‹ Œuvres poétiques complètes de ShelleyChapitre 119 sur 138 · UN HOMME DU CORTÈGE · texte numérisé non relu

UN HOMME DU CORTÈGE

IMace au Uoi!

LE JEUNE HOMME

Qu'il est glorieux! Voyez ces chars empressés roulant comme des nuages colorés devant le vtîul, derrière leurs solennels couisiers; les uns en forme de coquilles recourbées teintes des profondeurs d'azur des mers indiennes; d'aulres scudilablcs à la lune naissante; d'autres pai'cils à ces chars sur l('S(|U('ls les llomains, al)ril(''S sous le dais des ailes d aigle de la \icl(»ire, montaient au Capitole! Voyez avec (pielle gloire h's fougueux coursiers dans la lumière des lor<'hes balancent leurs éh'gants cavaliers, pendant (|ue ceux-ci maîtrisent leur orgueil, comme s'ils ('trient faits de (|uel(|ue éh'meni

plus divin que lair de rAiigleterie, et des êtres plus nobles que la multitude envieuse et ébahie.

SECOND CITOYEN

Les voici, les voici, — nobles, et fils de nobles, privilégiés, monopolistes, intendants de cette pauvre ferme, sur le maigre troupeau de laquelle perchent les corneilles prophétiques. Voilà la pompe qui dépouille l'orphelin sans abri ; voilà l'orgueil qui brise le cœur désolé. Ce sont là les lis aussi glorieux que Salomon, qui ne travaillent ni ne lilent, si ce n'est les fdets où ils attrapent les pauvres diables. Voilà les rassasiés qui laissent à peine à ceux qui arrachent à la terre ses maigres dons, la dune qui doit les soutenir, jusciu'à ce qu'ils rampent sur son sein froid et dur. Voici la santé suivie de l'affreuse maladie, la gloire de la honte, la dissipation de la faim boiteuse, la richesse de la sale pauvreté, et le péché de l'Angleterre du châtiment de l'Angleterre. Et, comme refîet suit la cause qui le devance, voyez, donnant une substance à mes paroles, voyez à la fois le signe et la chose signifiée, une troupe d'impotents, de gueux, de maigres proscrits, montés sur des haridelles trébuchantes, entassés sur des tombereaux, sortis pour un jour des caves et des basses huttes et des trous vermoulus où ils se cachent, pour faire éclater la morale de cette représentation, et former l arrière-garde de cette brillante pompe avec l'armée de la misère !

LE JEUNE HOMME

Ce n'est que l'anti-mascarade, faisant l'office des notes discordantes dans la plus suave musique. Qui aimerait les fleurs de mai, si elles ne succédaient pas aux

29 i ŒUVRES POÉTIQUES DE SHELLEY

rafales de l'hiver? ou le jour sil ne faisait place à la nuit, ou la joie même, sans l'accompagnement du chagrin ?

SECOND CITOYEN

Moi et toi

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