‹ OEuvres poétiques complètesChapitre 36 sur 58 · CHANT VII · texte numérisé non relu

CHANT VII

Ainsi nous étions assis, joyeux comme le rayon du matin nourri des débris de la nuit et de l'ouragan maintenantendormi surles vents; des brises légères jouaient à travers les lierbes pleines de rosée, le soleil était chaud, et nous étions assis enchaînés dans le charme entrelacé de conversations et de caresses douces et profondes, — caresses muettes, conversations qui pouvaient désarmer le temps, quoiqu'il brandîtles traits de la mort et du sommeil, et ces flèches trois fois mortelles trempées dans son propre poison.

Je lui racontai mes souffrances et ma folie, et comment, réveillé de cet état de rêve par l'appel de la liberté, je sentis la force de la joie pénétrer mon esprit dans ma solitude; et tout ce que j'étais maintenant; pendant •que les larmes ne cessaient de couler le long de ses belles joues attentives, aussi rapides que les pensées qui les alimentaient, comme un courant des vallées étin-

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celantes de soleil; quand j'eus cessé de parler, l'air

s'arrêta pour écouter ses doux et suaves accents.

Elle me raconta une étrange histoire, d'étranges souffrances, comme les souvenirs l>risés de beaucoup de cœurs, réunis en un seul; souvenirs si invraisemblables que la plus intrépide assurance ne saurait y ajouter foi. Elle dit que pas une larme n'osa sortir de sa cervelle gonflée; que ses pensées furent fermes, quand elle dut renoncer à toute espérance moitelle, emportée par ces esclaves jusqu'aux limites de l'océan; et qu'elle toucha le port sans une crainte, sans une faiblesse.

Elle était seule au milieu d'une multitude, les esclaves des cruelles convoitises du froid tyran; eux riaient lugubrement dans les salles souillées; mais elle, elle était calme et triste, rêvant toujooi's la plus sublime entreprise, jusqu'au jour où lé tyran l'entendit chanter sur son luth un air sauvage, triste et pénétrant l'âme, comme les vents qui meurent dans les déserts: — un instant ce chant rendit muettes les pensées mauvaises qui souillaient sa poitrine.

Pais, quand il vit sa merveilleuse beauté, un instant il s'inclina sous le sacré pouvoir de la grande Nature, et ressentit quelque passion. Mais quand il la fit transporter dans sa chambre secrète pour y être une victime sans amour, qu'elle s'arracha les cheveux dans son désespoir, et que ses paroles de flammes, ses regards

puissants furent inutiles , alors il reprit le fardeau de son esclavage, el redevint un roi, une bête sans cœur, un fantôme de gloire, un nom.

Elle me dit quelle aflreuse agonie l'on endure, quand l'égoïsme se moque des délices de l'amour, assez monstrueux pour s'ébattre, comme dans le plus épouvantable délire du rêve, avec des morts animés. Cette nuit-là, toute de torture, de crainte et d'borreur, fit apparaître une lumière que l'âme seule peut rêver ou connaître; et quand le jour brilla sur son abominable frénésie, en la voyant se débattre comme un esprit danslescbaînes de la cbair, hagard et pâle le tyran s'enfuit.

Sa folie fut un rayon de lumière, un pouvoir qui rayonna dans son âme déchirée; elle fit naître des paroles, des gestes et des regards tels, qu'ils emportèrent dans leurs tourbillons irrésistibles tous ceux qui approchaient de leur sphère, comme une calme vague entraînée dans le tourbillon des gouffres invisibles. La sympathie fît de chacun des esclaves asservis un homme sans crainte et libre ; et ils commencèrent à exhalerde profondes malédictions, comme la voix de flammes souterraines.

Le roi pâlit sur son trône brillant comme le jour de midi. A la nuit , il envoya deux esclaves à la chambre de Cythna. Lun était un eunuquevert et ridé, une forme humaine devenue l'instrument docile de toutes les choses mauvaises, que l'on tord, incline et [)loie à

volonté; l'autre, un misérable, que dès son enfance le poison avait rendu muet, qui ne savait qu'obéir; il venait des îles du feu ; c'était un plongeur maigre et fort de la mer de corail d'Oman.

Ils la portèrent à une barque, et le rapide coup d'aviron de rameurs silencieux fendit les mers bleues éclairées par la lune, jusqu'à ce que le matin éclatât sur leur chemin. Alors ils jetèrent l'ancre à l'endroit où par le calme ou la brise, la plus sombre des lugubres Symplegades est battue d'une houle sans sommeil; — là, l'Éthiopien l'enlaça de ses longs bras, étreignit ses pieds entre ses genoux comme dans un étau de fer, et plongea avec elle dans les secrètes profondeurs des vagues, loin de l'air infini.

