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Ils euseii;naienl aussi coninieiil toutes les choses
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qui semblent indomptables, impossibles à surmonter ou ù détourner, obéissent aux enchantements de la sorcellei'ie de la Sagesse ; le temps , la terre et le feu, l'océan et le vent , et toutes leurs formes , et l'impériale volonté de l'homme : — d'autres grimoii'cs déroulaient les plus secrets trésors de l'amour ; — que le profane tremble de demander quels secrets ils contiennent I
Et des œuvres merveilleuses de substances inconnues, dans lesquelles le puissant enchantement de son Père avait transformé ces blocs grossiers de pierre sauvage, étaient amoncelées dans les retraites de son séjour : lampes et calices sculptés, flacons étincelants dans leurs propres rayons d'or, — chacun semblable à une fleur du fond de laquelle une luciole secoue sa lumière sous un cyprès dans une nuit sans étoile.
D'abord, elle vécut seule dans cette sauvage demeure, et chacune de ses propres pensées lui était un serviteur, revêtant l'écume de l'océan, ou le vent, ou la rapidité (lu feu, pour exécuter tous les desseins qui pouvaient se présenter à son esprit : tel était le pouvoir dont son puissant Père les avait douées, pour voler ou courir à travers toutes les régions, qu'il inonde de sa lumière.
Les Nymphes de l'Océan et les Amadryades, les Oréades et les Naïades avec leurs longues boucles d'herbes, s'oflrirent pour exécuter ses ordres à travers les mers, sous la terre, dans les rochers creux, et sous les profondeurs des racines entremêlées des arbres, et
dans le cœur noueux des chênes inflexiblos ; ainsi pourraient-elles vivre pour toujours dans la lumière de sa douce pi'ésence, lui servant chacune de satellite.
« Cela ne peut être, » répondit la Vierge Magicienne : « On verra les fontaines, où les Naïades baignent leurs étincelanles chevelures, se dessécher et tarir; les solides chênes oublier leur force et joncher de leur dernière feuille les immenses montagnes ; l'océan sans bornes se consumer comme une goutte de rosée ; l'inébranlable centre du monde séparpiller comme un nuage de poussière en été.
« Et vous-mêmes, avec eux, vous p(''rire/. une par une. Si je dois soupirer en pensant que cela arrivera, si je dois pleurer quand le Soleil vous survivant soui'ira sur votre ruine, — ah ! ne me demandez pas de vous aimer jusqu'à ce que votre faible i-ace soit tombée ; je ne puis moui'ir comme vous y êtes condamnées... Sur moi vos feuilles brilleront ; les couiants (pie vous habile/, seront désormais mes seiuieis ; adieu donc ! »
Elle, dit et pleura. La source noire et azurée «iinc<'la sous l'averse de ses l)rillaiiles larmes, et eliafpie petit cercle où elles loml)èrenl jeta sur la voûte de la cavei'ue <les sphères mobil(>s et des ligues entrelac(''«'s de lumière. En glas de voix sanglotantes ariiva à ses oreilles, venant de ces formes (lui s'j'loigiiaient, sur la sérénité des itlanes courants et de la vei'le loivl. WVl
'foui le jour la Dame M;ii;i(ienne s'assit à l'tVart,
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épclant les rouleaux de la terrible antiquité sous la voûte de la caverne éclairée par la fontaine ; ou i3rodant la poésie aux riches couleurs d'un conte sublime sur sa trame grandissante, que la douce splendeur de ses sourires teignait de nuances éclipsant celles du ciel; et elle ne cessait d'ajouter quelque grâce à la poésie qui sortait de ses mains.
Cependant dans son âtre flambait mainte branche de bois de santal, de gommes rares, et de cinnamome. Les hommes ne savent pas assez combien le feu est beau : chacune de ses flammes est comme une pierre précieuse dissoute dans une lumière toujours mouvante ; et ce trésor appartient à tous ceux qui le regardent. La Magicienne ne le voyait pas, car dans sa main elle tenait un tissu qui obscurcissait les tisons enflammés.
La Dame ne dormit pas, mais elle passa toute la nuit en extase près de la fontaine, — comme dans le sommeil. Les rochers d'émeraude brillaient dans l'éclat de sa beauté ; à travers la verte splendeur de l'eau profonde, elle voyait les constellations tourner et danser comme des lucioles ; sans se déparlii" jamais de sa calme contemplation, les yeux ouverts, les pieds immobiles, les mains croisées.
Et, quand les tourbillons et les nuages descendirent des blancs pinacles de cette froide montagne, à la tombée de la rosée, elle passa dans un endroit spacieux, où, dans une clairière d'as])hodèles en fleurs, au milieu d'un l)ois de pins et de cèdres entremêlés, bâillait
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une source inextinguible de feu cramoisi, toujours pleine jusqu'au bord, et inondant toute la niargcllc polie.
