‹ Œuvres poétiquesChapitre 5 sur 96 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

tent ; j'y vois une mode passagère, un parti pris de leur part : les uns pour se singulariser ; les autres pour appuyer des doctrines littéraires tr6s-é\idcmment mauvaises et fausses. Ceux-ci admirent Dante pour établir qu'on peut composer de très-beaux ouvrages en ne tenant aucun compte des règles de l'art d'écrire transportées dans le cours des siècles d'Athènes à Rome et de Rome à Paris, car ce sont là les trois grandes capitales littéraires de l'esprit humains. Or, il suffit d'avoir lu Dante pour sentir qu'il repousserait avec autant dç mépris que de colère les éloges exagérés qu'on lui décerne dans cette intention. Je crois môme qu'il n'hésiterait pas à placer cette sorte d'adrairatours frauduleux dans. un das cercles de son enfer. Il y place souvent pour moins que cela.

Quelques passages du poème de l'Enfer où se trouvent certaines expressions grossières qui déplai-' sent peu dans les langues encore dans l'enfance et que notre Rabelais affectionne sont placés en italien au bas des pages. J'ai laissé ces sortes de mots en blanc dans la traduction française et les ai soulignés dans le texte italien cité en note. J'ai voulu montrer Dante tel qu'il est, et je n'ai nulle part adouci volontairement, comme tant d'autres traducteurs, les tons crus de sa composition. J'ai cité aussi le texte d'un ou deux passages d'une bizarrerie de pensée

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