‹ Œuvres poétiques complètes de Shelley (volume 2)Chapitre 68 sur 105 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Le char s'arriHe dans un nuage sur le sommet d'iuie niontagnt; île neige. - ASIA, PANÏHÉA et L'ESPKIT DE L'HEURE

l'esprit Sur le bord de la luiit et du matin mes couisicis ont Ihabitudc de respirer. Mais voilà (|uun murmure de la lUmîi:;. 11

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Terre les presse de fuir plus rapides que le feu; ils vont boire la rapidité brûlante du désir !

ASIA

Tu souffl(;s à leurs narines ; mais mou haleine leur donnerait une plus grande rapidité.

l'esprit Hélas ! cela ne se peut.

l'ANTIIÉA

0 Esprit ! arrête-toi, et dis d'où vient la lumière qui inonde le nuage? Le soleil n'est cependant pas levé.

l'esprit Le soleil ne se lèvera pas avant midi. A])ollon est retenu dans le ciel par un prodige ; et la lumière qui remplit cette vapeur, comme la nuance aérienne des roses qui regardent une fontaine remplit l'eau, s'écoule d(; ta puissante Sù'ju'.

l'ANTUÉA

Oui, je sens...

ASIA

Que t'arrive-t-il, ma sœur ? Tu es |)àle.

PANTllÉA

Connue tu es ('hangécî ! .le n'ose pas te regaidci- ; j(^ te sens, mais jt; ne te vois pas. .le |)nis à |(eine cudiMi'r lirradialion de ta beauté, l'n nuTveiiiciix clumgemenl s'opère dans les éh'nu'uls, qui su|)porl(iii l;i pi CNrncc ;»insi sans voile. Les Ni-i'é-idcs disent cpi au joui- oii le clair hyalin s Ouvrit à ta naissance, et <|ne tu ap|)arus dans une c(M|uille veinée. Ilotlant sur la caluu' surface de la un-r de ciislal, le loui; des des Ki;ees, cl des riva-

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ges qui portent ton nom, l'Amour , comme latmosphcre embrasée du soleil remplissant le monde vivant, jaillit de toi, et illumina la terre et le ciel et le profond océan et les cavernes sans soleil, et tout ce qui y habite; jusqu'à ce que le chagrin jetât une éclipse sur l'Ame d'où il est venu. Telle tu es maintenant ; et ce nest pas moi seule, ta sœur, ta compagne, ta choisie entre toutes, mais le monde entier, qui recherche ta sympathie. Xentends-ta pas les sons qui, dans l'air, disent lamour de tous les êtres vivants ? Ne sens-tu pas les vents inanimés énamourés de toi ? Écoute !

Musique.

Tes paroles sont plus douces que tout, excepté ce dont elle sont les échos ; oui, tout amour est doux, donné ou rendu. L'amour est commun comme la lumière et sa voix familière ne se consiune jamais ; comme le vaste ciel, l'air qui soutient tout, il fait le reptile égal au Dieu. Ceux qui l'inspirent sont très heureux, comme je le suis maintenant ; mais ceux qui l'éprouvent sont encore bien plus heureux, après de longues souffrances, comme je le deviendrai bientôt.

PAXTHKA

Écoute ! les Esprits parlent.

UNE voix dans l'air, rliantant

Vie de la vie ! Tes lèvres allument de leur amour la respiration qui les ouvre ; et tes sourires avant de s'(''v:iuouir euibrasent l'air glacé ; alors abrite-les dans CCS regards où quiconque regarde se sent défaillir, perdu dans Icius labyrinthes.

Enfant de Lumière! les membres ravoniicnl à travfi's

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l(i vêtement qui semble les cacher, comme les traits rayonnants du matin à travers les nuages, avant de les fendre ; et cette divine atmosphère t'enveloppe partout 011 tu brilles.

D'autres formes sont belles; toi, personne ne te voit, mais ta voix résonne liasse et tendre comme les plus belles ; car elle t'enveloppe hors de la vue, cette liquide splendeur ; et tout te sent, sans te voir jamais, comme jeté sens mainlenant, à jamais perdue en toi.

Flambeau de la Terre ! Partout où tu te meus, ses formes obscures sont revêtues de lumière, et les âmes d(î ceux que tu aimes marchent légèrement siu' les vents, jusqu'à ce qu'elles tombent, comme moi maintenant, étourdies, perdues, et cependant sans regrets.

ASIA

Mon âme est un baleau enchanté, qui, comme un cygne ciulormi, s'en va llollaut sur les vai^ues argent('cs de Ion doux chaiil ; el la licnne ressemble à un ange assis au gouvernail, le conduisanl, pendant que tous les vents retenlissent de mélodie. 11 me semble Holler toujours, pour toujours, sur une rivière aux nombreux tournants, entre les montagnes, les bois, les abîmes, un paradis de solitude ! .Iiis(pi"à ce (jue, comme quehpi'un (MichaiiK' dans le sonnneil, ])()i'l('e à l'ot-c'an, je (lolle en tous sens an sein dune mei- [Ji'oronde, d'une harmonie se déroulant sans lin.

C.epeiuianl Ion esprit élève ses ailes dans les plus sereins (l(nnaines de la musicpie, porh' sur les /.t'-phyrs (|ui evenleni cet henrenv ciel ! Kl ncnis voguons, en a\anl, bien loin, sans nn coiiranl. sans une eloile; inii(|iienient enirainees pai' l'inslinel de la douce inusi(|ue ; justju'à

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ce quà travers les îles des jardins Élyséens, par toi, le plus beau des pilotes , là oîi jamais canot mortel na glissé, le bateau de mon désir soit guidé : royaumes où l'air qu'on respire est l'amour, qui se meut sur les vents et sui' les vagues, harmonisant la terre avec ce que nous sentons au-dessus d'elle.

Nous avons passé les cavernes de glace de la Vieillesse, et les vagues noires et agitées de la Virilité et l'Océan uni de la Jeunesse, souriant pour trahir ; nous fuyons au-delà des golfes limpides de l'Enfance peuplée d'ombres ; à travers la Mort et la Naissance, vers un jour plus divin ; un paradis d'épais ombrages, éclairés par le regard des fleurs, et sentiers d'eaux, se déroulant au milieu de solitudes calmes et vertes, peuplées de formes trop brillantes pour qu'on les voie et qu'on se repose après les avoir vues, — quelque chose qui te ressemble — qui marchent sur la mer, et chantent mélodieusement !

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