ACTE V
sci':ne I
Un apparlemenl dans le palais d'Orsino. — Entrent ORSINO et r.IACOMO
GlACOMO
Les actions mauvaises arrivent-elles donc aussi rapidement à leur dénouement ? Oh ! pourquoi le vain remords qui doit châtier les crimes accomplis n'a-t-il pas une voix aussi puissante pour avertir que son aiguillon acéré est mortel pour venger ! Oh ! pourquoi l'heure passée, quand elle était présente, n'a-t-elle pas rejeté le manteau de son mystère, et montré la forme spectrale sous laquelle elle revient, maintenant que son gibier épouvanté est levé, exciter les chiens courants de la conscience à la poursuite de leur proie ! Hélas ! Hélas ! Ce fut une pensée mauvaise, une action pitoyable, de tuer un vieux père à la tête blanche !
ORSIXO
Cela a mal tourné, en vérité !
GIACOMO
Violer ainsi les portes sacrées du sommeil, fiauder la bonne nature de la paisible mort quelle prépare à la vieillesse obsédée ; arracher au ciel une âme non repentante, qui aurait pu éteindre dans des prières de réconciliation une vie de crimes bridants !...
90 iï:uvnES poétiques de shelley
(msiNO Vous ne pouvez pas dire que je vous ai poussé à raction,
CIACOMO
Oh ! si je n'avais jamais trouvé dans votre visage doucereux et complaisant le mii'oir de mes tén<''l)reuses pensées ! si jamais vous ne m'aviez, avec vos insinuations et vos questions, forcé de regarder le monstre de ma pensée, jusqu'à ce que mon désir se familiarisât avec lui...
ORSINO
C'est ainsi que hvs hommes rejettent le Itlàme de leurs enlre|»rises niancpiées sur les conseillei's (h' leui' propre résolution, ou sur loulc anire chose, excepté sur leur pro|)re faiblesse coiq)al)le. (>e|)('U(lanl, avouez la vérité, c'est le péril où vous vous trouvez qui vous donne celte pâle angoisse de repentir; avouez que c'est la crainte, dépouillée de sa pro))re honte, qui prend maintenant le manteau (\u niaigi-e Hemords. VA cependant si nous pouvions encor*! être sauves?