CONTRE AMALTHÉE ODE XI
O Déesse Aphrodite, fille De la mer, que Pair fit rider, T embarquant dans une coquille Pour droit en Cythere aborder.
Quand, bien petite encore.
Mais très-grande en beauté.
Ton Isle qui t'adore Conneut ta deité,
Tu as sur [^univers régence, Par toi tout au plaisir se joint :
Car tu r énerves la puissance De ton fils mignard, qui tout point, Voi donques, je te prie.
Mère d'Amour, comment Ma gentile ennemie Se joiie à mon torment.
Bien que tu te sois retirée Dans Thrace, où voilent tes désirs, Ou que ta ville Cytherée Te tienne en tes premiers plaisirs.
Tourne ion beau char ample En mes champs, si tu veux Que je fi dresse un temple Pour te rendre mes vœux.
Le doux mal d'amour incurable.
Qui par monts et bois t'a contreint Suivre ton mignon tant aimable.
Mon cueur pour Amalthée étreint,
Qui seule me travaille En ses divines meurs, Et d'une sourde oreille Méprise mes clameurs»
Tu peux matter par douce force L'orgueil des plus fiers animaux, Mesme brusler en ton amorce Les monstres aux marines eaux.
Mais ma Nymphe, ta proche,
Caute à me molester,
D'un cueur né d'une roche
T'ose bien résister,
Donq', Amour, pren ta flèche amere.
Bande ton arc, fai la douloir :
Sans toi la douceur de ta mère Longuement ne pourroiî valoir.
Jusques dans ses os glisse Ton feu lent, plein d'aigreur.
Et fai qu'elle pallisse D'une douce langueur.
Si le grand Roi qui tonne et grelle.
Sans viser, tu frappes au cueur, Ne pourras-tu d'une pucelle Par longs ans te rendre veincueuri
Du trait qui me fet blesme Tasche à l'atteindre droit, Car ce tonnant supresme Elle seule veincroit.
Enfin, quand ta prodigue trousse Tous ses traits faura fet sortir.
Pour la rendre à mes travaux douce, Fai-lui un peu mon mal sentir, Puis regrave sans cesse.
En son cueur tendre fet, La peine vengeresse Du tort qu'elle me fet.