‹ Œuvres poétiques de M.-C. de Buttet (volume 2)Chapitre 7 sur 46 · NOTICE V · texte numérisé non relu

NOTICE V

Cette dame était certainement une grande dame; elle allait à la cour, elle y passait des mois et des années : c'est ainsi qu'elle fut absente deux ans ', pendant lesquels son poète ne fit que l'aimer davantage.

Deux ans passaient que languissoit ma vie, Privé de toi, quand par Jlamme sortie Mon front t'ouvrit le brasier de vion cueur ; Tu sceus alors, par rougeur si estrang-e, Qu'avec le temps mon amour ne se chatige, Dont t'accusas peut-estre de rigueur.

Nous conjecturons (car des inductions appuyées sur des vers plus ou moins vagues ne sont que des conjectures) que Marc-Claude de Buttet, avant de rejoindre à la cour de France l'objet de son amour, demeura quelque temps dans la maison du seigneur Jean Truchon, premier président de Grenoble, qui l'avait pris en affection et qui l'encourageait à se livrer à la poésie. Dans une ode adressée à ce docte et respectable magistrat , le poète s'écrie avec un noble sentiment de reconnaissance :

Tais-toi doncq. Amour, et vous aussi. Armes : Je sonne Truchon, patron de mes carmes, Et qui aux Muses sur tous m'accourage En ce jeune âge ^.

Il alla certainement à Lyon, et il y était en ioSa, puisqu'il y fit imprimer, cette année-là, un factum intitulé : Apologia pro Sabaudia contra Bartholomœum Anneau [Lugduni , apud Angelinum Benoist, i554, in-4), qui est indiqué par les bibliographes, mais que nous ne sommes pas parvenu à découvrir.

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