‹ Œuvres poétiques de M.-C. de Buttet (volume 2)Chapitre 29 sur 46 · XXXII NOTICE · texte numérisé non relu

XXXII NOTICE

Et t'esclavant te donne la victoire :

Car, si par force il ne t'avoit blecé, Ta muse n'eût si belle œuvre tracé, Et de tes 7naux tu n'aurois tant de gloire.

A. de Vigners, un Savoisien sans doute, qui prend pour devise : Post fata quiet us , élève Buttet audessus de tous les poètes français, qu'il qualifie de corbeaux et de ccrneilles :

Mais, en chantant l'amour, tu ne fais voir, Docte Buttet, autre qu'une excellence.

Enfin, Jean de Piocliet, seigneur de Sallin, parent de Buttet, qui lui avait adressé une ode et plusieurs sonnets, célèbre ainsi le premier poète de la Savoie, qti'il compare à Ronsard et à Du Bellay, en opposant V Amalthée à leurs poèmes d'Olive et de Cassandre :

Tant que le Loir, Loire, Lesse, auront voie, Enjlant leur cours à jamais non tari.

Au. Vandomois, en Anjou, en Savoie, Vivra Veniosme, Angers et Chamberi.

Par son Ronsard le grand Loir est chéri, Par son Bel lai Loire fiere se dresse. Par son Buttet Lesse est faite déesse.

Qui a tant haut vostre gloire exaltée?

Responie\-moi, ô Loir, ô Loire, 6 Lesse : Cassandre, Olive et la belle Amalthée.

La ville de Chambéry était fière, en effet, d'avoir donné naissance à l'auteur de V Amalthée, que la Savoie plaçait sur le même rang que Du Bellay et Ronsard. Jacques Peletier, du Mans, dans son poème la Savoye ( Anecy, Jacques Bertrand, 1672, in-8), n'avait eu garde de passer sous silence ce

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poète savoisien, avec lequel il s'était naguère rencontré à Paris dans l'intimité de Guillaume des Autels et de Charles d'Espiney. Voici quatre mauvais vers qu'il écrivit sous les yeux des trois meilleurs poètes de Chambéry, Lambert, Piochet et Batandier :

De Chambéry, le chef de la province, Ce ne serait raison que je previnse Le bien disant Buttet, qui en naquit, A qui en touche et l'honneur et l'acquit.

Ces quatre poètes chambériens formaient alors une espèce de Pléiade savoisienne, dans laquelle figuraient quelques autres dont la célébrité littéraire ne dépassa jamais les frontières de la Savoie. C'étaient Mordentière, Philibert dePingon, Ramasse et le musicien Guillaume Monchatre ^ Ce dernier et Philibert de Pingon furent cependant mentionnés avec distinction dans la Bibliothèque françoise de leur contemporain La Croix du Maine, qui nous apprend que Marc-Claude de Buttet vivait encore en 1584. Celui-ci avait dit adieu à Turin depuis la mort de sa bonne maîtresse Marguerite de Savoie, enlevée inopinément par une pleurésie le 14 septembre 1574. Il s'était alors retiré près de Chambéry, dans une terre qu'il possédait au bord du lac, et dont il parle en plusieurs endroits de ses poésies composées à l'époque de ses amours ^. Ce domaine se nommait Troisserve , comme il le dit dans ces vers adressés à un ami ;

Ores me tient mon beau champ de Troisserve, Mais, las! Amour de ses traits dou-tranchans

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