‹ Œuvres poétiques de André Chénier (volume 2)Chapitre 77 sur 118 · PREMIÈRE VERSION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE VERSION

Les vers imprimés en lettres italiques sont ceux qui, appartenant à la première rédaction d'une façon certaine, ont été conservés dans la seconde. Les vers imprimés en lettres italiques et mis entre crochets sont ceux de la seconde rédaction, qui paraissent avoir appartenu à la première. (B. de P.)

Animé par l'Amour, le vrai Dieu des poètes,

Du Pinde, en mon printemps, j'ai connu les retraites.

Aux danses des neuf sœurs entremêlé mes pas.

Et de leurs jeux charmants su goûter les appas.

Je veux, tant que mon sang bouillonne dans mes veines,

Ne chanter que l'amour, ses douceurs et ses peines.

ŒUVRES POÉTIQUES DE ANDRÉ CHÉNTER i-'4

De convives chéris toujours environné, A la joie avec eux sans cesse abandonné.

Fumant dans le cristal, que Bacchus à longs flots Partout aille à la ronde éveiller les bons mots. Reine de mes banquets, que ma déesse y vienne. Que des fleurs de sa tête elle pare la mienne, [Pour enivrer mes sens, que le feu de ses yeux] [S'unisse à la vapeur des vins déliciettx.] Amis, que ce bonheur [soit notre unique étude Nous en perdrons si tôt la charmante habitude

Un jour, tel est des Dieux l'arrêt (?) [inexorable].

[Vénus, qui pour les Dieux (?) fit le bonheur durable,]

[A nos cheveux blanchis refusera des fieurs,]

[Et le printemps pour nous n'aura plus de couleurs.]

Qu'un sein voluptueux, des lèvres demi-closes

Respirent près de notis leur haleine de roses ;

Que Laïs sans réserve abandonne à nos yeux

De ses charmes secrets les contours gracieux.

[Quand l'âge aura sur nous mis sa main flétrissante^]

[Que pourra la beauté, quoique toute-puissante ?]

[Nos cœurs en la voyant ne palpiteront plus.]

(Il faudra bien qu'armés de la philosophie.

Oubliant le plaisir alors qu'il nous oublie,

La science nous offre un utile secourt

t. Texte de la troisième rédaction (Dimoff).

Qui 4ispute à l'ennui le reste de nos jours.) ^ [C'est alors, qu'exilé dans mon champêtre asile,] [De l'antique sagesse admirateur tranquille,] De tout cet univers interrogeant la voix. J'irai de la nature étudier les lois : Par quelle main sur soi la terre suspendue Voit mugir autour d'elle Amphitrite étendue; [Quel Titan foudroyé respire avec effort] [Des cavernes d'Etna la ruine et la mort ;]

Si d'un axe brûlant le soleil nous éclaire,

Ou si roi, dans le centre, entouré de lumière,

A des mondes sans nombre, en leurs cercles roulants,

Il verse autour de lui ses regards opulents ;

Comment à son flambeau Diane assujettie

Brille, de ses bienfaits chaque mois agrandie ;

Si l'Ourse au sein des flots craint d'aller se plonger ;

Quel signe sur la mer conduit le passager,

Quand sa patrie absente et longtemps appelée

Lui fait tenter VEuripe et les flots de Malée,

Et quel, de l'abondance heureux avanî-coureuft

Arme d'un aiguillon la mam du laboureur.

Souvent, dès que le jour chassera les étoiles.

Aux hôtes des forêts j'irai tendre des toiles ;

Sur les beaux fruits du Gange et nos boras transplantés,

Des Dieux de nos jardins appeler les bontés ;

Lier à ses ormeaux la vigne paresseuse ;

Voir à quelles moissons quelle terre est heureuse ;

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