« Rapide comme un aigle fondant de la plaine lumineuse du matin dans quelque bois ombreux, il plongea dansle vert silence de l'Océan, à travers main tes cavernes que le flot éternel a creusées pour être les sombres repaires de ses couvées de monstres; parmi des formes puissantes qui fuyaient épouvantées, et des ombres plus puissantes encore qui suivaient ses talons, il roula... jusqu'à ce que, sous les noirs rochers, il eût touché une chaîne d'or... un bruit éclata semblable au tonnerre...

« Un bruit étourdissant de massifs verrous, réper-

(1) Ici Laon prête la parole à Cythua elle-même pendant presque trois chants.

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cuté dans l'abîme, une explosion de vagues, comme arrachées des racines de la mer, bouillonnant avec furie. Dans cette 'voûte de rochers une ouverture était pratiquée, par où brillaient les rayons d'émeraude du ciel, dardés à travers les lignes de mille vagues entrelacées, comme la lumière du soleil le soir à travers les bois d'acacia; et à travers cette ouverture le plongeur se fendant un chemin passa, comme une étincelle qui s'élance d'une fournaise brûlante.

« Et alors, ■> continua Cythna, « il me conduisit dans une caverne au-dessus des eaux, près de ce goutfre de la mer; une fontaine circulaire et vaste, où la vague emprisonnée bouillonnait et sautait perpétuellement puis, après un instant de repos, il s'enfuit en remontant victorieusement le courant de l'abîme. Cette prison spacieuse, semblable à un temple hypèthre, vaste et élevé, dont le dôme aérien est inaccessible, était percée d'une ouverture ronde par où tombaient les rayons du soleil.

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« En bas, les bords de la fontaine étaient richement pavés des trésors de l'abîme, corail et perles, et sable semblable à des paillettes d'or, et coquilles pourpre gravées de mystiques légendespar quelque main'immortelle, laissées là, quand, se rassemblant au commandement de la lune, les vagues amoncelées brisèrent la porte Hespérienne des montagnes; et sur ce brillant parquet s'élevaient des colonnes, et des formes sembla-

l)les à des statues, et des trônes sans roi, que la Terre avait créés dans son sein.

<( Le démon de folie qui avait fait sa proie de mon pauvre cœur avait été assez bercé pour dormir quelque temps. Il y eut un intervalle de bien des jours. Cependant un aigle de mer m'apportait ma nourriture ; son nid était bâti dans cette île qu'aucun pied n'avait foulée, et il avait été dressé à servir de geôlier à cette étrange prison ; et ce qu'est un ami dont matin et soir on cberche le sourire comme la lumière et le repos, cet oiseau sauvage le fut pour moi, jusqu'à ce que la folie m'apportât la misère...

« La misère d'une folie lente et rampante, qui me faisait voir dans la terre du feu, dans la mer de l'air, dans les blancs nuages de midi, qui souvent dormaient dans le ciel bleu si pur et si beau, comme des armées d'ombres spectrales voltigeant sur ma tête ; et l'aigle de mer me semblait un démon qui m'apportait à manger tes membres décbirés !.... Ainsi toutes choses se transformèrent pour moi en une agonie que je portai, comme une robe empoisonnée, autour de mon cœur.

« Puis je recommençai à distinguer le jour et la nuit et leur fuite rapide, l'aigle et la fontaine et l'air.... Il me vint alors une autre frénésie ; il me sembla qu'il y avait un être en moi,.... que mon cœur portait un étjange

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fardeau, comme si quelque chose de vivant avait fait son repaire dans les sources même de ma vie ; — une longue et prodigieuse vision, l'œuvre de mon désespoir, grandit alors, comme une douce réalité au milieu d'un chaos sans repos de sombres et douloureux cauchemars.

« Il me sembla que j'allaisêtre mère. Les mois succédaient aux mois, et toujours je rêvais que nous serions tout l'un pour l'autre, moi et mon enfant ; et toujours des pulsations nouvelles semblaient battre près de mon cœur, et toujours je pensais qu'il y avait un petit être en moi... et quand la pluie de l'hiver ruissela à travers l'ouverture de la caverne, il me sembla, après une longue douleur, voir celte forme adorée couchée près de mon cœur.

« C'était une petite fille, belle dès sa naissance ; elle

te ressemblait, cher amour ! ses veux étaient les tiens,

et son front, et ses lèvres, et sur la terre elle étendait

ses doigts de la même façon que les tiens maintenant

reposent sur les miens, mon bien-aimé !... C'était un

rêve divin ! Rien qu'à se rappeler comment il s'enfuit,

avec quelle rapidité, comment il n'en resta rien, le

cœur sentirait se rouvrir sa douleur, quoique ce ne fût

qu'un rêve... » — Alors Cythna leva ses regards vers

les miens, comme si elle eût voulu éclaircir quelque

doute

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Un doute qui ne voulait pas s'enfuir, la tendresse d'une douleur qui questionne, une source d'abondantes larmes... Quand elles furent passées, encore tout oppressée de sanglots, elle continua : <> Oui, dans le désert des années, sa mémoire m'apparaît toujours comme une verte oasis; elle a sucé à pleines lèvres ce sein, mon doux amour, pendant de longs mois. Je n'avais plus de mortelles craintes; il me semblait sentir ses lèvres et son souffle me prouver que c'était bien un être humain qui s'était attaché à mon sein.

