‹ Œuvres poétiques complètes de Shelley (volume 2)Chapitre 93 sur 105 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Pourquoi attendre, pourquoi retourner en arrière, pourquoi reculer, o mon cœur ? Tes espérances sont parties avant toi ; (îlles se sont séparées de toutes les choses dici-bas ; tu n'as plus <|u"à partir ! L'année qui s'écoule, riionune, la témme ont perdu une de leurs lumières ; et ce qui est toujours cher t'attire pour técraser, et te repousse pour te faiie dépérir ! Le doux ciel sourit, le vent murmure à voix basse lout près de loi : c'est Adonais qui t'appelle! Oh! hâte-toi de le rejoindre! Que la vie ne sépare plus ce que la mort peut réunir à jamais !

Cette linnière dont le soiniic cnllanune l'univers, cette beauté dans laquelle toutes choses agissent et se meuvent, cette bénédiction (|ue l'analhème ténébreux delà naissance ne peut ('leiiuh'e, cet Amour (jui soutient loiil, (|ui, il iravci's le tissu de lélrr avciigli-nicul tramé I»:ir I liounne et la bête et laleri'c et laiicl lamer, brûle brillant ou obscur, pendant (jue chacun est le miroir de ce feu dont toutes choses sont altérées, rayonne

ADONAIS 305

maintenant sur moi, consumant les derniers nuages de la froide mortalité.

Le souffle dont j'ai invoque la force dans mon chant descend sur moi ; la barque de mon esprit est entraînée loin du rivage, loin de la foule tremblante, dont les voiles n'ont jamais été le jouet de la tempête. La terre massive et les cieux sphériqaes se fendent ! Je suis emporté bien loin, dans les ténèbres et l'épouvante ! Tandis que, brûlant à travers le plus intime voile du ciel, l'âme d'Adonais, semblable à une étoile, rayonne du séjour où habitent les choses éternelles.

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