LE SOIR
Ponte al Mare, Pisa.
Le soleil est couch(' ; les hirondelles sont endormies ; les chauves-souris volent éperdument dans l'air gris ; les lents et doux crapauds rampent hors de leurs humides retraites ; et l'haleine du soir, errant çà et là sur la surface tremblante du courant, n'(>veille pas une ride de son rêve d'été.
Il n'y a point de rosée cette nuit sur la terre desséchée, point d'humidité dans l'ombre des arbres; le vent est intermittent, sec et léger ; et dans l'inconstant mouvement de la brise, la poussière et les pailles sont
•268 (»:lvki:s puictiqies de shilley
cmpoiléi'scn lout sens el fourbilloniicnt autour du puvé de la ville.
Sur la surface de la rivière (jui fuit, l'image ridée de la eité sélend,dans un éternel mouvement, et elle tremble
toujours, sans jamais s'évanouir. Venez à vous, qui
êtes changée, vous la trouverez encore ce qu'elle était auparavant.
Le goullVe où le soleil a sombré est clos des noires barrières d'un nuage cendri', semblables à des montagnes sur montagnes entassées, mais dont la masse se soulève en grossissant vers les hauteurs ; et au dessus s'ouvi'c un esjiace de bleu li((ui(le, à travers lequel (Hincelle lastie perçant du soir.