‹ OEuvres poétiques complètesChapitre 53 sur 58 · ÉGLOGUE MODERNE · texte numérisé non relu

ÉGLOGUE MODERNE

âvehtissemem

Napk's. 20 décembre 1818.

L'histoire de Rosalinde et Hélène n'est pas à coup sûr un essai dans le style le plus élevé de la poésie. Elle n'est en aucune façon destinée à exciter une profonde méditation ; et si en intéressant les sentiments et en amusant l'imagination, elle éveille une certaine mélancolie idéale propre à faire accueillir de plus importantes impressions, elle produira dans le lecteur tout ce que l'auteur a eu en w\e dans sa composition. Je me suis borné, en l'écrivant, à suivre l'impulsion des sentiments qui s'adaptaient à la conception de mon histoire ; et c'est cette impulsion qui a déterminé les pauses d'un rythme qui ne prétend à être régulier qu'en tant qu'il reproduit et exprime l'irrégularité môme des imaginations qui l'ont inspiré.

Je ne sais quels seront, parmi les poèmes que j'ai laissés en Angleterre, ceux que choisira mon éditeur pour les ajouter à cette collection (1). L'un de ceux que j'ai envoyés d'Italie fut écrit après une excursion d'un jour dans les charmantes montagnes qui entourent le lieu où fut autrefois la retraite de Pétrarque, et où se trouve maintenant son tombeau (2). Si quelqu'un était tenté de condamner dans

(1) Les poèmes qui fiirent imbliés avec Rosalinde et Hélène (1819) sont : es Vers écrils au milieu des montagnes Euganêennes, Vllijmne à la Beauté intellectuelle et \e Sonnet d'Ozimandias. — Quanta l'hisloire de Rosalinde et Hélène, voir notre Élude sur la vie et les œuvres de Shelley, cli. xi.

(-2) Ce sont les Vers écrits au milieu des montagnes Ewjanéennes, que l'on trouvera à la suite de Rosalinde et Hélène.

cette pièce les vers qui, servant d'introduction, expriment le soudain réveil d'un état de profond découragement sous rinlluence des A'isions radieuses révélées par léclosion soudaine d'un lever de soleil italien en automne sur le plus haut sommet de ces délicieuses montagnes, la seule excuse que je puisse lui donner est celle-ci, qu'ils n'ont pas été effacés à la requête d'une amie bien chère, pour laquelle chaque année de plus dans notre intimité ne fait qu'ajouter à luon estime de ses mérites, et qui eût eu sans doute plus que personne le droit de se plaindre de n'avoir pas été capable d'éteindre en moi la faculté même de peindre la tristesse.

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