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u C'était comme un œil qui semblait me sourire. Je l'observai jusqu'à ce que, s'eiTaçant devant le soleil, elle disparût sous les vagues de la mer soulevée ; mais à la source de ses rayons mon esprit but un profond amour, et dans ma cervelle le monde infini se résuma en une seule pensée, une seule image... oui, pour toujours ! Et comme le point du jour se résout en humides vapeurs, les rayons de cette unique Etoile jaillirent et frissonnèrent à travers mon esprit enveloppé de ténèbres, ...pour ne plus s'éteindre jamais.
« Ainsi le jour passa. Pendant la nuit, il me sembla voir apparaître en songe une forme d'une indicible beauté ; elle se tenait devant moi semblable à la lumière sur un rapide courant de nuages d'or qui ont ébranlé l'atmosphère ; c'était une jeune forme ailée. Son front rayonnant échpsait l'Étoile du Matin ; à son approche, je sentis comme un souffle d'étrange bonheur dissoudre
tout mon être ; elle inclina ses yeux d'ardente tendresse près des miens, et sur mes lèvres imprima un long baiser
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'< Puis elle dit : Un Esprit t'aime, vierge mortelle ; comment prouveras-tu que tu en es digne? — Alors la joie et le sommeil s'enfuirent à la fois ; mon âme était profondément accablée, et j'allai sur le rivage rêver et pleurer. Mais, comme je marchais, je sentis entrer dans mon cœu]' une joie moins tendre, mais plus profonde et plus forte que mon doux rêve, et qui m'empêcha de suivre le sentier du bord de la mer ; il me semblait que cette langue d'Esprit murmurait dans mon cœur, et portait mes pas au loin.
« Comment, arrivée à cette cité vaste et peuplée, qui était alors le champ d'une bataille sainte, je mai'chai à travers les mourants et les morts et participai à des actions intrépides en compagnie d'hommes mauvais, calme comme un ange dans l'antre du dragon ;... comment je bravai la mort pour la liberté et la vérité, repoussant la paix, le pouvoir et la renommée... et comment, lorsque ces espérances eurent perdu la gloire de leur jeunesse, je m'en retournai tristement ?... il y aurait là de quoi exciter la pitié de celui qui entendrait ce récit.
« Des larmes brûlantes se pressent et se précipitent! Je ne puis raconter cette histoire ! Sache qu'alors, quand j'eus surmonté ce chagrin, je ne restai pas,
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comme les autres, froide et morte. L'Esprit que j'aimais dans la solitude soutint son enfant ; la forêt agitée par la tempête, les vagues, les sources, le calme de la nuit, tout cela était sa voix ; et je comprenais bien son divin sourire, quand la mer paisible reflétait la lumière des étoiles silencieuses, et que je goûtais les délices d'un ciel sans brises.
« Dans les vallons solitaires, au milieu du mugissement des rivières, par de profondes nuits sans lune, j'ai connu des joies qu'aucune langue ne peut dire; ma pâle lèvre frissonne quand ma pensée les revoit. — Sacbe, toi seul, qu'après bien des années prodigieuses écoulées, je fus réveillée par un grand cri de douleur; et sur moi un mystérieux manteau fut jeté par des mains invisibles, et une brillante étoile brilla devant mes pas. — Alors le Serpent rencontra son mortel ennemi. »
— « Ne crains-tu donc pas ce Serpent sur ton cœur? » — « Le craindre ! » dit-elle en poussant un cri rapide et passionné, et elle se tut. Ce silence me fit tressaillir. Je regardai autour de moi ; nous voguions gracieusement, aussi rapides qu'un nuage entre la mer et le ciel, sous la lune qui se levait bien loin devant nous ; des montagnes de glace, comme des saphirs, entassaient leurs sommets, ourlant l'horizon, et s'étendaient en silence au-dessus des eaux paisibles ; nous nous en rapprochions peu à peu.
Le mouvement du navire devenait de plus en plus
rapide ; si rapide qu'un accès de vertige saisit ma cervelle. Une étrange musique me réveilla ; nous avions dépassé l'Océan qui ceint le pôle, le plus lointain royaume de la Nature, et nous glissions rapidement sur une plaine liquide transparente, azurée par la lumière de midi. Des montagnes aériennes étincelaient tout autour, et au milieu s'élevait un temple entouré d'une ceinture d'îles vertes couchées sur l'abîme bleu et ensoleillé, resplendissant au loin.
C'était un temple tel qu'une mortelle main n'en a jamais bâti, tel que n'en a jamais élevé l'extase ou le rêve dans les cités d'une terre enchantée. Il était l'exacte image du ciel, avant que le courant de pourpre du jour ne reflue sur la forêt occidentale, tandis que la lueur de la lune qui va se lever gagne déjà les nuages, quand avec leurs mille rayons d'or les innombrables constellations s'élancent en chœur, pavant de feu le ciel et le marbre des eaux.
Il réalisait ce qui peut être conçu de ce vaste dôme, quand des profondeurs que la pensée peut à peine sonder le Génie le voit s'élever (sa demeure native, ceinte des déserts de l'Univers) ; cependant ni la lumière de la peinture, ni le vers plus puissant, ni la langue de marbre de la sculpture, ne peuvent représenter cette forme au sens mortel, si profondes sont les mystérieuses obscurités au sein desquelles est plongée cette inexprimable vue, et qui accablent la cervelle laborieuse et la poitrine oppressée.
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Tournant à travers les belles îles unies comme des pelouses, dont les forêts fleuries étoilaient l'abîme ombragi', le bateau sans ailes s'arrêta devant un escalier d'ivoire qui trempait ses ornements en relief dans la mer de cristal enveloppant la vaste masse aérienne du temple. Nous descendîmes et nous passâmes sous un immenseportail,dontlavoilte, de pierre de lune sculptée, jetait une faible lueur sur les formes qui se trouvaient de chaque côté, sculptures semblables à la vie et à la pensée, immuables, aux yeux profonds.
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Nous arrivâmes à une vaste salle, dont la glorieuse voûte était de diamant, qui avait bu la splendeur de l'éclair dans les ténèbres, et maintenant la versait à travers la trame de nuages charmés, suspendus là pour amortir son éclat aveuglant. A travers ce voile on apercevait un travail d'un art infini, rare et divin; orbe sur orbe, et, dans les intervalles, des formes d'étoiles, et des lunes cornues, et des météores étranges et beaux, et, en équilibre sur des colonnes noires comme la nuit, un hémisphère creux.