‹ Œuvres poétiques complètes de ShelleyChapitre 120 sur 138 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Une cliambrc à Wliiteliull. — Enlrenl le ROI, lu UEINE, LAUD, LORD STRAFFORD, LORD COTTIXGTON, et

d'autres Lords ; ARCHY, le fou de la Cour ; SAINT-JOHN, avec quel(|ues ij;enUlshoinuies des Inas of Court.

LE r.oi Merci, Messieurs. J accepte de tout cœur ce gage de votre service : votre gaie mascarade s'est passée fort galannnent. El cest un bon signe quand les sujets entrehicenl de telles llenrs de respectueux dévouement aux épines acérées (jui parent la cotironuedAnglelerre. Fil noble cœur jouit de ce qu'il donne, comme il soullre de ce (piil fait soiill'rir, (|iiaiid njènie la justice guide le coup. Acceptez mon conlial remerciement.

LA KEINE

El, Messietirs, appelez votre pauvre Reine votre (l(''l)ilrie(î ; voire cliarmaiile fi-ic a l'ail siiii^ir (levant moi les ligures des années passi'-es renioiilanl leur (Mans silencieux jus(pi";i renfance. plus hclles el pins douces à mesure (pi'ellcs se rapproclicnl du lf;ni(|uille hcrceiin. J'aurais |>res(pie pleiir»', en pensatU (pie J'étais à Paris, — oil ces maiiil'esialions sont si Iticn imaginées — telle

que j'étais avant que mon jeune cœur ait pris une portion du fardeau, du poids plein de soucis de celte grande monarchie. Là, Messieurs, entre le plaisir du souverain et son objet, aucune clameur nélève son orgueilleuse entremise. A Paris, des censeurs libertins n'osent pas remuer leurs langues empoissonnées contre ces amusements innocents : et son sourire réchauft'e ceux qui s'exposent à sa chaleur, comme nous le ferions, si Recevez les remerciements de mon cœur ; ajoutez-les, Messieurs à ces bonnes paroles, que mon royal Seigneur, s'il était roi de France, changerait en actions d'or.

SAlNT-JOHN

Madame, l'amour des Anglais peut donner à la plus légère faveur de leur roi légitime plus de poids qu'à celle d'un despote. Nous prenons humblement congé, enrichis de sourires que la France ne saurait jamais acheter.

SAINT-JOHN sort aver les ('•tadianls.

LE ROI

Mon Seigneur archevêque, avez-vous remarqué l'esprit qui brille dans les yeux de Saint-John ? Il me semble qu'il est trop impertinent devant nous.

ARCHY

Oui, je prie Votre Grâce d'y faire attention ; car, de même qu'un esprit qui n'est pas sophistiqué... voit tout à l'envers, vous qui êtes sage, vous discernerez l'ombre d'un idiot en manches de linon et en rochet, tendant des lacets pour attraper des bécasses au temps de la fenaison.

Le pauvre Archy, dont les yeux de chouette sont

appropriés à l'erreur de son temps, et parce qu'il est fou, et parce que, en vertu d'une spéciale ordonnance de Dieu, il lui est inderdit de se voir tel qu'il est , voit maintenant dans cettcil profond un diable assis les yeux bandés sur la prunelle, et pesant des paroles entre un roi et ses sujets. L'un des plateaux est plein de promesses, et l'autre plein de protestations ; et alors un autre diable se glisse par derrière le premier, venant des sombres circuits de la cervelle enceinte d'un homme de loi, et enlève le bandeau des yeux de l'autre, et jette une épée dans le plateau gauche, — il ressemble j)our tout le monde à iMon Seigneur d'Essex ici présent.

STRAFFORD

Une verge ticmpée dans le vinaigre pour le dos du Fou!

ARCIIY

Oui, et quelques-uns sourient maintenant, dont les larmes fci-oiu le vinaigre ; car le Fou voit

STRAFFORD

Insolent! On vous lelèvei'a votre jaf(uetle et on vous fouettera hors (Ui palais pour cela.