C'est là quelle (il son séjour, quand la furieuse guerre des vents d'hiver ébranla cette innocent<> liqueur, y traçant limage de mainte lune et de maintes étoih^ barbelée, au-dessus des bois et des pelouses. Le serpent dans son sommeil l'entendait trembler et, rêvant encore, s'éloignait en rampant. Et, quand la neige qu'aucun vent n'agilait descendait plus épaisse que les f('uill(!s d'autonme, elle observait comment elle fondait à la surface unie de la flamme.
Elle avait un bateau (|ue, selon quelques-uns, Vulcain avait fabriqué à Vénus, pour servir de cbai- à son étoile ; mais il avait ('té trouvé trop faible pour être cliargé de toutes les ardeurs (pii sont dans celle sphère ; «l ainsi elle l'avait vendu, el A|»()lloii lavail aehelt' et donné à sa lille ; le char ('-lait devenu le plus beau el U' plus h'ger Italean rpii ail jamais llollc' sur un courant mortel.
Daulres disent (pie, lois(prd n'avait encore (|ue Irois heures, l'Amour [ireniiei' ik' saula hors de son bei-ceau, el lemlil de ses ailes dVir le sombre chaos, el (|iie. cdiiinie Mil adeple en hiM'ticnllnt'c. il déroba une ('■liange i;iaine. l'enveloppa de terre veg(''lale, el la sema dans r(''l(»ile de sa uk'tc, el la soigna, l'arro-sanl loin ICit' de douce l'osée, et r(''veiilanl de ses ailes à mesiii-e (pielie pniissail.
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La plante devint forte et vei-te ; la fleur de neige tomba, et le fruit, long et semblable à une gourde, commenea, en vertu dun pouvoir intérieur, à convertir la lumière et la rosée en sa propre substance : un réseau d'un léger et ferme tissu, pourvu de nervures et de branches, courut sur la solide écorce, semblable à l'éventail veiné d'une feuille ; — l'Amour y creusa ce Ijatcau, et avec un doux mouvement le pilota sur la surface arrondie de l'océan.
Elle amarra ce bateau sur sa fontaine, et alluma un esprit vivant dans toute sa trame, soufflant en lui lame de la rapidité. Couché sur la fontaine, — ■ comme une panthère apprivoisée (l'une du couple qui se tient aux pieds d'Evan), ou comme une rapide flamme sur le sceptre de Vesta, ou une pensée ailée sur le cœur d'Homère aveugle, — le bateau était étendu dans une joveuse attente.
Puis, par un art étrange, elle pétrit ensemble du feu et de la neige, mêlant à cette masse hétérogène pour la tempérer du liquide amour ; tous les éléments à travers lesquels peut passer Iharmonie de lamour grandirent ensemble, et de ses mains sortit une admirable forme, une image vivante, sui'passant de bien loin en beauté cette brillante forme de marbre vivant, qni ravit le cœur de Pygmalion.
C'était un être sans sexe, et, à mesure qu'il croissait, il semblait qu'il ne se développait eu lui aucun défaut
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de run ou de l'autro sexe, mais touto la gvÀco de diacun deux. Los membres se revêlironl de doueeur et de force ; le sein se gonfla légèrement dans la plénitude de sa jeunesse; le visage était celui que pourrait choisir un artiste dont l'arl ne devrait jamais mourii-, sil pouvait expi'imei- une aussi parfaite pureté.
A SCS épaules polies pendaient deux rapides ailes, capables de le porter jusquà la septième s|>licre, douées de la lapidité des liquides éclairs, teintes des ardeurs de latmosphère. Elle conduisit sa créature aux sources bouillantes où le léger bateau était amarré, cl lui dit : « Assieds-toi là », en lui montrant la proue, et elle s'assit au gouvernail en face délie.
Et descendant les couiants (jui fendent ces vastes montagnes, autour de leurs ilôts iiit(''rieurs, enli'c des forêts peupb'cs de païUbèi'cs — dont lOniljre jetait de lobscurilt' et des |i;ul'uins, et un plaisir caché' dans une pénomhi'e nn-lancoliciue — le canot passa ; près de; mainte pyramide entourée détoiles des rochers de glace perçant le ciel i)Our|)re, et de cavernes bâillant tout autour, insondablcnu'ut.
Dansée vallmi lorliiciix. le midi d argent , traversant de ses lueurs obli(|ues les sounnels iioisé'S, tondiait faiblement, tenijx'ré' counncî un soir d'oi-; une lumière verte et embiasi'c, semblable à celle qui d(''goulte des lys replii'S où habitrnt les vers luisants, (piaiid la Terre dra|»e' sui' sa face le maiitraii de la Nuit ; ciitri- les niuntagnes