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dausles ténèbres dévorantes de la nuit: cependant bientôt le jour brillant éclatera, oui comme un gouflVe de feu, pour brûler les linceuls en lambeaux morts qui enveloppent le monde; un immense enthousiasme qui doit purifier le monde enfiévré comme avec le spasme d'un tremblement de terre !
« Je parcourus alors la grande cité, libre de honte ou de crainte; les mariniers épuisés par les fatigues et les heureuses vierges m'entouraient. Et comme un vent souterrain, qui du fond des cavernesremuequelque forêt, les espérances et les craintes, du fond de chaque âme humaine^ rendaient un étrange murmure à mesure que je passais; et beaucoup pleuraient, avec des larmes de joie et de crainte; et les pensées ailées erraient en liberté, avec des mots à moitié étouffés qui prophétisaient de- révolution.
« Dans un énergique discours je déchirai le voile qui cachait la ^'ature, la Vérité, la Liberté et rAniour, comme quelqu'un qui, de la pyramide d'une montagne, indique l'endroit où va se lever le soleil; — les ombres approuvent la vérité qu'il annonce, et s'enfuient de chaque courant et de chaque bosquet. Ainsi de douces pensées remplirent plus d'une poitrine; pour plus d'un cœur la sagesse tissa l'armure d'affections éprouvées, et le mépris intrépide du mal trempa trois fois dans l'acier fondu la volonté désormais invicible.
262 œuvRES poétiques de shelley
YIII
« Qaelqnes-iins dirent que j'étais une maniaque sauvage et désespérée ; d'autres, que je venais de sortir du tombeau, la vierge fiancée du propliète, un fantôme du ciel; d'autres, que j'étais un démon, sorti de sa caverne enchantée, qui avait dérobé une forme humaine, et était venu à travers la vague, la forêt et la montagne; d'autres disaient que j'étais l'enfant de Dieu, envoyée ici-bas pour sauver les femmes des chaînes et de la mort, et sur ma tête voulaient affreusement faire retomber le fardeau de leurs péchés.
« Mais bientôt mes paroles humaines trouvèrent de la sympathie dans des cœurs humains. Les plus purs et les meilleurs, comme un ami avec un ami, firent cause commune avec moi ; ils étaient en petit nombre, mais résolus ; le reste, même avant que le succès eût béni l'entreprise, se liguaient avec moi dans leurs cœurs ; leurs repas, leur sommeil, leurs occupations de chaque heure, étaient en proie à ces espérances que j'avais armées pour surpasser en nombre ces armées de passions inférieures qui embrassent les fortes ailes de la vie.
« Mais les femmes surtout, que ma voix avait réveillées de leur froid, insouciant et volontaire esclavage, me cherchèrent; une vérité avait secoué leur affreuse prison ; elles regardèreut autoui* d'elles, et virent ! Elles étaient libres ! . .. Leurs nombri'ux tyrans, assis désolés dans les