‹ OEuvres poétiques complètesChapitre 24 sur 58 · XLVII · texte numérisé non relu

XLVII

« Nous nous séparons, dit-elle, pour nous retrouver eucore. Mais ni l'abîme bleu, ni l'immense et profond désert, ne recèlent aucune retraite où, dans un heureux silence ainsi embrassés, nous puissions survivre à tous

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les maux dans une seule caresse, — nile tombeau !... je crains qu'il ne connaisse plus de passion, — ni ce froid ciel vide I — Nous nous rencontrerons encore dans les esprits des hommes, dont les lèvres béniront notre mémoire, et dont les espérances garderont sa lumière, quand ces os dispersés seront foulés aux pieds dans la plaine ! »

Je ne pouvais parler, quoiqu'elle se soit tue; maintenant les sources de son sentiment, si rapides et si profondes, semblaient suspendre le tumulte de leur cours. Nous nous levâmes, et par l'escarpement éclairé des étoiles nous retournâmes vers notre demeure, — sans parler et sans pleurer, — mais pâles et calmes sous la passion intérieure. Ainsi subjugués, comme les ombres du soir qui rampent sur les montagnes, nous reprîmes le chemin de notre home, et là, dans les dispositions d'esprit où nous étions, nous nous séparâmes l'un de l'autre, pour chercher un refuge dans la solitude.

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