‹ Œuvres poétiques de M.-C. de Buttet (volume 2)Chapitre 20 sur 46 · NOTICE XXI · texte numérisé non relu

NOTICE XXI

« Ces vers, dît Pasquier, dans ses Recherches de la France ( liv. VU, chap. xii ) , représentent en nostre langue les vers grecs' et latins, esquels on considère la proportion des pieds longs et briefs seulement. Toutefois, je ne sais comment la douceur de la rime s'est tellement insinuée dans nos esprits que quelques-uns estimèrent que, pour rendre telle manière de vers agréable , il y falloit encores adjouster par supplément la rime au bout des vers. Le premier qui nous en monstra le chemin fut Claude Buttet, dedans ses Œuvres poétiques, mais avec un assez malheureux succès.

Prince des Muses, joviale race, Vien de ton beau mont subit, et, de grac&, Monstre-moy les jeux, la lyre ancienne, Dans Mitylene.

« Le demeurant de cette ode contient sept couplets, que je ne vous veux icy représenter, parce que je ne la trouve pas bonne; et, de fait, en ce premier couplet vous y trouvez deux fautes notables : l'une qui fait Ve féminin long par la rencontre de deux consonnantes qui le suivent, en quoy il s'abusoit, parce que cest e n'est qu'un demy son, que, l'on ne peut aucunement rendre long; l'autre, que, quand cest e tombe en la fin du vers, il n'est point compté pour une syllabe, comme il a voulu faire, il me suffit seulement de vous dire qu'il fut le premier autheur de nos vers mesurez rimez; bien vous diray-je qu'il choisit sagement les vers saphiques : car, si nous avions à transplanter en nostre vulgaire quelques vers latins, il faudroit que ce fussent principalement ceux qui sont d'onze syllabes, que nous appelons tantost phaleuces, tantost saphiques.

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