ÉPODE II
Alors de doux vents s'élevèrent, où se mêlaient par intervalles maints sauvages accents OEoliens et mainte odeur pénétrante de la montagne. Et là où l'océan de Baïa roule en tous sens, avec un mouvement semblable à celui de l'air, autour de ses berceaux de vert étoile, agitant les fleurs de mer dans ces cavernes de pourpre, de même que l'atmosphère éternellement paisible flotte sur le royaume Elyséen, il me porta, comme les vagues de la lumière du soleil portent un ange, dont aucun ouragan ne peut briser la douce nacelle d'air plein de rosée. Je voguai là où toujours coule sous la calme sérénité un esprit de profonde émotion des tombeaux inconnus des rois morts de la mélodie (1). L'ombreux Aornos assombrissait sur le gouvernail l'éther horizontal ; le ciel mettait à nu ses profondeurs au-dessus de l'Elysium, pendant que la proue rendait invisible la mer blanche comme la neige ; de cette montagne Typhéenne, Inarime, accourut le torrent d'une vapeur éclairée par le soleil, semblable à l'étendard de quelque armée éthéréenne ; tandis que de tout le rivage, de plus en plus retentissants, se réunissant de toutes parts,
(1) Homère el Virf^ilet
Rakiîe. III. — 14
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errèrent sur les bois fatidiques et la divine mer des prophéties qui bientôt s'articulèrent. Elles semparèrent de moi ; je dois les dire : qu elles soient la destinée !