IV PRÉFACE
pour le plier bon gré, mal gré, à cette traduction, c*e8t, il me semble, augmenter volontairement rénorme difficulté qu*U y a à faire accepter par le lecteur français certaines parties de ce grand poème. Telle expression qui fait sourire dans le texte italien, qui ne déplairait peut-être pas en espagnol, en portugais, et surtout dans les débris de la langue romane parlée encore dans nos provinces méridionales et dont le Dante faisait un si grand cas, repousse et dégoûte d*autant plus dans une traduction française que le vêtement de la pensée est plus magnifique. Plus je réfléchis, plus je reste persuadé* que le vers de dix syllabes manié par un versificateur habile serait le plus propre à traduire Dante et à le faire lire dans notre langue, ce à quoi je doute qu'on parvienne jamais. Du reste la Divine-Comédie est un sujet d'étude pour les italiens, beaucoup plus qu'une lecture attrayante ou seulement agréable.
Malgré cette impossibilité pour les italiens euxmêmes de lire Dante avec ce plaisir, cet intérêt continu que tout poème doit produire pour remplir le véritable but de la poésie, leur admiration enthousiaste pour cet homme extraordinaire est parfaitement légitime. 11 a pris leur langue au berceau, au milieu des ténèbres du moyenrâge, et par la seule force de son génie il lui a donne une forme si