SCENE : Constantinople, au couclicr du soleil
DRAME LYRIQUE(i)
Scène : Une terrasse dans le sérail. — MAHMOUD, dormant; une eselave inilienne assise près de sa oouelie.
CHœUR Ï)E C ACTIVES GRECQUES
Nous semons ces lleiirs opiacées sut' ton oreiller sans repos; elles ont été cueillies aux berceaux de lOrient près de la vague indienne... Que ton sommeil soit calme cl profond, connue le somiucil de ceux qui sont tombés 1... non comme le nôtre, nous qui pleurons !
l'esclave lndienne Loin dici, rêves sans charmes ! Loin d'ici, formes meuleuses du sommeil ! Que le sien soit, comme semble le ciel, clair et brillant et profond ! Suave comme l'amour, calme comme la mort, doux connue une nuit d'été sans une brise !
(1) Lire, à Y Appendice II, le l'raltii/in' j,tjiir I/c//a.s. que Slieiley destinait à un drame plus étendu et dune conception plus élevée et plus symbolique.
cii(»:in Dors ! Dors ! Xuli-c cliant est lourd do l'âme du soniuicil ; il a clô chauté par une vierge Saniienue, dont lanianl lui du non]!)r('; de eeux qui mainlenanl gonlent. ce cahne sommeil, d'où {)ersonne ne peut s'éveillei", où pcM'somie ne pleurei'a.
l'esclave indienne Je toiiehe les pâles lempes ! j'exhale mon âme sur loi ! et, si mes prières pouvaienl prévaloir, (jue loiiU; mu joie soil morle el que je ne vive que pour pleurer, pourvu (|ue lu puisses jouir d'une heure de calme sommeil !
cii(yi:uR
Soupii'e/ hien bas, bien bas, le charme de la |)iiissanlc Maîtresse ! Quand la (^onscienc(! endorl son serpent repu , et (|ne les tyrans dorment, qu(! la Liberté s'éveilh' !... Soupirez bien bas, bien bas les paroles, qui, comme un (eu secret, doivent couler à 1 ravers les veines de lu lerr(^ glacée !.... bien bas ! bien bas !
l'KKMU'.H DE\n-(.II(ll,l r.
La Nie |)eul changi'i', mais elle ne peut s'cuvolei"; LKsperance peut s'évanouir, mais elle ne peut niouiir ; la V(''rité peut être voilée, mais elle brûle à jamais ; l'Amour repousse, n)ais il revicnl !
Di.i \ii,>u; ni.Mi-ciKn.i i\ OpcnilanI la Vie serai! un cliarnicr où Icspoirgil enseveli avec; le désespoir ; cependant la \ eril*' serait un mensonge sacré ; l'Amoui' serait luxure
PREMIER DEMI-CHOEIR
Si la Liberie ne prêtait pas à la Vie son àmc de lumière, à l'Espérance son arc-en-eiel de délices, à la Vérité sa robe de prophète pour la vêtir, à lAmour sa force pour donner et supporter.