« J'épiai l'aurore de ses premiers sourires; et bientôt quand les étoiles du zénith tremblaient sur la vague, ou quand les rayons de la lune ou du soleil invisibles, reflétés par maint prisme dans l'intérieur de la caverne, projetaient sur les eaux leuj's ombres diamantées, ses regards couraient après eux, et de sa main étendue, parmi les doux rayons qui pouvaient paver la fontaine, elle en désignait un, et riait, quand, indocile à son commandement, il ne bougeait pas de place, et n'avait pas l'air de comprendre.

« Il me semblait que ses regards commençaient à converser avec moi; car ses lèvres ne formaient encore aucuns sons articulés, mais seulement quelque chose de doux... de si doux, que ce ne pouvait être une chose sans signification ; son toucher cherchait à rencontrer le

laon et cythna SSD'

mien, et nos pulsations coulaient et battaient avec calme en se répondant pendant que nous dormions; et un jour que j'étais très heureuse dans cette étrange retraite, nous jouâmes toutes les deux avec des tas de coquilles d'or, — deux enfants tissant des ailes pour Féternel voyage du Temps.

« Avant la nuit, me sembla-t-il, ses yeux s'obscurcirent fatigués de joie; et, lasses de nos plaisirs, nous nous étendîmes sur la terre comme deux sœurs jumelles sur le beau sein d'une seule mère. — A partir de cette nuit je ne la vis plus; elle s'enfuit comme ces mirages clairs et brillants, qui voltigent sur les lacs quand la rouge lune s'arrête au haut du ciel avant d'éveiller la tempête ; — et sa fuite, quoiqu'elle fût la mort d'une fantaisie en démence, cependant frappa mon cœur solitaire plus cruellement que toute autre misère.

« Il me sembla que, dans cette terrible nuit, le plongeur qui m'avait amenée là revenait et emportait mon enfant. Je vis encore, comme la première fois, les eaux trémir, quand il s'y enfonça si rapidement.... Puis vint le matin; il brillait comme d'ordinaire; mais moi je n'étais plus la même; la vie môme avait quitté mon cœur. — Je dépéris de plus en plus, jour par jour, et là» toute seule assise, je tourmentai les vagues inconstantes de mes perpétuels gémissements.

« Je n'étais plus folle, et cependant il me semblait que mes seins étaient gonflés et changés; dans chacune de mes veines le sang s'arrêtait un instant silencieux, pendant que cette pensée passait. Avec une impétuosité qui me causait une douleur cuisante, il ne cessait de refluer àses sources flétries, quand j'essayais avec une ferme résolution de détourner mes yeux blêmes de cette illusion si étrange, qui aurait volontiers réveillé ce rêve auquel mon esprit aspirait avec un amour plus qu'humain ; mais qui alors ne revint pas.

« Ainsi ma raison m'était rendue; je luttais avec ce rêve, qui, semblable à une bête farouche et belle, avait fait de ma mémoire son repaire, et festoyait sur mon cœur ; mais toute cette caverneettoutessesformes, imprégnées de pensées qui ne pouvaient plus s'évanouir, faisaient revivre tour à tour un sourire, un regard, un geste, qui m'avait charmé naguère... et seule assise, je tourmentais les vagues inconstantes de mes perpétue^ls gémissements.

« Le temps passait ; étaient-ce des mois ou des années? car ni jour ni nuit, ni changements de saisons ne laissaient de trace, mais seulement mes pensées et mes larmes stériles ; et je finis par devenir une ombre, une fumée, un nuage dontlesventsontfaitleur proie jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un air insaisissable Mais un

soir, un naulile (1) jouait sur la fontaine, étendant sa voile d'azur sur laquelle ne descendait pas le souftle du ciel, entraîné parmi les vagues et les tourbillons.

« Et, quand vint Taigle, cette chose charmante, remorquantde ses pieds rosés son bateau d'argent, s'enfuit vers moi comme pour chercher un abri. L'aigle d'une aile pesante planait en flottant sur sa proie ; mais, quand il vit que j'avais découvert en tremblant son dessein, et que j'offrais au nautile ma propre nourriture, ses plumes hérissées retombèrent sur son cou ; il s'approcha de l'endroit où nageait ce brillant enfant de la mer, et étendit en paix sur lui son ombre large et épaisse.