AKCHV

Puisque tous les fous sont fouettés, ainsi que tous les écrivains (|ui prot<'stent, tandis que les coquins fouettent toujours les fous, ilepuis (|uini voleur a été chargé (I attraper un voleur. Si tons les renégats étaient luucilcs linrs (les p;il;iis. le pauvre Archy serait disgracié eu bonne eniiip;iL;nie. I.iiissons les eo(puus loueller h*s Ibus, et tous h-s fous rire à ce spcnlacle. ^ue les sages

et les bons se fendent l'un à l'autre le nez et les oreilles (puisqu'ils nont pas besoin pour leui' métier d'aueun sens de discernement) ; et que les coquins les conduisent en procession, à Bedlam, afin d'amener les fous ù laisser de côté leurs sublimes contemplations platoniques pour prendre en main les alFaires d'état de l'Angleterre. Que tous les honnêtes gens qui peuplent l(;s prisons ou les piloris, sous la garde des officiers de la haute commission de la Cour, conduisent la procession.

Entre le secrétaire LYTTELTON, avec des pa|)icrs. LE ROI, iiarcourant des yeux les papiers.

Quant à ces entêtés Ecossais, Sa Grâce de Canterbury devra y mettre ordre et les soumettre au joug de l'Eglise. Vous, Wentworth, vous serez un autre moimême en Irlande, et vous suppléerez par votre sagesse, votre douceur et votre énergie à ce qui pourrait en moi faire défaut. Mon Lord Weston, veillez à ce que ces marchands ne retirent pas sans perte leurs lingots de la Tour; et, sur le paiement de la taxe des vaisseaux, prenez la plus entière compensation pour la violation de nos forêts royales, dont les hmites, par négligence, ont été couvertes de chaumières, ou transformées en champs de blé. Exigez le dernier farthing de ceux qui réclament l'exemption de la chevalerie; ce qui était autrefois une récompense deviendra ainsi un châtiment, et mes sujets sauront comment une majesté peut plier à sa volonté une humeur récalcitrante. Mon Seigneur de Coventry, signifiez ma volonté aux Cours inférieures que la caution ne soit pas ac(îeptée pour les prisonniers sous le garantie de la Chambre Etoilée. Le peuple ne trouvera pas dans l'entêtement du Parlement un moyen facile et

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à bon marché de lutter avec son souverain légitime ; et sachez-le bien, Mon Seigneur de Coventry, nous trouverons temps et lieu pour appliquer une juste répression. Mon Seigneur de Canterbui'v....

AUCIIV

Voici le fou.

LAID

.Fe demande à Votre Majesté la permission d'ordonner que cet insolent soit châtié : il se moque du sacré caractère, il insulte l'Etat et

LE KOI

Quoi! mon Aichy? 11 raille et singe tout ce quil voit et tout ce (pi'il eniciid, mais pourtant avec une ingénieuse et gracieuse licence. De grâce, ne laites pas pour ceci du moins ce que Prynne voidait faire, quand il était primat d'Angleterre. N'en d(''i)laise à Votre Grâce, .Vrchy vit dans un monde qui lui est propre; et, comme un pcrrcxpiet pendu dans sa prison dorée à la fenclre de la cliainbi'c dune reine (ionnani sur la voie publi(pic, il hlasplièmc avec un cspril d'oiseau ; ses paroles , seinl}lai)les à des li'ails cpii ne connaissent pas de bul au delà de Tespi-it de larcher, atteignent quel- (piefois ce qui w'hap|)e à la pliilosopliie. — (a An-hy) Allez, maraud , vous reiM'iitii' de voire (»(lense di\ miiiiiles à la pluie ; et pour voire [«'iiilenee. apjxtrlezmoi des nouvelles de ce ([ui se passe par là dans le monde. (Anhy sort )

l'auvre Arcliy! il se constniil en lui-nu-iiie un monde de joie en dehors du naufrage dn n("tlre.

LAID

Je supporte avec patience, comme mou maître la fait, toutes les railleries permises d'en haut.

LE ROI

iMon Seigneur, je vous en prie, parcourez ces papiers. Les paroles d Archy avaient des ailes , mais celles-ci ont des grilles.

