‹ Œuvres poétiques complètes de ShelleyChapitre 73 sur 138 · ODE A NAPLES · texte numérisé non relu

ODE A NAPLES

EPODE I

.rétais dans la cité exhumée de son tombeau; et j'entendais les feuilles d'automne semblables aux pas légers d'esprits passant à travers les rues ; et jciUendais là voix endormante de la montagne tressaillir par intervalles à travers ces salles sans voûte. Le tonnerre fatidique et pénétrant ébranla l'âme attentive dans mon sang suspendu, Je sentis la Terre parler des profondeurs de son cœur ; je sentis sans entendre. A travers les blanches colonnes, élincelait le Ilot de l'océan qui porte les îles, une jjlaine de lumière entre deux cieux d'azur. .\utour de moi maints sépulcres brillants jetaient des lueurs : le Temps, comme s'il prenait plaisir à épargner la Mort, n'avait point eflacé' leur pui'c beauté : chaque

il) I.":iuletir a raltaclit» l>eau(0up des souvenirs de sa visile à Pitiiipei et à Itaia à renlimusiasnie excilé en lui par la |)ioilamaliiin diiii jjouvernenicnl eonsliuitionnel à Naples : ce qui a donné une teinte d'imagination pitKtrescpie et descriptive aux épodes préliminaires, cpii peij;nenl ees scènes, el quel<|ues-uns des sentiments majestueux constannuent liés à cet événement pa>Jsionnaiil. S.

linéament vivant apparaissait aussi limpide que dans la pensée du sculpteur; et là les guirlandes de myrte pierreux, de lierre et de pins, comme des feuilles d'hiver recouvertes de la neige qui les moule , ne semblaient même pas se mouvoir ni pousser, parce que le silence cristallin de l'air pesait sur leur vie, comme le Pouvoir divin qui alors berçait toutes choses couvait la mienne.

Page 1