‹ Œuvres poétiques complètes de Shelley (volume 2)Chapitre 78 sur 105 · DEUXIÈME DEMI-CHŒUR · texte numérisé non relu

DEUXIÈME DEMI-CHŒUR

Nous, les enchantements de la terre nous retiennent.

l'RKMlER nEMl-CII(>EUR

Incessantes, et rapides, et ardentes, et libres, avec les Esprits (jiii vont bâtir une nouvelle terre et une nouvelle mer, et un ciel où cependant il n'y a pas de place pour le ciel...

DEUXn'^ME DEMI-CnOEUR

Solennelles et lentes, et sereines, et biillantes, conduisant le Jour et chassant la Nuit, ave(! les pouvoirs d'un monde de parfaite lumière...

PREMIER nEMI-CII(«.lR

Nous tournons en chantant à pleine voix autour de la sphère qui s'agglomère, jusqu'à ce que les arbres, et les bêtes, et les nuages sortent de son chaos, apaisé par l'amour, et non la crainte.

i)i:ixn;ME DEMi-<;ii(n:iR Nous liaisons le tour de l'océan cl des montagnes de la terre, et les heureuses formes de sa mort et de sa naissance changent à la musique de notre douce allégresse.

CHOEUR d'heures ET d'ESPRITS

Hrisons la danse, et dissipons le chant : (pie les unes j)ai'lent, (|iit' les autres dcniciircnl. Partout où nous volons, nous (conduisons en laisse, coninic avec des l'ayons dc'-toilcs, doux et cejx'ndant foi"ts, les nuages, lourds de la doiu-e pluie de l'amour.

PANTHlU

Ha ! Elles sont parties !

lONE

Cependant ne sente/vous pur le charme de la douceur passée ?

l'IlOMÉTHÉE DÉLIVRÉ 213

PANTIIÉA

Comme la colline nue, veile, lorscpie quelque nuée suave sévanouit en pluie, rit avec ses mille gouttes ensoleillées au ciel sans pavillon !

lOiSE

Pendant que nous parlons, voilà que de nouvelles notes s'élèvent. Quel est ce terrible son ?

PANTHÉA

C'est la profonde musique du monde roulant, allumant dans les cordes de l'air ondoyant les modulations Éoliennes.

lONE

Écoutez aussi comme chaque pause est remplie de sous-notes, tons clairs, argentins, acérés comme la glace, (]ui rc'veilleut,, qui percent le sens et vivent dans l'âme, comme les étoiles effdées percent l'air de cristal de l'hiver, et se mirent dans la mer.

PANTHÉA

, Mais vois à travers ces deux ouvertures dans la forêt que les branches pendantes couvrent comme d'un dais, là où deux fdets d'un ruisselet entre les mousses compactes, entrelacées de violettes, ont tracé leur sentier de mélodie (comme des sœurs qui se sépaj'ent avec des soupirs, pour pouvoir se rencontrer avec des sourires, tournant leur chère désunion vers une île d'aimable peine, un bois de douces et tristes pensées) ; vois deux visions d'un étrange rayonnement flotter, connue sur un océan, sur l'enchantement d'un son puissant, qui coule plus intense, plus perçant, plus profond, sur la terre et à travers l'air sans aile.

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