‹ Œuvres poétiques complètes de ShelleyChapitre 92 sur 138 · CHANGEMENT · texte numérisé non relu

CHANGEMENT

La fleur qui sourit aujourd'hui meurt demain ; tout ce que nous désirons voir durer nous tente et puis s'enfuit. Qu'est-ce que le i)laisir de ce monde ? Un éclair qui se rit de la nuit, aussi court que brillant.

La vertu, combien elle est fragile ! Lamitié, combien rare ! L'amour, comme il nous vend de pauvres jouissances pour un fougueux désespoir ! Mais nous, malgré leur durée é()hém('re, nous survivons à leur joie, et à tout ce que nous appelons nôtre.

Tant que les cieux sont bleus et ('tincelanls, tant que les fleurs sont gaies, tant (pie les yeux (|ui changent

avant la nuit remplissent le jour d'allégresse, tant que rampent les calmes heures, rêve, et puis de ton sommeil éveille-toi pour pleurer.

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