LA REINE

Et le lion qui les porte doit être dompté. Mon très cher lord, je vois dans ton œil un courage nouveau-né, armé pour frapper à mort l'esprit du temps, qui éperonne jusqu'à la rage la bète aux mille têtes. Tiens bon ; car si lu faiblissais dans la résolution, il vaudrait mieux que tu fusses toujours resté esclave de les propres esclaves, qui, comme des chiens dégénérés, déchirent celui qui fuit et se sauvent devant celui qui les poursuit; et l'Opportunité, ce loup affamé, saule à la gorge de celui qui tombe. Soumets les actions aux dispositions de ta volonté ; qu'elle soit trempée comme l'acier d'Ebro ; bannis la Miséricorde aux yeux faibles pour le faible, de quelque part qu'elle vienne te saluer en foflVanl la paix ; ne le trahis pas avec un baiser de traître, pendant qu'elle tient le parti des rebelles, qui pensent qu'elle est Crainte. Agis ainsi, de peur que nous ne tombions comme d'un glorieux pinacle dans un brillant rêve, pour nous réveiller de ce rêve dépossédés de notre souveraineté adorée.

LE ROI

Mon amie bien-aimée. Dieu m'est témoin que ce fardeau du pouvoir qu'il m'impose comme ma lâche ter-

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restre, et que je dois exercer sous sa loi, n'est ma joie et mon orgueil que parce que tu l'aimes et que lu m'aimes. Car un roi fait l'office dun Dieu pour tout ce monde inférieur ; et en son Dieu seul il doit remettre sa confiance, dépouillé des attributs qui lui sont accordés.

Il semble aujourd'hui que les plus infimes éléments se sont mutinés contre le soleil d'or (jui allume en eux l'harmonie et étouffe leur violence destructive d'ellemême. La sauvage nudliliide veut frapper Iceil qui la guide ; comme les humeui's du corps malade conspirent contre l'esprit de vie qui a son trône dans le cd'ur : et ainsi ils deviennent la proie l'un de laiitre et à la fin la proie de la mort

srr.Aii'ORD

Ce qui sei'ait ambition elle/ un sujet est devoir pour le souverain ; car c'est à lui, comme à une clef de voûte, qu'est suspendue larclie de la vie, dont la sûreté est dans sa force. Degré et forme, tout ce qui Hiit de la vie de rhoinmc raisonnable (pu'bpK! chose de plus digne de in(''ni(>ire (jne celle des bètes, d<''pen(l de ceci, (pie le Di'oil (l(jil se défendre inviolablement avec le pouvoir. Sous ce rapport, l'Klal d'Angleterre menacé par l'usurpai ion des insoh'nles Conuïiunes appelle à grands cris la réforme Fomente la liahison, et éj)argne le trésor. Achète à prix d argent rcux (pii murnnnciU le |>lus haut ; nourris de jalousies les factions ennemies ; ne sois toi-mènu' d'aucinu' : em|)runte de l'or à un grand nombre: car ceux (|iii |>reiiiil le serviiont jusqu'à ce (|ue III les payes ; et ainsi liens en échec l'esprit rebelle (lu moment, jusqu'à ce (pie le temps et ses générations

futures de nuits et de jours non encore nés apportent quelque chance unique

Que la guerre ou la peste, ou la Nature même, par quelque bouleversement ou quelque terrible prodige, soient entre eux comme leur propre arbitre.

Que Votre Majesté ne redoute pas le péril de l'invisible événement ! Comment les rois vos frères, cohéritiers du haut intérêt que vous avez dans la sujétion de la terre, se sont-ils élevés après de tels troubles à cette hauteur de pouvoir où maintenant ils sont assis, et dans leur formidable sérénité sourient au monde tremblant ? Ces ouragans populaires, Philippe 11 d'Espagne, ce Louis de France, et dernièrement cet empereur germain, la tête de tant de corps, et chaque petit prince d'Italie, les ont éloulles par la ruse ou les armes. L'Angleterre est-elle plus pauvre ou plus faible ? Ou es-tu homme à exercer son pouvoir d'une main plus timide qu'eux ? Cette île, ceinte de ses eaux inviolables, serat-elle pour le monde présent et pour le monde à venir le seul exemple d'une monarchie éteinte? Non, si tu fais ce que je voudrais te voir faire.

