A WORDSWORTH
Poète de la nature, tu as pleuré en voyant partir des choses qui jamais ne reviennent : l'enfance et la jeunesse, laniitié et la première incandescence de l'amour se sont enfuies comme de doux rêves, te laissant te désoler. Je sens ces communes douleurs. Mais il y a une perte qui est véritablement mienne, que toi aussi lu sens, mais que je suis seul à déplorer... Tu étais comme un astre solitaire, dont la lumière brillait sur quelque frêle barque dans le rugissement de minuit de l'hiver : tu étais semblable à un refuge bâti sur le roc, dominant la multitude aveugle et guerroyante ; dans une pauvreté honorée, ta voix avait tissé des chants consacrés à la vérité et à la hberté !... Déserteur de tout cela, tu me laisses me désoler, parce que tu as cessé d'être ce que tu étais !