SCÈNE X
DON JUAN
Dans cette chambre! Entrons... Mais quoi, je tremble, Quelle lettre en effet ! nous l'écrivons ensemble! Elle-même la dicte, et puis elle me dit Que je saurai d'un autre à qui va cet écrit ^
A qui va-t-il qu'à moi ? Mais entrons! prenons garde ! Si par elle apostës des soldats de sa garde.*. N'importe, et surmontant mon trouble, éclaircissons Cette énigme fatale et ces cruels soupçons.
// met l'épée à la main, pousse la porte et voit te juif mort.
Gid! Ismaèl est port! il est mort! et Marie Est encore une fois maîtresse de ma vie.
' Dans quel piège infernal par son habileté Et mes propres fureurs suis-je précipité !
Insensé d'avoir cru que ce vieillard cupide Parviendrait à tromper^une mère intrépide!
Plus insensé de m'étre informé dans ces murs! Ah ! puisse don Alvar porter des coups plus sûrs ! Puissé-je dans la tombe où m'entraînent mes crimes, Descendre accompagné de sang et de victimes ! Puissé-je les voir tous au désespoir livrés Me demander en vain leurs amis massacrés !
Puissé-je!... vains désirs ! je mourrai sans vengeance! Rien encor du. palais ne trouble le silence, Rien, la reine a sans doute éventé le complot, Et comme le poison le fer m'a bit début.
Mourons,., mais de quels cris s'emplit cette demeure. Quel tumulte!
SGËNEXI
Don Pèdre eounnt sur don Juan Tëpée à It main. La reine entrant par une autre porte et arrêtant don Pèdre. Telles dësannant don Jaan. Gardes.
U REINE
Arrêtez, don Pèdre!
DON PÈDRE
n faut qu'il meure!
Qu'il meure à l'instant même et de ma main!
\Ji REINK,
Gomment!
Quelle est cette fureur et cet emportement!
Bst-ce là le respect qui m'est dû, téméraire?
DON PËDRE.
Ahl voyeï-vous ce sang! c'est celui de mon frère, G'est celui de don Jaime, un infâme assassin, Par ce traître aposté, leur a percé le çein.
LA REINE à don Juan.
Don Jaimo et Bênavide assassinés, barbare !
Sais-tu bien quelle mort ta fureur se prépare!
DON PÈDRE
Non flrère est mort, madame, et don Jaime est blessé! Le fer qui les firappa, c'est lui qui Ta poussé ! Et lorsque tout couvert du sang de ses victimes, J^lui viens demander compte de tant de crimes. Vous qu'il frappe en frappant tous vos amis, c'est vous Qui retenez mon bras et qui parez les coups !
LA REINE
Non, mais je les suspends par égard pour vous-même. Ge serait mal venger votre frère et don Jaime; Ge serait pour son crime un châtiment trop beau £t contre un assassin c'est & {aire au bourreau.
296 MARIE DB CASTILLË
DON PÈDRÊ.
Non, non, c'est à Tinstant qu'il faut punir le traître. N*avez-vou8 pas encore appris à le connaître? S'il vit un jour, une heure, un seul instant de plus, D effraira le ciel de crimes inconnus !
DON JUAN
J'ai donc fait une fois trembler don fiénavide!
LA REINE
C'en est trop! assassin, apostat, parricide, La mesure est comblée et j'en rends grâce au ciel. Trois fois absous, trois fois lâchement crimind, Du funeste serment qui me rend ta complice Ce dernier crime enfin affranchit ma justice. Que ta scélératesse éclate aux yeux de tous !