peine qui attend ses délais. Et cependant si les menaces étaient vaines ! Ne suis-je pas maintenant dans l'enceinte de Petiella ? Ai-je encore à craindre les yeux et les oreilles de Rome ? Ne pourrais-je pas à mon aise la traîner par sa chevelure d'or ? La fouler aux pieds ? La laisser sans sommeil jusqu'à ce que sa cervelle soit excédée ? La dompter au moyen des chaînes et de la faim? Il suffirait de moins. Quoi ! laisser inaccompU ce que je brûle le plus d'atteindre ! Non ! C'est sa volonté obstinée qui, de son propre consentement, s'inclinera aussi bas que
ce qui lavilit. Entre Uicretia.
Toi, misérable abhorrée ! Dérobe-toi à ma haine ; fuis, dispai^ais !... Non, reste ; fais venir ici Béatrice.
LUCUETIA
0 mon époux ! Je t'en prie, pour le triste amour de toi-même, prends garde à ce que tu fais. Un homme, qui, comme toi, marche à travers les crimes et à travers les dangers qu'attirent ses crimes, peut à chaque lieure trébucher soudainement dans la tombe, Et lu es
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vieux ; les cliovoiix sont £;ris, prosqiio hlniios. Si lu voux Ic saiivci' loi-mrine dc la moii ct do rcnfcr, aie ])ilié do (a (iilo ; donno-la à quol(|uo ami, on niaiiago, alin (juollo no soil pas pour loi uno tonlalion iW haino, on ilo plus criniiuollos ponsoos, s'il on oxislo.
CEKCI
Oui ! oomnio sa smir, qui a irouvé un foyer pour insullor à nia liaino avec sa prospéritc'» ? Une élraniçe niino vous éorasora loulos doux, ollo ol loi, ol tout oe (jui nio roslo onooro. IMa morl pont ôli'o rapide ; son destin la i^ai>nora de vitesse. Va, ct dis-lui do venir ioi, (H avant (\iw mon humeur ne soit changée ; sinon je la traînerai pai' les cheveux.
LUCRETIA
C'est elle (|ni ma envoyt'o vois loi, ô mon époux. A ta ])i'osenco, connue tu le sais, elle est loml)ée évanouie ; et dans celles crise, elle a entendu uno voix qui disait : « Cenci va nioui'ir ! Qu'il se confesse ! Lange accusatoni' alleiid oiieoi'o, alln de savoii' si Dieu, pour punii' ses ('normes crimes, ondiu'cira son C(enr mourant. *