‹ Œuvres poétiquesChapitre 7 sur 96 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

Panir légèrement Sérairamis coupable d'inceste avec son fils, et très cruellement Myrrha coupable du môme crime avec son père, parce que celle-ci a employé un déguisement : quelle théologie!

S'apitoyer ici sur le malheur des damnés, et là dire que cette pitié est un outrage à la justice de Dieu, et que le devoir est d'être impitoyable : quelle suite dans les idées !

Amener dans le royaume de la triple Hécate Tarchange saint Michel et lui faire parler de Cerbère;

Mêler les dieux infernaux du paganisme avec les démons chrétiens; faire agir et parler les personnages de l'histoire, de la fable, et jusqu'à ceux des romans et du théâtre, comme autant d'êtres réels; leur appliquer à tort et à travers des peines que bien souvent ils ne méritent pas, comme par exemple la courtisane Thaïs, ou pour mieux dire le personnage de ce nom dans l'Eunuque de Térence : quelle convenance !

Rencontrer un misérable dans l'enfer et lui arracher les cheveux d'une tempe à l'autre pour le forcer à dire son nom : quelle générosité !

Est-ce là ce que l'on veut que j'admire, et mille autres choses de même genre? je ne le puis pas. La nature de mon esprit est d'aimer l'ordre, l'autorité, la règle, et je ne les trouve point ici. Peut-être ce-

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