LE TxOI

Vos paroles deviendront mes actions. Elles expriment l'image de ma pensée. Mon ami (si les rois peuvent avoir un ami, je le donne ce nom), aux larges pouvoirs qui appartiennent au grand sceau de ce royaume ajoute ceci. — Et, pour quelques laisons bien naturelles, que ce nouveau pouvoir ne soit revêtu d'aucun autre sceau que de celui de ma parole royale et de ma foi de gentilhomme. 5ois, comme tu l'es déjà dans mon esprit et mon cœur, un autre moi-même, ici et en Irlande ; fais ce que lu ju-

302 l«LVRES POÉTIQUES DE SHELLEY

lieras à propos, prends les plus amples licences, et ne recule pas même devant les moyens douteux. Ecoute-moi, Wenlwoi'th. Ma ])arole est comme un mur entre toi et ce monde ton ennemi, — qui te hait parce que tu m'aimes.

STRAFFOllD

Je ne reconnais dautre ami que toi, dautres ennemis que les tiens ; ta pensée la plus légère est mon éternelle loi. Quelque faible, quelque courte qu'elle soit, c'est à ma vie à payer

LE ROI

Paix ! Paix ! Tu ne dois rien encore. (.1 Laud) Mon Seigneur, que disent (;es papiers ?

LAUD

Votre Majesté s'est toujours interposée, avec des sentiments de mansuétude pour notre terre natale, entre la pesante vcnoçance (I(^ l'Eglise et l'Ecosse. Kemar- (|uez à (juoi vous aboutissez en réchaullant cette couvée de vipères du Nord dans votre sein. La canaille formée sans doute |)ar les leçons de Loudon, Lindsay, Hiune, et du faux Argyll (car les vagues ne menacent jamais le ciel à moins d'être fouettées par l'invisible tyrannie du vent) a, dans le t<Mni)Ie même du Seigneur, outrag('' r(''Iile (le ses iniiiisii'es. Ils nn-pi-iseiil la lilui'gie de la sainte Eglise, relnseiil (ro!)éir à ses canons, et ne l'eeonnaissent pas l'anlorile apostolique dont l'Espril a rempli ses vases d'élection, depuis celui qui a reçu les clefs avec le pouvoir de lier el de dédier, jus(|u'à celui qui maintenant plaide en votre royale prc'sence. Que de plus amples pouvoirs et de nouvelles instructions soient envoyi's aux] hanl«; (l<''|(''gu<''s en Ecosse. A la mori,à

lemprisonnemenl, à la confiscation, ajoutez la torture, ajoutez la ruine des descendants de l'offenseur, ajoutez la flétrissure de Tinfaniie, ajoutez la mutilation ; et, si cela ne suffit pas, déchaînez le fer et le feu, afin que dans leur soif, ils puissent laper cette écume de schismatiques. Ils me font rire ces faibles rebelles, qui, enviant ce que nous possédons, ne savent que babiller de paix chrétienne ; comme si ces terribles messagers arbitres, qui jouent le rôle de Dieu entre le bien et le mal, pouvaient se déchaîner contre l'innocent sommeil de cités couvertes de temples et de campagnes souriantes pour quelque pauvre argument de politique qui touche notre propre intérêt ou notre orgueil (quand en vérité il y aurait charité chrétienne à offiir l'autre joue à la main qui soufflette) ; mais quand notre grand Rédempteur, quand notre Dieu, quand celui qui s'est donné lui-même, victime acceptée et toujours vivante de propitiation pour nos péchés, est méprisé dans ses ministres immédiats, au risque de linestimable perte de toute la vérité et disciphne qui est le salut pour les dernières générations des innombrables humains, ils parlent de paix ! Cette paix, que l'Ecosse la trouve, comme autrefois Ghanaan ; car, par ce Christ qui est venu apporter le glaive et non la paix sur la terre, et qui le jour de Pâques a commandé à chacun de ses disciples de vendre sa robe et d'acheter une épée, donnez des armes à ce ministre de colère nue, et elle ne dormira plus jamais en paix, jusqu'à ce que l'Ecosse plie ou casse.

LE uoi

Mon Seigneur Archevêque, fais en ceci ce que tu voudras et ce que tu pourras. Ton Roi de la terre

304 ŒUVllKS l'OÉTIQLES DE SHELLEY

comme ton Roi du ciel le donne plein pouvoir dans ce royaume agité. Mais nous manquons d'argent, et jai bien peur que poui" une si grande entreprise que celle-ci nous soyons sans ressources.

