L.VUD
Prisonnier, si vous avez quelque chose à dire qui puisse empêcher celle sentence d'avoir son elVet, parlez.
Jl XON
Si VOUS pouvez plaider les circonstances atténuantes, parlez.
BASTWICK
Oui, Messcigneurs. Si, comme les prélats, j'élais un envahisseur du pouvoir royal, un contempteur public de la parole de Dieu, un profane, un idolàtie, un papiste, un superstitieux, impie dans le (d'ur et les actes tyranniques,vide de sens, dlionnètcit' et d(> lempiM-ance; si Satan était mon Maître, comme il est le leur ; — je n'aurais garde de faire de notre Dieu le type universel ;
si j'étais un ciinomi de Dieu et du Roi et de tous les gens de bien, comme vous l'êtes, je mériterais votre fortune redoutable et votre prospérité dorée , qui lorsque, vous vous réveillerez du dernier sommeil, se changera en capuchons et en robes de feu éternel. Mais, tel que je suis, ne m'enWez pas, je vous en conjure, la seule faveur terrestre que vous puissiez m'accorder, et qu'à mon avis je puisse dignement acceptei' de vos mains, le mépris, la mutilation, et l'emprisonnement; [je supporterai tout], comme a fait mon maître, en attendant que le royaume du Ciel descende sur la terre, ou que la terre devienne comme une ombre absorbée dans la lumière du Ciel. Quelques années tumultueuses passeront, et ne laisseront aucun débris de ce qui oppose sa volonté à ceux dont le pouvoir est dans la volonté.
LAID
Officier, conduisez le prisonnier à la barre, et qu'on lui fende la langue pour son insolence.
BASTWICK
Tant que cette main tiendra une plume
LALD
Que ses mains
JUXOX
Arrêtez ! prenez garde, mon Seigneur ! La langue, qui maintenant parle sans inspirer la terreur, interpréterait, une fois muette, le tonnerre du ciel à notre
détriment ; et les mains, qui maintenant n'écrivent
que leur propre honte, pourraient, avec des moignons sanglants, signer notre jiropre mort.
316 tœiVllES POÉTIQUES DE SHELLEY
LAUD
Il y aurait parmi les hommes beaucoup trop de pitié, si tous les ministres de la vengeance du Ciel reculaient ainsi devant l'expiation terrestre. Quant à moi, je pourrais souffrir ce que j'infligerais.
lîaslwick sort suivi des gardes.
Qu'on intioduise le Lord évèquede Lincoln.
A Stiaiïord.
Ne savez-vous pas, qu'en saisissant pour dix mille pounds sur ses livres et son mobilier à Lincoln, on trouva ces scandaleuses et séditieuses lettres envoyées par un certain Osbaldistone, qui s'est enfui ? En disant cela je ne veux pas loucher à sa pauvre personne ; je ne parle que de l'office qui devait la rendre sainte, fûtelle aussi vile qu'elle a toujours été irréprochable. Heiiiar(iuez aussi , mon Seigneur, que cette expression frappe Sa Majesté, si je ne me trompe.
Entre révèciue \Yillianis. gardé.
STKAIIOHD
Il serait politicpie et juste que Williams goùtàt au fruit amer de son alliance avec les schismaticpies. Mais vous, mon Seigneur archevêque, qui reconnaissiez que votre première pioniotion était due à sa faveur, cpii avez crandi sous son sourire...
C'est pourquoi je voudi'ais demander à cette Haute Cour lOriice de son juge, alin (|u'oii voie bien, connue (M'ia est, (|Mf moi, en m (''it-vaiil juscpià revêtir celte robesacr<''e, j ai mis de côl('' tout»' préférence mondaine, tout senliiiient (h* dislinction ef (\v personnes, toute
autre pensée que celle du service de l'Eglise. Evêque de Lincoln !