‹ Œuvres poétiques de M.-C. de Buttet (volume 2)Chapitre 6 sur 46 · IV NOTICE · texte numérisé non relu

IV NOTICE

avait dix-neuf ans quand il devint épris de cette beauté farouche :

Dix et neuf ans j'avois heureusement, Gardant tousjours mon innoceftce entière, Et le poil d'or de ma barbe première Sur mon menton se mont) oit seulement, Alors qu'Amour trop cauteleusemcnt, En me flattant d'une douce manière.

Me fit son serf, mes7ne avec la prière Me promettoit un brave traiteiyient.

Notre poète, qui eut beaucoup à se plaindre de la rigueur de son Amalthée, et qui s'en plaignit dans de nombreux sonnets, a poussé la discrétion jusqu'à nous laisser ignorer le véritable nom de cette dame : car nous avons lieu de supposer que ce n'était pas une maîtresse en Tair, comme celles que les poètes se créent souvent pour avoir un éternel sujet d'élégie au servies de leur imaginative amoureuse. Cette dame existait réellement, puisqu'elle avait sur les bords du Rhône un petit château, que Marc-Claude de Buttet préférait au château royal de Blois, quand elle y faisait sa demeure * :

... Un renommé chasteau.

Petit, mais fort, et tout embrassé d'eau, Datîs mon esprit a si bien priÉ sa place, Pour le bel œil qui aime s'y tenir, Qu'il ne sçauroit -quoique je fasse et fasse) A tout jamais laisser mon souvenir.

O Rlione heureux, maintenant je te voi...

Là oii tu sçais, je te pri', porte-jnoi

Ces longs soupirs, celle plainte ang-oisseuse,

Et en passant par celle heureuse terre

Où la Dame est, qui tant m'a fait la guerre...

UAmalthée, édition de \b-j5, p. 89 et i3ô.

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