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PRÉFACE XI

La poésie est partout, dans la nature morte et animée, dans le monde visible et invisible, dans le coBur et Tesprit de Thomme non moins vastes et accidentés que ces deux mondes. Il n'y a peut-être pas un seul homme, un seul, qui dans le cours de son existence n'ait senti, une fois au moins, son âme s'épanouir au souffle de cette flamme divine que nous appelons la poésie. Hais pour que les rayons de cette flamme qui est partout puissent être réunis en faisceau, fixés sur le papier, et gravés profondément dans l'&me humaine, un rbythme quelconque est absolument nécessaire au poète. Or, en ce qui touche la grande poésie, le rhythme venu d'Homère à Virgile, de Virgile à Tasse, Camoens et Milton, est le plus parfait de tous. Despréaux et Racine paraissent lui avoir donné dans notre langue presque toute la perfection qu'il y peut acquérir; mais le premier de ces auteurs l'a appliqué à des sujets moins élevés, et le second à des tableaux d'un cadre moins vaste que ceux pour lesquels cette noble forme rhythmique a été créée. Racine et Boileau avaient donc laissé beaucoup à faire à leurs successeurs. Et si M. de Lamartine à qui la nature inspirait d'elle-même cette belle forme, comme le prouvent ses Premières Méditations, eût continué à marcher dans cette voie au lieu de l'abandonner; s'il eût travaillé ses vers

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