‹ Œuvres poétiques de Jules BretonChapitre 13 sur 70 · SOLEIL COUCHANT · texte numérisé non relu

SOLEIL COUCHANT

SOLEIL COUCHiA'X.T

o 4 mon frère Emile ^Breton.

DE3 vapeurs aux remous infinis, mer de brume Où les coteaux voilés ondulent, larges flots,

Les villages, perdus comme de noirs îlots, Émergent, enfonçant leurs pieds bruns dans l’écume.

Tandis que tout se tait, s’agrandit, nage et fume, Qu’au fond des ravins, seuls, tintent de lents grelots, Que de rares lueurs, ainsi que des falots,

Palpitent, le ciel vibre et tout entier s’allume.

Notre globe muet, sous le dôme vermeil,

Prie et rêve ébloui par la magnificence De l’astre fécondant que le nuage encense ;

Et dans ce grand respect, pris d’un divin sommeil, Orbe rouge au milieu de l’auréole immense, Gravement, lentement, se couche le soleil.

Douarnene\, 1873.

LES CHAMPS ET LA MER

LE SOIK

Louis Cabat.

O'est un humble fossé perdu sous le feuillage ; Les aunes du bosquet les couvrent â demi ; L’insecte, en l’effleurant, trace un léger sillage Et s’en vient seul rayer le miroir endormi.

Le soir tombe, et c’est l’heure où se fait le miracle, Transfiguration qui change tout en or;

Aux yeux charmés tout offre un ravissant spectacle ; Le modeste fossé brille plus qu’un trésor.

Le ciel éblouissant, tamisé par les branches,

A plongé dans l’eau noire un lumineux rayon ; Tombant de tous côtés, des étincelles blanches Entourent un foyer d’or pâle en fusion.

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