A BIARIE COSWAI
Docte et jeune Coswai, des neuf sœurs honorée, Au Pinde, à tous les arts par elles consacrée. Mes bergers en dansant t'appellent à leurs jeux, Donne-leur un regard. Tu trouveras chez eux Ce qu'en toi chaque jour tu trouves dès l'enfance. Le calme et les plaisirs qui suivent l'innocence.
Accueille mes hameaux. Leurs chansons, leur bonheur
Sont doux comme tes yeux et purs comme ton cœur.
Mes chants, aimés de Flore et de ses sœurs divines,
N'ont point l'ambre et le fard des Muses citadines.
Je ne viens point t 'offrir, dans mes vers ingénus,
De ces bergers français à Paies inconnus.
Ma Muse grecque et simple et de fleurs embelUe,
Visitant son Alphée et ta noble Italie,
A retenu les airs qu'en ces lieux séducteurs
Souvent à son oreille ont chantés les pasteurs.
Souvent près d'une grotte, au bord d'une fontaine.
Elle va se cacher dans l'écorce d'un chêne.
Et sans bruit elle écoute, elle apprend à chanter
Ce qu'aux Dieux des forêts elle entend répéter.
Enfant siilé, seul Dieu de mes jeunes travaux, A qui fais-tu ce don de mes bouquets nouveaux ? A toi, belle D'. Z... Pour toi mes mains rustiques Ont formé le tissu de ces fleurs bucoliques. Viens voir dans nos hameaux quel encens t'est plus Quelle Déesse enfin tu veux être pour nous. [doux, Soit que ta main, tenant la faucille et l'eau pure, Veuille aux roses tes sœurs prodiguer leur culture. Ou bien de fruits dorés couronner les rameaux ; Ou soit que ton beau corps, caché dans les roseaux. Aime mieux habiter sous les ondes limpides ; Soudain Flore et Pomone et Naïades humides Souscrivent à ton choix, et laissent en tes mains L'empire des vergers, des eaux ^^^^ des jardins. Moi, pontife, à tes pieds, en des ich s chéries. J'apporte des pasteurs les offrandes fleuries ;
Je les vois sur ton front étaler leur éclat ;
Plus d'éclat luit encor sur ton front délicat ;
De plus fraîches couleurs ta joue est animée ;
Leurs parfums sont moins purs que ta bouche embau-
Mourantes sur ton sein, je les vois se flétrir ; [mée ;
Il est bien doux d'y vivre et bien doux d'y mourir.
0 Nymphe du ruisseau, sors de ton onde, sors ; Prends ces chants de berger médités sur tes bords. Porte-les à D*. Z. N., cette belle insulaire. A leurs sons amoureux puisse-t-elle se plaire ! Et, le ris sur la bouche, au-devant de tes pas. Venir les recevoir de ses doigts délicats ! Le matin d'un beau jour frais, calme, sans nuage. Est moins fleuri, moins pur, moins doux que son visage. Dis-lui, car tu le sais, oh ! dis-lui quel amour, Dis-lui quel souvenir me poiursuit chaque jour. Dis-lui pour qui ma voix, en soupirs égarée. Fait gémir les détours de ta grotte azurée ; Dis-lui quel nom ma bouche, au sein de tes roseaux, Enseigne à répéter à ton peuple d'oiseaux,