« Cette aventure me réveilla, et me rendit la force humaine ; et l'espérance, je ne sais ni d'où ni comment, rentra dans mon cœur. J'avais enfin retrouvé mes anciennes facultés ; mon esprit ressentit de nouveau ce que ressent le tien, ce que ressentent ceux dont le destin est de faire des maux de l'humanité leur proie. Qu'était cette caverne ? Ses fondements profonds ne connaissent pas la volonté déterminée, immuable, irrésistible, forte pour sauver, comme l'esprit, quand il se moque du tombeau qui dévore tout.

« Et où était Laon ? Mon cœur pouvait-il être mort,

(1) Naulile papyracé ou argonaute, molusque qui conduit sa coquille comme une barque, en s'aidant de ses pieds, dont deux son élargis, et lui servent de voile.

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pendant que ce cœur si cher battait et existait encore, et que s'étendait toujours sur la terre le linceul que j'avais juré de déchirer? Je pouvais être libre, si seulement je pouvais amener cet oiseau dévoué à m'apporter des cordes et longtemps, en vain, je cherchai, au moyen d'un échange d'images tirées des objets, à lui apprendre à me rendre ce service ; mais il apportait toujours des fruits, des fleurs, ou des rameaux, jamais de cordes.

« Nous vivons dans notre propre monde, et le mien était fait de glorieux rêves d'espérance évanouie ; oui, leur ombre flottante nous couvre de ses ténèbres, ou bien nous leur prêtons notre propre lumière. Le temps me rendait mes forces, mon cœur retrouvait son intrépidité; mes yeux et ma voix redevenaient fermes, mon esprit calme et perçant, comme le matin, maintenant dardant son éclat sur toutes les choses cachées derrière les sombres nuages qui là-bas, prêts à s'évanouir,, pèsent sur le vent fatigué.

« Mon esprit devint le livre qui m'apprit à grandir dans toute sagesse humaine, et sa caverne que je fouillai dans tous ses recoins comme une mine me donna la garde de ses secrets,... un esprit, le type de toutes choses, la vague immobile dont le calme réfléchit tout ce qui se meut, nécessité, amour et vie, le tombeau et la sympathie, les sources d'espérance, et de crainte, justice, vérité, temps, et la sphère natui'elle du monde.

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« Et sur le sable je traçai des sigues pour disposer par ordre ces tissus de ma pensée, tels qu'elle en tissait la trame ; claires formes élémentaires, dont le plus léger changement créait dans le langage un langage plus subtil : la clef des vérités autrefois obscurément enseignées dans l'antique Crotone ; — et dans cette profonde solitude, je tirai en rêve de douces mélodies d'amour de ma propre voix, pendant que teschers yeux brillaient à travers mon sommeil et harmonisaient mes accents.

« Tes chants étaient comme des brises, où je flottais avec délices, comme dans un char ailé, sur la plaine d'une jeunesse de cristal; tu étais là pour remplir mon cœur de joie, et là nous nous retrouvions encore assis ensemble sur le gris rivage de hi mer phosphorescente; — heureux comme autrefois, mais bien plus sages, car nous souriions su-r le tombeau fleuri où étaient couchées Crainte, Foi et Servitude; et Ihumanité était libre, égale, pure et sage, dans la prophétie de la sagesse.

« Carpour mavolontémes imaginationsétaientcomme des esclaves remplissant leur doux et subtil ministère; et souvent des vagues sombres de cettebrillanle fontaine elles auraient voulu rassembler les multitudes humaines et les lancer au combat avec mes veux débordants et ma

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voix que la passion rendait profonde. Ainsi je me familiarisais avec le choc, les surprises et la guerre des esprits humains, et j'y puisais ce pouvoir qui fut le mien de j-éformer leurs pensées.

« Et ainsi ma prison était la terre populeuse ; j'y vis, — de même que la misère rêve du matin avantquel'orient ait donné son glorieux enfantement, — les pompes delà Religion désolées parle mépris du plus faible sourire de la Sagesse, lestrônesrenversés, leshabitationsdupeuple adouci entremêlées de champs sans clôture couverts de moissons mûrissantes, et Tamour devenu libre: une espérance que nous avons nourrie de notre sang môme et de nos larmes, jusqu'à ce que sa gloire éclatât.

« Tout n'est pas perdu! Quelque récompense est réservée à l'espérance dont la source est aussi profonde !... Oui, la splendide impuissance du Mal sur son trône entouré de son enfer de pouvoir, le secret murmure des hymnes à la vérité et à la liberté, le terrible passage de la vie à la mort traversé sans frayeur et sans crainte, les prisons où se conçoivent de hauts desseins, les tortures qui proclament la grandeur de la femme dégradée, et tout ce qui peut être bon et irrésistible;

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