‹ Œuvres poétiques complètes de ShelleyChapitre 7 sur 138 · SENTIMENTS D'UN RÉPUBLICAIN SUR LA CHUTE DE BONAPARTE · texte numérisé non relu

SENTIMENTS D'UN RÉPUBLICAIN SUR LA CHUTE DE BONAPARTE

Jo te Imïssais, tyran déchu ! Je gc'inissais de penser qu'un esclave d(Mîué de toute véritable ambition, (îomnie toi, pût danser et s'ébaudir sur le tombeau de la Liberté. Tu aurais pu bâtir ton trône sur des fondements où il se tiendrait debout encore aujourd'hui ; tu as préféré une pompe fragile; et sanglante, que le temps a balayée en morceaux dans l'oubli. Aussi, ai-je prié le Massacre de ramper sur ton sommeil, avec la Trahison, la Servitude, la Crainte et la Luxure, et de t'étouffcr toi, leiu' ministre, .le reconnais trop tard, depuis que la France est dans la |)oussière avec toi, que la Vertu a un plus éternel ennemi que la Force ou la Fraude : la vieilh; Coutume, le Ciime légal, et la Foi sanglante, la plus immonde progéniture du Temps.

VERS

En bas, la froide terre dormait ; au-dessus, le eiel froid ('l incelait ; t!t tout autour, avec un murmure frissonnant, des cavernes de glace et des champs de neige, le souffle de la luiil, semblable à la ntort, flottait sous la une tombante.

La liaie dc'-pduillc'e par l'hiver ('tait noire ; on ne voyait pas dlicrbr \v\\o ; les oiseaux reposaient sur le sein de l'épine mic, dont les racines, à côté du sentier frayé,

avaient attaché leurs bras à mainte crevasse que la gelée avait ouverte.

Tes yeux brillaient dans la lumière de la lune mourante. Comme le rayon d'un feu follet sur un courant paresseux jette une lueur incertaine, ainsi la lune maintenant luisait ; et elle jaunissait les cordes de ta chevelure entremêlée, qui s'agitaient dans le vent de la nuit.

La lune fit pâlir tes lèvres, ô bien aimée ; le vent fit frissonner ton sein ; la nuit versa sur ta chère tête sa rosée glacée, et tu restas étendue à l'endroit où le souffle amer du ciel nu pouvait à son aise te visiter.

Novembre 1815.

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