‹ Œuvres poétiques de André Chénier (volume 2)Chapitre 54 sur 118 · IMITÉ DE SAPHO · texte numérisé non relu

IMITÉ DE SAPHO

Virginité chérie, ô compagne innocente.

Où vas-tu ? Je te perds ; ah I tu fuis loin de moi ! — Oui, je pars loin de toi ; pour jamais je m'absente. Adieu. C'est pour jamais. Je ne suis plus à toi,

Œ:UVRES poétiques de ANDRÉ CHÉXIER I02

l6. IMITONS LES ANCIENS

Comme aux bord d'Eurotas

Lorsqu'une épouse est près du terme de Lucine, On suspend devant elle, en un riche tableau, Ce que l'art de Zeuxis anima de plus beau ; Apollon et Bacchus, Hyacinthe, Nirée, Avec les deux Gémeaux leur sœur tant désirée. L'épouse les contemple. Elle nourrit ses yeux De ces objets, honneur de la terre et des cieux ; Et de son flanc, rempli de ces formes nouvelles, Sort un fruit noble et beau comme ces beaux modèles.

A compter nos brebis je remplace ma mère. Dans nos riches enclos j'accompagne mon père. J'y travaille avec lui. C'est moi de qui la main, A.U retour de l'été, fait résonner l'airain Pour arrêter bientôt d'une ruche troublée Avec ses jeunes rois la jeunesse envolée. Une ruche nouvelle à ces peuples nouveaux Est ouverte. Et l'essaim, conduit dans les rameaux Qu'un ohvier voisin présente à son passage. Pend en grappe bruyante à son amer feuillage.

l8. TRADUCTION DE LA JOLIE ÉPI RAMME d'ÉVÉNUS DE PARUS

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Fille de Pandion, ô jeune Athénienne,

La cigale est ta proie, hirondelle inhumaine,

Et nourrit tes petits qui, débiles encor.

Nus, tremblants, dans les airs n'osent prendre l'essor.

Tu voies, comme toi la cigale a des ailes.

Tu chantes, elle chante. A vos chansons fidèles

Le moissonneur s'égaie, et l'automne orageux

En des climats lointains vous chasse toutes deux.

Oses- tu donc porter dans ta cruelle joie

A ton nid sans pitié cette innocente proie ?

Et faut-il voir périr un chanteur sans appui

Sous la morsure, hélas 1 d'un chanteur comme lui ?

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