STRAFFOUD

Cependant elle ne peut longtemps se reposer sur nos volontés.

COrihXlTO.N

Les dépenses faites pour ramasser le montant de la taxe des vaisseaux, et taire les saisies sur les plus petits revenus (car nous rencontrons pied à pied une opposition désespérée dans chaque entrepôt, et dans chaque ferme) ont d(''voré la grosse somme des impùls ; si bien (jue, quoicpi ils se fassent sentir sur le j)aYS comme un fouet très accablant, ils nous laissent fort à lélroit du côté de la recelte.

STUAFFOr.I)

C'est une conclusion tout à fait arilhnu'licpie : et peutêtre infére/.-vous de là (juil faut assendilcr un j»arl»Mnent! Or, si un bonune devait appeler ses plus chers ennemis à poitcr un libic jugement sui' sa vie. Sa .Majesté pourrait sagement pi-endre ce parti.

A part à Cottingloii

(7est assez dallendie de ces maigies impôts qu'ils fassent leur olfice de fouet, sans pliLs de profit, (iiaui) Amendes et confiscations, prêts forci's exigés de cluuiue cih' r«'i)elle, rempliront nos eollres : et l'amour d'or de loyaux gentiishonnnes et de nobles amis pour- le père adore- de notre eoiniiiiin pays, avec la eonlrilMitiou d(>s catholiques, fera |>àlirla Rebellion devant noire noiidu'e. Voilii h's expedients à enqil(»yer en altendaiU (pie le

temps et la sagesse puissent asseoir un solide état de gouvernement.

LAUD

Bien faibles expédients ! >" avons-nous pas tout épuisé, tout, jusqu'à la... qui semblait une mine inépuisable?

STRAFFORD

Et l'amour en est une aussi, si les cœurs loyaux pouvaient changer leur sang en or.

LAUD

Tous deux maintenant deviennent stériles ; et je ne dis pas cela comme si j'aimais les parlements ; comme ils ont été dans la main de rois audacieux, mauvais et puissants, les fouets de 1 Eglise saignante, je les hais. Il me semble quils peuvent à peine mériter notre crainte.

STRAFFORD

0 mon cher suzerain, reprends les biens (pie tu mas donnés ; prends avec cela tout ce que je tiens, mais comme un dépôt pour toi, de mon héritage; ne me laisse plus qu'un corps dénué de tout pour ton service, et une àme n'ayant plus d'autre souci que celui de ta sûreté !.. Mais n'assemble pas un parlement. Cent comme moi consentiront à sacrifier leur fortune, comme ils voudraient verser leur sang avant que....'.

LE ROI

Non ! Toi qui les juges, tu n'es qu'un seul homme. Hélas ! Nous serions trop mal avec le ciel, si ce vil monde pouvait montrer beaucoup d'honnnes tels que toi, loi, 1 homme juste et honorable par excellence ! Il ne sera jamais dit que Charles d'Angleterre a dépouillé

ceux qu'il aimait par peur de ceux qu'il méprise, et il ne déshonorera pas son trône au point d'appauvrir ceux qui doivent l'embellir et le défendre le mieux. Ce que vous dites, cher Strafford, m'inclinerait plutôt à

LA REINE

A un parlement ? Est-ce là ta fermeté ? Tu consentirais à présider une assemblée de censeurs, pour te

faire r(''lraeter tes meilleures résolutions, et choisir les plus mauvaises, quand le mal vient si vite de lui-même ? N'engage pas le mal, avant que le mal vienne.

Souriras-tu donc, quand nos ennemis libertins, revêtus de ta propre autorité usurpée, aiguiseront leur langue sur la réputation d'Henriette ? C'est assez! Tu ne m'aimes plus ! eiic picmc.

LE uoi Oh ! Henriette ! ils svntroticmicnt à pan.

COTTINGTON à I.aïul

Nous n'avons pas d'aigent; et tous les expédients de mon Seigneur de Slrallbrd i)onri(Hil à |)eiiie couvrir l'arriéré.

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