l'Étoile
O quel que soit ton nom, soit Vesper, soit Phosphore, Messager de la nuit, messager de l'aurore. Cruel astre au matin, le soir astre si doux ! Phosphore, le matin, loin de nos bras jaloux. Tu fais fuir nos amours tremblantes, incertaines ; Mais le soir, en secret, Vesper, tu les ramènes. La vierge que la nuit à l'hymen doit Uvrer Doute et craint que Vesper se hâte d'arriver. Puis, aux bras d'un époux, elle accuse Phosphore De rallumer trop tôt les flambeaux de l'aurore. Brillante étoile, adieu. Le jour s'avance. Cours, Ramène-moi bientôt la nuit et mes amours.
Sous le roc sombre et frais d'une grotte ignorée D'où coule une onde pure aux n3miphes consacrée. Je suivis l'autre jour un doux et triste son Et d'un faune plaintif j'oids cette chanson :
— Amour, aveugle enfant, quelle est ton injustice !
Hélas ! j'aime Naïs ; je l'aime sans espoir.
Comme elle me tourmente, Hylas fait son supplice.
Écho plaît au berger, il vole pour la voir ;
Écho loin de ses pas suit les pas de Narcisse,
Qui la fuit pour baiser un liquide miroir.
Tu l'aimes ; on le sait : crois-tu qu'elle l'ignore ?
Tout l'univers le sait ; tu l'as dit si souvent. Les roseaux de Midas le répètent au vent.