‹ Œuvres poétiques complètes de ShelleyChapitre 4 sur 138 · MUTABILITÉ · texte numérisé non relu

MUTABILITÉ

Nous sommes semblables aux nuages qui voilent la lune de minuit ; comme sans repos ils se hâtent, et blanchissent et tremblent, rayant les té-nèbres d'un radieux

éclat ! Mais bientôt la nuit se ferme autour d'eux, et ils sont perdus pour toujours ;

Ou bien à des lyres oubliées, dont les cordes dissonantes rendent une réponse diverse à chaque souffle différent qui les frappe ; leur frêle structure ne reçoit d'une nouvelle impulsion ni un accent ni une modulation semblable à la dernière.

Nous reposons,.., un rêve a le pouvoir d'empoisonner le sommeil ; nous nous levons,... une seule pensée errante corrompt la journée : nous sentons, concevons ou raisonnons, rions ou pleurons, embrassons de folles douleurs, ou rejetons au loin nos soucis ;

C'est la même chose ! Car, que ce soit joie ou chagrin, la route pour s'enfuir leur est toujours ouverte ; la veille pour l'homme ne jjcut jamais ressembler au lendemain ; rien ne peut durer que la Mutabilité.

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