‹ Œuvres poétiques de M.A. de LamartineChapitre 10 sur 16 · CHANT DU SACRE · texte numérisé non relu

CHANT DU SACRE

Avec la vérité , la force et la justice, Du palais de nos Rois orne le frontispice î Que ton nom soit scellé dans les vieux fondements De ce temple où la foi veille sur leurs serments ; Et que l'huile en coulant sur leur saint diadème Retombe sur ton front et te sacre toi-même ! Règne ! mais souviens-toi que l'illustre exilé Par qui, dans ces climats , ton deuil fut consolé, Précurseur couronné que salua la France , T'annonça dans nos maux comme une autre espérance Et t'arrachant lui seul aux mains des factions, Fit de tes fers brisés l'ancre des nations ! Que ton ombre régnant sur un peuple en délire , Et victime bientôt des fureurs qu'elle inspire, Fit au monde étonné regretter les tyrans î Que tu fus enchaînée au ch'ar des conquérans; Que ton pied traîne encor les fers de la victoire A ces anneaux dorés qu'avait rivés la gloire , Et que pour affermir et consacrer tes droits, Ton temple le plus sûr est le cœur des bons Rois !

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